samedi 1 octobre 2011

« Tunisie - Nadia Rais » Réalisatrice de dessins animés mais pas que cela !L’mrayet, le dernier film de Nadia Rais, en cours de montage... Image : Aimablement prêtée par Nadia Rais

Nadia Rais, soutenue par le Fonds francophone pour le cinéma termine son dernier film, à quelques jours de l’élection de la Constituante tunisienne... Constats, doutes et surtout l’espoir !

Nadia Rais, vous êtes bénéficiaire du Fonds francophone pour un dessin animé, court métrage, L’mrayet, comment s’obtient cette aide mise en place par l’Organisation Internationale de la Francophonie ?
JPEG - 48.5 koAvant le Fonds francophone, mon nouveau court métrage d’animation L’mrayet , a bénéficié de l’aide du ministère Tunisien de la culture et de la sauvegarde du patrimoine. Mon producteur, Imed Marzouk*, a envoyé un dossier contenant un synopsis, un scénario, une note d’intention et une charte de l’univers graphique et des personnages… Ça été la grande surprise lors de la délibération car malgré le langage symbolique que j’avais utilisé, la réponse était positive. On était fin mars 2010, à l’époque on était encore sous le régime de Ben Ali, le scénario du film parle clairement d’un renversement de la dictature et est plus ou moins annonciateur de la révolution... Les dernières lignes du synopsis sont : «  Boum quitte son bureau, il court dans le couloir, frappant sur toutes les portes des collègues. Les portes s’ouvrent les unes après les autres, il réussit à les avertir. Les fonctionnaires enlèvent à leur tour leurs lunettes. D’un regard effrayé… L’alarme se déclenche… Ils quittent leurs bureaux et déclenchent le renversement de tout le système… » Une fois le projet accepté par le ministère c’est au producteur du film de faire la demande de subvention au Fonds francophone. Il faut nécessairement avoir un producteur car le réalisateur ne touche pas d’argent directement. Tant mieux, mon producteur fait très bien ce travail. Il investit lui-même...
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L’mrayet, le dernier film de Nadia Rais, en cours de montage...
Image : Aimablement prêtée par Nadia Rais
Où en est le dessin animé tunisien ?
Il est un peu marginal dans la production cinématographique tunisienne. Je ne suis pas la seule réalisatrice mais nous sommes très peu nombreux ! Moi-même, j’ai commencé par le long métrage d’animation « Le Sous Marin de Carthage » de Zouhaier Mahjoub. J’avais bénéficié d’une formation de six mois et j’avais occupé un poste dans l’animation et la réalisation des décors pendant 18 mois. En Tunisie, aucune école ne forme au dessin animé. Il n’existe pas encore de festival d’animation ou de structure qui rassemblerait le savoir-faire, car on ne manque pas de créativité dans ce domaine. Mais je reste confiante, les choses sont en train de bouger. Je suis souvent invitée à présenter mon film dans des festivals à l’étranger et ici dès que l’occasion se présente les programmateurs projettent des films d’animation, les journalistes abordent de plus en plus le thème de l’animation. Avec la révolution et les nouvelles perspectives qui s’ouvrent, il est temps que le petit monde du dessin animé se structure, c’est pourquoi avec des amis nous sommes en train de créer une association...
Vous parlez de la révolution... aujourd’hui comment se porte la Tunisie ? Certains ont-ils des doutes ?
La révolution appelle à l’égalité, la liberté et la dignité. Nous sommes entrés dans une période où enfin on va pouvoir écrire notre histoire. Malheureusement, il faut être très vigilant car depuis le 14 Janvier*, il y a beaucoup de manipulation à tous les niveaux. D’une part les microbes de l’ancien régime qui reviennent sous un nouveau visage, oubliant qu’ils ne peuvent pas cacher leurs tics, d’autre part certains partis et, pour être directe, je citerais le parti islamiste Ennahdha qui achète des misérables personnes pour gagner le maximum de voix… Mais il faut lutter pour ne pas tomber dans le négatif. Actuellement, les Tunisiens ont souvent un doute, cela provient certainement de la peur et du manque d’information. Les chaines de télévision locales et étrangères, manquent de transparence, elles diffusent beaucoup de clichés et très peu d’analyse. Méfions-nous, la peur ne doit pas gâcher ce que nous avons déjà fait ! Nous devons revenir aux paroles de notre hymne national qui engagent les Tunisiens à vivre sur leur sol dans la dignité. Elles disent aussi qu’un jour le peuple qui veut vivre et prendre son destin en main doit dissiper les ténèbres et briser ses chaines... C’est un appel à la résistance et au libre arbitre, c’est tout le contraire de la dictature et de l’orientation religieuse qui mettent le destin des Hommes dans les mains d’un chef ou celles de la volonté divine. L’hymne tunisien a fortement rassemblé les gens sur les réseaux sociaux avant et pendant la révolution. Et certainement après !
Dans ces conditions, le vote pour la Constituante du 23 octobre arrive-t-il au bon moment ?
... C’est le flou total concernant ce jour. J’aimerais bien que la Tunisie puisse guider son destin d’une manière autonome, de la même manière que lorsqu’elle a chassé son dictateur. Les Tunisiens craignent souvent l’ambiguïté de l’intervention étrangère, une ambiguïté toujours présente... regardez la Libye ! En plus, les islamistes jouent en leur faveur avec cette ambiguïté et la peur qu’elle génère. Pour revenir précisément à votre question, oui, le vote pour la Constituante arrive au bon moment, j’ai déjà ma petite idée et je serai au rendez-vous !
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L’mrayet, le dernier film de Nadia Rais
Image : Aimablement prêtée par Nadia Rais
Comment se traduit la présence du clan Ben Ali - Trabelsi ?
La famille Trabelsi était une vraie mafia, ils sont sans foi ni loi. Pour eux, tout était permis. Ils seront certainement jugés, mais ce qui me fait peur est comment le pays va-il gérer les problèmes qu’ils ont générés ? Par exemple la construction immobilière sur le site archéologique de Carthage, classé par l’UNESCO, ou sur des terrains classés en zones vertes. Il existe des centaines de problèmes dans ce genre. Là comme ailleurs c’est une lutte de chaque instant pour que l’intérêt privé ne reprenne pas le dessus sur l’intérêt général. Nous sommes à deux pas du chaos si les Tunisiens ne parviennent pas à gérer la liberté naissante, ils sont submergés par le stress, à la limite de l’hystérie. Moi-même j’ai pris quelques jours de vacances pour reprendre mes esprits. Il nous faut garder l’espoir malgré les doute... il le faut...
A quel avenir aimeriez-vous contribuer pour la Tunisie ?
Nous sommes bien conscients que la Tunisie entrera dans l’Histoire si elle va au bout de cette révolution. Comme je l’ai expliqué au début, la révolution arabe appelle à l’égalité, la liberté et la dignité, celle de nos pays, du monde arabe et de la Palestine. L’idéal, ça serait d’atteindre nos objectifs en restant pacifique, diplomate et démocrate. L’avenir pour la Tunisie est de garder son point fort, c’est à dire être un pays stratégique, marquée par une longue histoire de l’époque phénicienne jusqu’à nos jours. La Tunisie fait partie du Maghreb, de l’Afrique, de la Méditerranée et du monde Arabo-musulman. Chacun doit porter des initiatives en ce sens, avec des amis cinéastes ou différents artistes nous essayons de réfléchir en ce sens.
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L’mrayet, le dernier film de Nadia Rais
Image : Aimablement prêtée par Nadia Rais
Et la notion de laïcité ?
Pour la liberté de tous les citoyens tunisiens, croyants ou non croyants, pratiquants ou non pratiquants, appartenant à la majorité musulmane ou aux minorités juives ou chrétiennes, la laïcité est le seul garant de la démocratie et de la justice pour tous, mais comment ? Depuis 1956 après l’indépendance de la Tunisie, Bourguiba avait le recul pour comprendre qu’une laïcité à la manière d’Atatürk ne pouvait pas marcher en Tunisie. Bourguiba a eu le génie d’écrire une constituante d’avant-garde par rapport à son époque, notamment au sujet du rapport entre les hommes et les femmes ! Aujourd’hui, ça serait bien de suivre ses pas et d’approfondir un peu plus la question de l’héritage. Est-il normal que la femme tunisienne participe au développement de l’économie tunisienne, qu’elle paye ses impôts et ses taxes, qu’elle participe à payer les charges familiales et, lorsqu’il s’agit d’héritage, que sa part ne représente que 50% de celle des hommes ?
Revenons à vous ! Comment s’articule votre francophonie et votre arabophonie ? En quoi travaille votre cerveau quand vous dessinez ou cogitez ?
J’ai fait mes études primaires et secondaires, jusqu’au BAC lettres, en langue arabe où j’ai étudié des auteurs arabes tesl que El Maari, Taoufik Al Hakim, Omar Khayyem… puis j’ai continué mes études supérieures, une année préparatoire à l’IHEC et une maitrise aux Beaux-Arts, en langue française. J’ai étudié les techniques, l’histoire de l’art et l’esthétique, j’ai découvert des philosophes tels que Michel Foucault, Deleuze… Mon conjoint est français mes deux filles sont franco-tunisiennes. J’adore cette double culture, je la vis très bien. Je ne cherche pas à dissocier les deux, c’est une richesse ! La diversité culturelle façonne le Tunisien d’aujourd’hui. On ne résiste pas à des millénaires de mélange des cultures... Carthaginois, Phéniciens, Espagnols, Arabes, Turcs ou Français ont tous apporté une pierre à l’édifice tunisien. C’est notre réalité et ça m’inspire !
* Imed Marzouk : Propaganda Production. Tunis.* 14 janvier : date du départ du président Zine El-Abidine Ben Ali pour l’Arabie Saoudite, après 23 ans de pouvoir.


Par la Rédaction de Zig-Zag  - Source de l'article Zig Zag


vendredi 30 septembre 2011

Bechir Omran : « Ce sera le début d’un nouveau siècle pour notre pays ! »

Bechir Omran, un Tunisien installé à Amman (Jordanie), est actuellement responsable du développement du site Kharabeesh, dont il a contribué à infuser l’esprit au Maghreb. Kharabeesh est une initiative créée en 2010 par un collectif de jeunes artistes, qui possède aujourd’hui un bureau à Tunis et bénéficie par là même d’une présence en Afrique du Nord. Son objectif : interpeler les internautes arabes à travers une large palette de contenus en ligne touchant à diverses facettes de notre société. Bechir, comme les autres membres de l’équipe de Kharabeesh, croit au pouvoir des médias sociaux (Facebook, Twitter, Youtube) et veut renforcer la présence arabe sur le web.
Ecouter l’interview :

Bechir Omran : En 2010, quand tout a commencé pour Kharabeesh sur le marché tunisien, c’était un peu dur. Le fait d’avoir de la censure en Tunisie en ligne, le fait que tout type d’info était contrôlé par l’autorité tunisienne, le fait qu’il y avait toujours les lignes rouges à ne pas dépasser, le fait qu’on n’a pas pu même exprimer l’actualité du pays. Les problèmes que la jeunesse, et la société tunisienne ont été en train de vivre, c’était très dur. Mais, bon, on a essayé de s’exprimer sans pour autant dépasser ces lignes rouges, c’était très limité. Il n’y avait pas de créativité, surtout en ligne. Il n’y avait pas de contenu destiné aux Tunisiens en ligne vu que l’Internet était très délimité. La censure n’a laissé aucun espace pour bien s’exprimer, pour bien partager ses opinions et ses idées par rapport à ce qui se passait dans notre pays. Depuis, il y a eu le printemps arabe, qui a commencé en Tunisie. Et ça, c’était un temps juste avant que ne démarre la plainte du printemps arabe, qui a encouragé tout le monde à s’exprimer.
Là, maintenant, quand on navigue sur Internet, on trouve beaucoup de créativité, on trouve beaucoup de monde à travers la région qui s’exprime, que ce soit à travers leur travail créatif, que ce soit à travers leur dessins animés qui expriment l’actualité du pays, que ce soit à travers leur production qui cherche à exprimer d’une manière sarcastique l’actualité du pays, la vie politique, les partis politiques et leurs tendances, la stratégie du gouvernement et tout cela. Tout cela n’était pas accessible, quelques mois plus tôt.
La différence aujourd’hui, c’est que les Tunisiens, et plus généralement les jeunes dans tout le monde arabe, ont le courage et ont senti la responsabilité de s’exprimer, de partager leurs opinions. Ils essaient de développer leur créativité et de s’exprimer en ligne.
Bechir Omran : La démocratie, pour moi, c’est la démocratie que les Tunisiens cherchent. La démocratie c’est être respecté en tant que être humain. La démocratie où nos lois sont bien respectées, où nos responsabilités sont bien définies et là, où tout le monde connaît ses limites dans une société bien développée, là où chacun a un accès égal aux opportunités. Donc, j’en suis sûr, c’est une période transitoire et les prochaines semaines vont être le début d’un nouveau siècle pour notre pays. Inch’allah !
Interview : Sabine Lange

Kharabeesh

Plateforme créative à tendance parodique, Kharabeesh est en train de devenir un terrain fertile d’expression pour les artistes maghrébins. Ceux-ci peuvent y déployer librement leurs talents dans un cadre politico-satirique. Kharabeesh espère toucher un maximum de citoyens arabes à travers les médias sociaux en ligne. Sa page YouTube dénombre plus de 10 millions de clics par mois, et son compte Facebook peut déjà se vanter d’avoir plus de 250 000 fans. Le contenu multiforme de Kharabeesh répond au besoin d’informations des internautes sur l’actualité politique locale et les divertit en mettant la gouaille populaire à contribution.
Le nombre considérable d’artistes déjà actifs sur le réseau de Kharabeesh ne fait qu’augmenter. Talents venus des quatre coins du Maghreb et qui contribuent au site sous des formes diverses et variées : musique, sketchs, dessins et vidéos satiriques, caricatures, programmes courts à caractère religieux, etc.
Video sur Kharabeesh : Le journal du ZABA (sur Youtube; vous pouvez choisir les sous-titres en cliquant sur CC)
C’est la première vidéo que Kharabeesh a mis en ligne en rapport avec le Printemps Arabe.

Source de l'information Monde arabe Arte TV

jeudi 29 septembre 2011

KOUMIK: Art de la révolution ou Art révolutionnaire: Les BDistes tunisiens se révèlent

Un recueil de Bandes dessinées et d’illustrations de 130 pages, intitulé »Koumik », réalisé par un collectif tunisien baptisé »Bande de BD » sortira la première quinzaine d’octobre 2011.

Ce collectif est formé des dessinateurs Seif Eddine Nechi, Chakib Daoud, Jihene Charrad , Willis From Tunis, Zinga, Nouha Hbaieb, Selmen Nahdi, Adn Adenov, Skander Beldi, Enis Mahrsi, Salah Khlifi et Needall arryani, Nadia Khiari, Hassen Saies et de créateurs ayant aidé à la réalisation de cette BD, à savoir: Amine Lamine, Henri Ducoli, Jérôme Benoît et l’animateur de radio Nessim Bouslama.

Pour ce premier tome, chacun des 14 dessinateurs a disposé de huit planches pour s’exprimer librement. Certains ont opté pour une bande dessinée, d’autres pour des caricatures, avec au moins une page consacrée au thème des élections du 23 octobre.

Cette publication se lit dans les deux sens, de droite à gauche et vice versa puisqu’il y a une partie en français et une partie en arabe. La diversité des styles artistiques et des idées proposées fera de "Koumik" une expérience unique en son genre en Tunisie.

Les récits sont déclinés en dialecte tunisien et en langue française et s’adressent à tous les Tunisiens à travers différentes histoires « Made in Tunisia » reflétant l’esprit critique et libre de ses auteurs.

Ce travail marquera-t-il le renouveau de la Bande dessinée et de la caricature en Tunisie? Surtout que les magazines de bande dessinées étaient, sous l’ancien régime, soit inexistantes, soit périclitées.

Cette œuvre ne manquera pas de redonner ses lettres de noblesse au 9ème Art en Tunisie, estiment les observateurs.

Source de l'article TAP & Tunisie numérique


dimanche 25 septembre 2011

La Bande de BD: De nouveaux positionnements dans le paysage culturel « post-révolution »

Réunir en une seule BD un groupe de dessinateurs, de caricaturistes et de bédéistes, voilà une idée intéressante que Nassim Bouslama, animateur à la radio, a proposé aux différents auteurs qu’il a accueillis dans son émission sur RTCI. 


«Étant fan de caricatures et de bandes dessinées, j’ai consacré chaque lundi soir, durant mon émission, une tranche dédiée à la bande dessinée. En discutant avec tous ces auteurs que j’ai reçus, l’idée m’est venue de les regrouper dans un seul livre, un peu comme la BD « Pilote » qui était en vogue dans les années 70-80 en France.»


L’avantage, avec cette publication collective, nous explique ce dernier, c’est de permettre à chacun des auteurs d’avoir la possibilité d’être édité à moindre prix. Nos lecteurs auront ainsi l’opportunité de découvrir nos nombreux talents en un seul coup. Une belle idée d’autant plus que (et malgré le boom créateur de l’après-14 janvier) nos illustrateurs et autres bédéistes demeurent méconnus par un bon nombre de nos concitoyens (et le lectorat tunisien). Les publier permet, ainsi, d’inscrire leurs travaux dans le temps et de ne pas les classer dans ce qui relève de l’art instantané (voire éphémère) post-révolutionnaire. Il en va de notre patrimoine culturel car, ne l’oublions pas, la bande dessinée est un art (le 9e), longtemps occulté et délaissé sous nos cieux malgré les différents apports et un legs, certes intéressant mais disparate et éparpillé, qu’on gagnerait à préserver et à enrichir.

Ils sont jeunes, frais et bourrés de talents, les 14 auteurs de ce collectif, qu’ils ont appelé «la bande de BD» , on peut citer parmi eux Chakib Daoud, Seif Eddine Nechi alias Bakounawar, Selmen Nahdi alias Selmen Arts, Nidhal Gharriani alias eRevolution, Nadia Khiari alias Willis From Tunis, Noha Hbaieb, Skander Beldi, Salah Khlifi, Ridha Naghmouchi, Adnen Akrimi, Enis Mahrsi, Hassen Saies alias Zinga, Jawhar Dridi et Jihène Charrad. Comme nous l’explique Nassim, chacun de ces différents auteurs a disposé , pour ce premier tome, de 8 planches dans lesquelles il a pu s’exprimer librement. Certains ont opté pour la BD, d’autres pour des illustrations ou des caricatures, assurant à la fois et le dessin et le texte. Un thème a été dédié à cette première édition, celui des élections, chacun y a consacré au minimum une planche. Ce premier tome s’intitule « Koumik », les récits écrits en dialecte Tunisien et en langue française s’adressent à tous les Tunisiens à travers différentes anecdotes et situations «made in Tunisia» reflétant l’esprit de ces auteurs qui, selon Nassim Bouslema, n’ont pas leur langue dans la poche.

Koumik sortira le mois prochain!

Source de l'article La Presse & Tunisie numérique

mercredi 21 septembre 2011

Jordan’s Rubicon inks deal for 3D kids movie

The classic British cartoon will be produced in association with US owners Classic Media
The classic British cartoon will be produced in association with US owners Classic Media

Jordanian animation studio RGH Entertainment has signed a deal to produce the 3D film version of British children’s classic Postman Pat, the company confirmed in a statement.
RGH Entertainment, the animation wing of Rubicon Group Holding (RGH), will begin production on the film this month. The movie is slated for release in early 2013.
The classic British cartoon will be produced in association with US owners Classic Media, which also own the rights to children’s characters such as He-Man, Lassie, and Tintin.
Among the actors signed up to voice the characters include Moulin Rouge star Jim Broadbent, Harry Potter star Rupert Grint and Dr Who actor David Tennant.
Rubicon in May said it had signed a deal with US media giants Paramount and CBS to launch a $1bn theme park and resort in Jordan.
The group plans to design and produce the Red Sea Astrarium, a 184-acre entertainment resort in Aqaba, Jordan. The entertainment resort will include a Star Trek-themed attraction inspired by the 2009 film Star Trek, which is being developed by Paramount Recreation.
The resort will generate jobs for 4,000 workers in the local community, the company said. It did not specify how the theme park would be funded.


samedi 17 septembre 2011

La bande dessinée comme hobby Sid-Ali Oudjiane, bédéiste et illustrateur

Jeune, fringant et dynamique Sid-Ali Oudjiane a une grande passion, la bande dessinée. Il la vit comme un sacerdoce. Faisant une incursion dans ce registre qu'il apprécie tant, il travaille au magazine Labstoore. Réaliste et lucide malgré son jeune âge, il n'aspire pas à en faire son métier. 

Résultat de recherche d'images pour "victory road  Sid-Ali Oudjiane, bédéiste"En bon professionnel, il sait pertinemment que ce domaine connaît une embellie mais n'a pas réellement pris son envol, malgré les grands bédéistes d'une certaine période. Ludique, et amusante, la bande dessinée lui procure beaucoup d'enthousiasme d'autant qu'il fait les scénarios de ses BD.
A temps perdu, il croque des personnages de son imaginaire qui maintenant sont devenus familiers dans ses BD. Dans ce bref entretien, Sid-Ali évoque les prémices heureuses de son parcours dans le neuvième art.

Le temps d' Algérie : Comment êtes-vous venu au manga, Quel est votre parcours ?

Je suis de la génération club Dorothée. Ce sont les dessins animés diffusés dans cette émission notamment Dragon Ball, Saint Seiya, City Hunter ... qui m'ont permis de découvrir le monde des dessins animés et des mangas. A partir d'octobre 2008, j'ai commencé à faire des petites histoires pour le plaisir comme Ghost Cat, Je suis le héros,Donne-moi tes ailes.
Fin 2009, j'ai commencé à travailler sur deux BD, Victory Road et Satguiel avec Riadh Aït Hamou. j'ai envoyé mes planches de Victory Road à Laabstore magazine qui a accepté de les publier. Par la suite, les éditions Z-Link m'ont sorti le premier tome, le deuxième est prévu pour octobre prochain. J'ai travaillé également pour les éditions Nounou comme dessinateur BD et illustrateur de livres.

Vous écrivez vous-même les histoires des bandes dessinées ?

Résultat de recherche d'images pour "victory road  Sid-Ali Oudjiane, bédéiste"Oui, je suis auteur de trois BD, Victory Road, Abadon, Satguiel. Certaines BD seront scénarisées par d'autres auteurs comme Yacine Aït Ahmed et Amir Cheriti.
Pensez-vous faire carrière dans la BD ?
C'est très difficile de faire carrière, il faut bosser comme un fou, c'est-à-dire dessiner 24/24 tous les jours de la semaine, toujours travailler le scénario et les dessins. C'est un travail qui ne s'improvise pas.
Je suis plutôt dans le contexte d'un petit dessinateur passionné qui a pu trouver de très bons éditeurs capables de sortir ses BD mais de là à faire un métier ... non ! Déjà pour le moment, il n'y a rien qui permet de se professionnaliser dans ce domaine, et avoir un salaire et une assurance comme un vrai travail.

Quel genre de BD appréciez- vous, japonaise, américaine ou belge ? Pourquoi ?

J'ai une préférence pour le manga, je suis également attiré par l'univers des comics, particulièrement pour le style graphique que j'ai un peu de mal à trouver dans la bande dessinée.

Avez-vous d'autres projets ?

Oui, j'ai d'ailleurs terminé deux BD (Victor Road),le tome 2, et un petit recueil avec plusieurs dessinateurs algériens pour le projet Voyage de la mouette. les sorties sont prévues pour le 4e Festival international de la BD (incha Allah), et je travaille actuellement sur deux nouveaux projets avec Riadh Aït Hamou, Yacine Aït Ahmed et Amir Cheriti.

Que faites-vous parallèlement ?

J'ai 27 ans, et je travaille dans un atelier d'art de l'artiste peintre et architecte Farid Benyaa. 

Par Kheira Attouche -Source de l'article Djazairess et Le Temps

lundi 12 septembre 2011

Tinga Tinga, le succès du premier dessin animé africain

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C'est l'histoire d'une aventure exceptionnelle, l'histoire du premier dessin animé 100 pour cent africain. Les contes de Tinga Tinga est destiné aux enfants de 3 à 6 ans et met en scène les animaux de la jungle sur fond de conte africain. La série télévisée est diffusée aux Etats-Unis, en Royaume-Uni, en France, et s'exporte dans le monde entier. Récit d'une réussite artistique.

Les contes de Tinga Tina se lancent à la conquête du monde : les petits Américains, Français et Britanniques peuvent déjà retrouver leur série préférée à la télévision et savent pourquoi l'éléphant a une trompe ou pourquoi le lion rugit. C'est Claudia Lloyd, productrice anglaise et passionné d'Afrique, qui est à l'origine de cette drôle d'histoire qui n'a rien d'un conte. « J’ai découvert ce style du dessin qui s’appelle Tinga Tinga. Il y a un grand marché à Morogoro Store, où on trouve beaucoup de dessins, des animaux très grands et très brillants avec des couleurs riches. J’ai décidé de mixer ces grandes histoires et ce style magnifique. » 

La culture d'Afrique peut être racontée partout

Claudia Lloyd, directrice du département d'animation
pour enfants à la société de production "l'Aspect du tigre".
Tiger Aspect Productions
Claudia Lloyd décide alors de créer un studio sur place au Kenya, à Nairobi, pour faire du dessin animé 100% africain. 60 personnes, dessinateurs, preneurs de son, producteurs sont formées et l'aventure continue : 52 épisodes de 11 minutes ont déjà été produits. « La première chose qu’on voulait faire avec les films de Tinga Tinga, poursuit Claudia Lloyd, c’était vraiment de montrer au monde que l’histoire d’Afrique, la culture d’Afrique, le dessin d’Afrique, les musiques d’Afrique, peuvent être racontés partout. »




Capter l'imaginaire

Résultat de recherche d'images pour "Tinga Tinga, le succès du premier dessin animé africain"Les contes de Tinga Tinga c'est en plus une série éthique. 50 pour cent du chiffre d'affaires est reversé à une fondation afin de créer des écoles et de former des professeurs en Afrique. Marina Narishkin dirige le bureau de CPLG en France, une société de droits dérivés qui commercialise des produits Tinga Tinga : vêtements, linges de lit, jouets, peluches. « Ils ont réussi à capter cette espèce d’affection, explique Marina Narishkin. Il y a énormément d’affection entre les animaux, il y a de l’entraide. Chaque fois qu’un petit animal va se retrouver dans une situation pas possible, il a ses copains qui vont venir lui aider et on capte beaucoup cet imaginaire que les enfants trouvent merveilleux, dans un monde magique ou les animaux parlent et où il y a beaucoup de couleurs qui les interpellent et qui éveillent énormément leur imaginaire. »

Les contes de Tinga Tinga, c’est un lion bleu, un éléphant violet ou un singe rouge et ils signent une belle réussite 100 pour cent africaine. 


Chaque épisode de cette saga télévisée est dessiné à la main. Une iconographie qui doit son génie à l’art graphique tanzanien et surtout à Edward Saidi Tingatinga (1932-72). A la fin des années 1960, Tingatinga avait fondé l’école et l’atelier de peinture tanzanienne Tingatinga. Grâce à la série Tinga Tinga, ce style naïf aux couleurs vives est aujourd’hui connu dans le monde entier.
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Par Isabelle Chenu - Source de l'article RFI