jeudi 27 avril 2017

Lutte contre le paludisme: « Dabo l’ambassadeur »,le dessin animé qui sensibilise les enfants


Elle tue un enfant toutes les deux minutes en Afrique subsaharienne. Elle est transmise par des piqûres de moustiques. Elle est très célèbre dans notre continent, son nom: le paludisme.

En effet, les enfants sont les premières victimes de cette maladie. C’est pourquoi, Sanofi, acteur majeur dans la lutte contre ce fléau depuis des décennies, « les met au cœur de sa stratégie de communication pour changer les comportements » afin de sauver ces adultes de demain.

En conséquence, pour participer à la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme, l’entreprise pharmaceutique a lancé, ce mardi, 25 avril, le dessin animé « DABO L’AMBASSADEUR ». Un dispositif de prévention qui permet de toucher le plus grand nombre d’enfants. Déjà testé dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Kenya, les résultats ont été très positifs car « plus de 97% des enfants interrogés ont appris des choses nouvelles sur le paludisme. »

Divers outils qui permettent aux enfants d’apprendre tout en s’amusant sont proposés par Sanofi en collaboration avec ses partenaires, « une gamme complète d’outils ludo- éducatifs sur le paludisme pour sensibiliser les enfants d’Afrique subsaharienne et transmettre les messages clés de prévention : jeu de plateau, boite à images, contes, jeu de cartes sont autant de manières différentes et complémentaires de comprendre et d’apprendre sur le paludisme tout en s’amusant. »


Source de l'article Socialnetlink

Gaming : un premier jeu africain au lancement du GearVR


Bien que le secteur du gaming reste hors des radars en Afrique, un petit studio marocain constitué d'une dizaine de personnes vient de lancer un premier jeu en réalité virtuelle. Le jeu produit est mis en vente dans la vitrine principale de la firme américaine. Un détail qui lui donne toute ce chances de réussite.

Une première africaine dans le domaine du gaming. Funsoft, un petit studio marocain vient de lancer son premier jeu mobile appelé « Rangi » pour Gear VR, le casque de réalité virtuelle développé par Oculus, une filiale de Facebook, en partenariat avec Samsung, le 21 avril.  Le jeu de puzzle d'aventure en réalité virtuelle est inspiré de l'art tribal, l'architecture antique, la musique et les paysages africains.
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Il s'agit du seul jeu africain sélectionné par la firme sud-coréenne pour le lancement de son gadget. Prochainement, le jeu sera également disponible pour Oculus Rift et HTC Vive, les casques de réalité virtuelle qu'ont lancé Oculus Vr et le géant taïwanais HTC pour les PC.
Le jeu est commercialisé sur l'Oculus Store pour le Gear VR à 5 dollars. Il est également inclut dans un pack de 5 jeux de lancement à 20 dollars. Il sera bientôt disponible sur la plateforme dématérialisée de vente de jeux, Steam, après la sortie de sa version PC.

Bande annonce du jeu

Un jeu en réalité virtuelle en moins d'un an

Le développement du jeu a commencé en juillet 2016. « En septembre, nous sommes passés à la vitesse supérieure quand nous avons conclu avec Oculus le partenariat qui permettra au jeu de d'être mis en avant sur l'Oculus Store», explique le fondateur du studio et le responsable de la production du jeu, Hatim Bensaid à La Tribune Afrique.
Un prototype qui comporte une partie du jeu a été ainsi présenté aux testeurs et aux experts de la technologie VR pour vérifier le respect du cahier de charges de Samsung. Cette version démo a été lancée dès fin janvier 2017.
Même si ni le Maroc, ni aucun autre pays africain, ne dispose d'école ou d'institut de formation dans les métiers du gaming, les talents n'ont pas manqué pour la réalisation du projet. Il faut dire que le bref passage d'Ubisoft au Maroc, à travers son studio de Casablanca qui a fermé en juin 2016, a été fructueux. Une bonne partie de l'équipe de développeurs et designers (6/10) de Funsoft ont été formé et/ou ont travaillé chez le géant canadien du jeu vidéo, dans leurs locaux de Casablanca. C'est le cas par exemple du directeur artistique (creative director) du projet, Fabien Delpech, qui a supervisé la création de titres phares de la marque tel que Rayman ou encore « Les Lapins Crétins ». Pour le reste, il s'agit principalement d'autodidactes qui ont débuté dans le gaming mobile.
« Nous ne sommes pas différents des autres studios de jeux vidéos. Nous suivons un processus agile et créatif où nous devons expérimenter, tester et implémenter nos idées », explique Omar Guendeli, un des programmeurs (autodidactes) qui ont travaillé sur le jeu.

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Les banques et les investisseurs toujours distants du secteur du gaming

Quant au volet financement, les actionnaires de Funsoft n'ont pu compté que sur eux-mêmes. Chaque centime du million de dirhams qu'a coûté la réalisation du jeu a été financé en fonds propres. Un montant qui reste bien inférieur aux financements qui se comptent en millions, voire en milliards de dollars, qu'investissent les géants du secteur. En même temps, il faut savoir que le secteur du gaming est en plein ébullition. De nouveaux moteurs de jeux (ensemble de composants logiciels qui effectuent des calculs de géométrie et de physique utilisés dans les jeux vidéo), principalement Unity, sont apparu sur la Toile, facilitant l'accès au développement aux nouveaux challengers. Du coup, un grand nombre de férus de jeux vidéos peuvent aujourd'hui produire des jeux et les mettre en vente en ligne, ouvrant ainsi un marché évalué à plusieurs milliards de dollars de chiffre d'affaires.
« Lors du Game Developers Conference (événement de la communauté des développeurs internationaux qui prend lieu annuellement à San Francisco, ndlr), nous avons rencontré des responsables d'Oculus. La firme américaine cherchait en effet des jeux qui ont du potentiel pour assurer le lancement de la nouvelle télécommande du casque GearVR, leur objectif étant d'avoir un minimum de 20 jeux au lancement. Une fois le contact établi, nous avons travaillé en étroite collaboration afin que le jeu soit prêt pour le grand jour », raconte Bensaid.
Le jeu a eu l'approbation de la firme qui a fourni les prototypes de la nouvelle télécommande de jeu et le casque pour le développement de « Rangi ».

Quand la passion fait le business

Le fondateur du studio n'est pas étranger au monde du gaming. Ce jeune marocain de 35 ans avait commencé sa carrière dans le secteur des télécoms au Canada, pour ensuite se lancer avec un partenaire, dans le secteur en lançant deux jeux free-to-play(gratuit) « qui ont bien marché ». La réussite de ces jeux a permis aux deux partenaires d'avoir les ailes pour se lancer dans une autre activité proche. En lançant « Ad4game », une régie publicitaire spécialisée dans les jeux vidéo, Hatim Bensaid a pu se construire l'expertise, mais aussi se donner les moyens pour réaliser ses ambitions dans le développement de jeux. En 2010, il rentre au pays et rapatrie une partie de son business au Maroc pour préparer la création de Funsoft qui aura lieu en 2012. Parallèlement, il se lance dans la presse spécialisée dans le jeu vidéo en mettant en ligne Mmo-play.com, un portail spécialisé dans le contenu gaming. « L'idée était surtout de se mettre à jour par rapport à l'industrie, après quoi, nous avons lancé Funsoft », explique-t-il. Aujourd'hui, le studio emploie 10 personnes et prépare un nouveau jeu gratuit dont le soft-launch aura lieu dès juin prochain.


Par 
Mehdi Lahdidi  - Source de l'article La Tribune

How 'game' are we in the UAE?

The MEA region was one of the fastest growing gaming regions in the world, with 26.2% year-on-year
 growth in 2016. 
(KT Graphics)
Gamers in the UAE are a dedicated demographic, and their passion is driving the demand for video games in the region, especially in the mobile and online gaming segments.

Developers and retailers have taken note of the growing legions of gaming fans in the region, and have accelerated their efforts to cater to the needs of the gaming population, promising regional releases that are simultaneous with international launches, and the latest products as soon as they hit the market.

A report by newzoo found that in 2016, the Middle East & Africa (MEA) region was one of the fastest growing gaming regions in the world, with 26.2 per cent year-on-year growth. The region's 301.4 million gamers were estimated to have spent a total of $3.2 billion in 2016, making up three per cent of global revenues. The report also noted that the mobile segment will remain the largest category, with year-on-year revenue growth rates between 30-60 per cent in the coming years. This is facilitated by quickly increasing smartphone and mobile Internet penetration. 

"The Middle East and North Africa (Mena) region has enormous potential, as about half the population of nearly 400 million is younger than 25 years of age," said Jeroen Schlosser, MD of Equinix for the Mena region. 

Newzoo's 2016 version of the 'Global Games Market Report' also found that the top five countries in the region generated more than 60 per cent of all MEA gaming revenues. Turkey is the 16th largest games market worldwide and the leader in the MEA region with $755 million in revenues. Saudi Arabia follows after Turkey, with revenues of $502 million. The UAE comes in at fourth position in the MEA region, with revenues of $249 million, trailing slightly behind Iran at $270 million.

Schlosser noted that the Arab online gaming market is growing at an exponential rate due to the robust increase in Internet users. "The mobile market is also one of the fastest-growing media segments in the Middle East. Smartphone penetration in Saudi Arabia and the UAE has surpassed 75 per cent of the population, with more than 55 per cent of users accessing the Internet every day on a smartphone. Gamers are therefore more inclined towards online and mobile games, weaning away from the consoles and pre-installed PC games."

He also pointed to a movement towards more immersive digital entertainment, from movies to games. Virtual reality, he said, will go from solitary to shared. "The future of VR will be about being transported to another place and doing something cool with your friends.Physically collaborative games where body will be more than just an anchor to the physical world will become more popular."

Gareth Evans, Mena territory manager at Ubisoft, is of a similar mind, saying: "We are expecting more growth on current platforms; with the previous launches of the PS4 Pro, and VR platforms such as Oculus Rift, PSVR, HTC Vive, in addition to the start of new life cycles on systems such as the Nintendo Switch, Google Daydream, and Microsoft's Xbox One Scorpio."

He further revealed that the UAE continues to be a strong market for video games and a key focus for Ubisoft as it looks to support the launches of key franchises in the coming years.

"Ubisoft has a very big focus on the UAE and Middle East, with a business team based in Dubai to support the growth of the region as we continue to localise, promote, and support the games we release. In addition to that, we have a development studio in Abu Dhabi, in partnership with TwoFour54, celebrating their fifth year anniversary this year, who previously launched CSI: Hidden Crimes, and NCIS: Hidden Crimes on mobile platforms and Facebook, and are leading live operations for Growtopia, a free to play game Ubisoft had recently acquired, in addition to working on some pretty exciting projects for the future. Late last year, we had also announced a partnership with the IMG theme parks, in bringing the Rabbids, Assassin's Creed, and Just Dance franchises to the parks as part of their IGM World of Legends expansion," he said.

Further elaborating on the popularity of online gaming in the region, Evans said: ""Most games now come with some sort of online component offering the consumers further experiences when you play or compete with the wider world, expanding the life of a game. There is an incredible amount of choice when it comes to online gaming allowing the players to compete in extreme sports, and car races or battle it out in numerous time periods. Online games are also becoming synonymous with sports, under the banner of 'eSports', with competitions happening all the time online or at events being hosted in the UAE and across the Middle East."

When it comes to online gaming, however, there is nothing that universally frustrates gamers more than lag. Every gamer has experienced lag in some way shape or form, Schlosser says.

"Whether they're unable to micro their units, missing that critical hit, or simply waiting for an update to load - it is the number one cause of frustration for online gamers. In fact, a game server that lags or crashes on game launch can expect to be quickly shot down by reviewers and gamers alike. You need a gaming infrastructure that can scale to handle millions of new users, with world-class reliability. Platform Equinix data centers and Equinix Performance Hub can help companies reduce latency to reach the world's top markets in less than 10 milliseconds and significantly improve content and application acceleration and gamers' quality of experience," he said.

Platform Equinix data centers scale access to a variety of gaming options for multiple device types and provide world-class operational reliability and security by interconnecting the various businesses that are required to make the online gaming experience a seamless process

"It is also essential for gaming companies, especially in a high growth market like the Mena region, to work in concert with content delivery networks, social networks, game console companies, cloud service providers and smart phone device platforms to reach an expanding customer base. They also must support various monetization models, such as subscription and free-to-play, to further grow their customer base and revenues," he added.

Sharing his thoughts on gamers in the region, Kishan Deepak Palija, MD of Geekay Group, said that gamers in the region need all the latest gadgets and games that release on day one, and that some go to unimaginable lengths to acquire them.

"Having said that, being the premier gaming retailer in the region means it is our duty to fulfill these wishes and so far we have been able to bring all the gaming products under one roof at our Geekay Games and Geek Nation stores at the earliest. The release of Nintendo Switch in UAE is a testimonial to the fact that Geekay Group believes in bringing the latest and greatest in gaming to the region on day one. We were able to bring the console to all our stores on the official release date," he shared.

Palija also noted that sales for all gaming consoles and games this year have seen strong growth, and that he was confident that the trend will continue with the new releases coming up.

"Geekay Group has witnessed growth year on year and this year too, we seem to be on track to do better in terms of volumes and profitability. So far, all the gaming eco-systems have witnessed growth and with the release of a new player in the form of Nintendo Switch, competition is getting fierce for game companies to bring better and bolder exclusives for their consoles. Exclusivity will dictate which consoles have the upper hand and with the E3 convention and game announcements around the corner, we will know by mid-June which system will take the lead in terms of sales," he said.

Asked about recent gaming trends in the UAE, Palija said that with the release of the PlayStation VR, HTC Vive, and other VR headsets, gamers were fascinated by the ability of immersing themselves in the virtual world and enjoyed every second of the experience.

"Thanks to games such as Resident Evil Biohazard, VR Worlds, etc. the content was available readily and with future projects in pipeline, this experience is only going to get surreal and more thrilling," he said. "Thanks to Pokemon GO, we have also witnessed a rise in Pokemon fans leading to increase in the sales of our range of Pokemon trading cards, merchandise and games. Gamers can't seem to get enough of their favorite Pokemon characters and so far we have managed to satiate their thirst for all things Pokemon and intend to do so in the future as well."

By Rohma Sadaqat - source of article Khaleejtimes

vendredi 7 avril 2017

Dalia Si Ahmed. Bédéiste autodidacte - N’empêchez pas vos enfants de développer leurs passions



Dalia Si Ahmed est une jeune Algérienne de 29 ans. Etudiante – chercheure en génie mécanique à Bab Ezzouar, elle est connue sous le pseudo de Delou. Elle se définit comme illustratrice et bédéiste autodidacte. 
Elle publie ses créations essentiellement sur Facebook. Via ses dessins, Delou raconte le quotidien des jeunes Algériennes.

- Comment avez-vous commencé le dessin ?

On a tous gribouillé étant enfants, certains se sont arrêtés pour s’intéresser à des activités disons plus «matures», mais d’autres comme moi ont continué à dessiner. En 2006, j’ai découvert l’existence de communautés d’artistes sur internet, c’était alors l’occasion d’apprendre, d’échanger, de se valoriser et de se faire accessoirement des amis.

- Quelle est votre source d’inspiration ?

La vie quotidienne ! Rire de ses malheurs est la meilleure des thérapies ; si on peut en plus partager ce rire et dédramatiser certaines situations, c’est encore mieux. Ce qui m’a aidée à me lancer dans ces mini récits illustrés, c’est de voir le travail de certaines auteures à succès comme Pénélope Bagieu, Diglee et Margaux Motin. Des filles dans l’air du temps qui racontent avec élégance, humour et talent leurs anecdotes personnelles.

- Quelles sont vos ambitions futures ?

J’ai choisi de faire du dessin mon activité secondaire et de le garder comme passion, car rares sont ceux qui arrivent à vivre exclusivement de l’art. Choisir ce domaine comme métier aurait nécessairement changé mon rapport à la BD et l’illustration. A vrai dire, j’aurais fini par détester cela.

Et disons-le, c’est plaisant et très enrichissant de se diversifier dans la vie ; je lance d’ailleurs un appel aux parents : n’empêchez pas vos enfants de pratiquer des activités extrascolaires et de développer leurs passions, ils vous en remercieront par la suite. Pour mes projets, je travaille en ce moment sur le passage du virtuel au réel, et donc à la publication d’un recueil papier de mes mini BD. C’est tout de même plus agréable d’avoir un album entre les mains que de rester des heures face à son ordinateur.

Il y aura bien évidemment des histoires inédites. En parallèle à cela, je continue à faire des collaborations avec d’autres bédéistes ou même des porteurs d’idées sur divers thèmes tels que la santé, l’écologie, la vulgarisation scientifique, l’identité algérienne et le respect de la femme. L’idée est qu’on peut plus aisément passer des messages à travers des dessins qu’avec de simple textes.

Par Mehdi A. - Source de l'article El Watan

samedi 1 avril 2017

Plongée dans le Casablanca des années 50 avec la bande dessinée "Morocco Jazz"

morocco jazz

Le 22 mars dernier, la bédéiste française Julie Ricossé a sorti un album intitulé "Morocco Jazz", aux éditions Vents d'Ouest, qui retrace le Casablanca de l'époque coloniale.

"Une idée d'il y a six ans, deux ans de gribouillages" pour ce "Morocco Jazz présenté le 25 mars au salon du Livre de Paris, où le Maroc était l'invité d'honneur. Dans cette œuvre, Julie Ricossé nous raconte l'histoire de Louise, aujourd'hui vieille dame habitant à Paris. Après avoir reçu un colis venu du Maroc, Louise se rappelle sa jeunesse dans le Casablanca des années 50, encore sous colonie Française. Elle était chanteuse de jazz, vivait pour son amour avec le brigadier Henri et pour ses amies Camille et Sybil dans une ville sous tension permanente entre nationalistes et colonialistes.

Pour sortir cette nouvelle œuvre de 112 pages, la bédéiste a sorti les archives des placards. Au-delà de son histoire fictive, elle a glissé des éléments historiques dans ses planches.




"La partie du récit qui raconte l’enfermement en surnombre de prisonniers s’inspire d’un fait réel. Après de violents affrontements de rue à Oujda, la police enferme 45 émeutiers dans une cellule de 2,50 m sur 1,50 m. La porte se referme sur eux, et on les laisse là de 14 h à 8 h du matin. Le lendemain, on emmènera 6 personnes mortes d’asphyxie (il y aura 14 morts en tout; les autres étant décédés à la suite de tortures, que la police tentera de maquiller en évasions", raconte l'auteur. Cette dernière a en effet choisi de consacrer les dernières pages de son ouvrage à une partie historique, éclairant ainsi les lecteurs sur le contexte dans lequel se déroule l'intrigue.

Pour restituer les véritables couleurs de cette époque particulière de la capitale économique, Julie Ricossé a été aidée par l'Institut français de Casablanca, Abdelmajid Kaddouri, professeur d’histoire à l’université Mohammed V de Rabat et spécialiste des relations entre le Maroc et l’Europe et d’histoire des mentalités. Elle a aussi reproduit quelques photos prises à l'époque, avec le soutien de la Fondation du roi Abdul-Aziz pour les études islamiques et les sciences humaines.

Les lecteurs intéressés pourront se procurer "Morocco Jazz", disponible au prix de 19,50 euros (250 DH sur livremoi.ma).

Par Camille Bigo - Source de l'article Huffpostmaghreb

jeudi 23 mars 2017

Cameroun : Super Eto’o Bros… star indémodable




Si Samuel Eto’o a la réputation de s'idolâtrer, l’opinion camerounaise ne se lasse pas non plus de le voir. La carrière de l’attaquant est une succession de cartes postales plutôt hagiographiques…

A 36 ans, les footballeurs de dimension internationale choisissent le clou où raccrocher leurs crampons et se font discrets. Sauf quand ils sont de la même nationalité que Roger Milla qui joua les prolongations au-delà des logiques de calendriers. Son petit (faux) frère du Cameroun, Samuel Eto’o Fils, entend bien rester en pleine lumière ; sur les pelouses, puisqu’il est toujours sociétaire du club turc d’Antalyaspor, mais aussi au cœur d’une actualité protéiforme, comme en témoignent trois apparitions récentes du « goléador », en mode « people », « expertise sportive » ou « star caritative ».

Le 10 mars dernier, c’est le spectacle d’une bataille de parts de gâteau – au sens propre de la tarte à la crème en plein visage – qu’offraient Eto’o et ses coéquipiers, à l’occasion de l’anniversaire de l’international camerounais. Mardi dernier, c’est le spécialiste du ballon rond qui intervenait sur Canal 2 international, distillant, comme à son habitude, des jugements abrupts sur le continent aux « grandes nations de football » mais aux « piètres championnats ». Plus tôt dans la journée, le sportif animait une causerie éducative, avec des jeunes de Yaoundé, afin d’étrenner sa nouvelle redingote d’ambassadeur de bonne volonté de l’Unicef au Cameroun…

Stades, caritatif, BD, jeu vidéo…

Le mythe de Samuel Eto’o Fils continue donc de se construire patiemment. Qu’on l’aime autant qu’il s’aime… ou pas, on ne peut que convenir qu’il est un héros ; un héros des stades (des Lions indomptables au Barça), un héros des œuvres caritatives (de l’initiative « Yellow Whistler Blower FC » au programme « 11 contre Ebola »), un héros de la bande dessinée (neuf tomes de la dessinatrice camerounaise Joëlle Esso) et même un héros de jeu vidéo (développé par le studio de création SDK de Johannesburg).

Samuel Eto’o n’est pas toujours étranger à la valorisation médiatique de sa propre légende. Il a pour lui un portefeuille bien garni, lui qui fut le joueur le mieux payé de la planète, à l’époque de son passage au club d’Anzhi Makhachkala. Auto-culte indécent de la personnalité ou valorisation bienvenue d’une success-story utile à la jeunesse désœuvrée ? Chacun se fera son opinion, car le “goléador” ne semble pas près de disparaître des écrans…

Par Damien Glez - Source de l'article Jeune Afrique

mercredi 22 mars 2017

Anthony Van Den Reysen : « Ces dernières années je suis beaucoup plus inspiré par l'Afrique »


Originaire du Congo-Brazzaville, Anthony Van Den Reysen « Ntocha », 33 ans, est un artiste (dessinateur) prolifique. Graphiste web pendant 10 ans, il est actuellement artiste indépendant et professeur de dessin à l'école supérieure d'art, MJM Graphics, à Paris.

Les Dépêches de Brazzaville : Quelles sont vos différentes réalisations en tant que dessinateur ? Où puisez-vous votre inspiration ?

Anthony Van Den Reysen : Je fais plusieurs représentations dans différentes conventions et expositions parisiennes (Paris Manga, Japan Expo, ComicCon Paris, Paris Comics Expo, Geekopolis...) et étrangères, notamment en Suisse (Polymanga) et Belgique (ComicCon Bxl). Lors de ces représentations, j'expose mes réalisations au public et cela me permet de pouvoir échanger et partager en direct. L'inspiration est en même temps consciente et inconsciente, parfois elle vient "comme ça", parfois déclenchée par un média ou par ce qui nous entoure. 
Mais il faut la stimuler constamment. L'inspiration se travaille aussi, c'est un de mes principes de base. Mon inspiration je la puise dans tout, ça paraît évidemment cliché mais je n’ai pas meilleure définition. Tout ce qui sort de ma tête est le résultat d'un mélange de mes connaissances, expériences, la nature, des sentiments... Ces dernières années je suis beaucoup plus inspiré par l'Afrique en général. Aussi, j'essaie de la mélanger avec d'autres univers, la science fiction par exemple, ou mélanger avec une autre culture comme la culture japonaise, pour essayer de réaliser quelque chose de plus riche et original.

LDB : Quelle est votre démarche artistique ?

AVDR : Ma démarche artistique est assez simple : dessiner, dessiner, dessiner et encore dessiner. Bien sûr c'est un principe et il faut le faire intelligemment, c'est ce que je m'efforce de faire. J'accorde aussi beaucoup de temps à apprendre, revoir les bases parce qu'on ne les maîtrise jamais assez !

Pour une illustration par exemple, je commence toujours par un jet de croquis pour voir ce que j'ai compris du thème, ensuite je fais une recherche approfondie sur le thème, une recherche de références directes ou indirectement concernées et je me relance dans une deuxième phase de croquis.

LDB : d’où vous est venue l’idée de votre personnage « Makaku » ? pourriez-vous nous décrire le profil de ce personnage ? Quels sont ses pouvoirs ou ses caractéristiques ?

AVDR : A l'origine, je suis un fan de la légende du Roi singe, une des légendes chinoises les plus célèbres, qui a donné naissance aux personnages les plus charismatiques. L'idée était donc juste de dessiner ma version de ce légendaire Monkey King, Sun Wukung ou Sun Wukong, Songoku en japonais. De fil en aiguille, j'ai commencé à m'éloigner de la légende pour en faire ce qu'il est devenu aujourd'hui mais au fond, l'esprit y est. Je l'ai donc nommé MAKAKU, qui veut dire singe en Lingala. C'est plutôt un terme péjoratif à la base mais j'aime sa consonance. C'est aussi la représentation de l'animal qui est sans nul doute mon préféré, le gorille, qui est d'ailleurs un fort symbole du Congo. C'est le genre de personnage au mauvais caractère, imposant par son physique mais aussi par son vécu. Il est déjà au maximum de ses capacités mais s'adapte aux situations qui nécessitent l'utilisation de celles-ci.
Makaku est un Bounty Hunter expérimenté dans la traque de créatures rares et dites "légendaires". Il parcourt le monde toujours à la recherche du plus gros butin, mais il finit par se retrouver devant des créatures de plus en plus agressives et féroces. Ces mystérieux évènements attisent sa curiosité, ce qui va le mener dans une aventure pleine de rebondissement au travers de cet univers vaste et méconnu.

LDB : Quel est le principal message que vous faites passer dans vos œuvres ?

AVDR : Je n'ai pas spécialement de message particulier à transmettre si ce n'est que de raconter des histoires, donner vie à mes personnages, montrer leurs aventures... Parfois le message est involontaire mais ce n'est pas forcément mon objectif. Je suis plutôt focalisé sur le fait de faire vivre une expérience émotionnelle, après tout, c'est aussi une forme de message. Bien sûr, une histoire se veut d’avoir un message à transmettre pour que les lecteurs ou spectateurs s'identifient. Tout dépend des moyens mis en œuvre. C'est parfois une bonne chose de laisser la porte ouverte à l'interprétation libre du lecteur. Là aussi c'est une forme différente de susciter l'identification et l'implication à travers l'œuvre.

LDB : Vos œuvres sont-elles également diffusées en Afrique ?

AVDR : Malheureusement non, mais il n'est jamais trop tard !


LDB : Quels sont vos différents projets en général et en Afrique en particulier ?

AVDR : Je suis actuellement sur mon projet Makaku. C'est un projet qui englobe à la fois la bande dessinée, le film d'animation et le jeu vidéo. Pour l'instant, j'en suis à la phase bande dessinée, phase cruciale pour introduire l'univers au public. J'ai déjà publié un premier chapitre en indépendant, la suite suit son cours. Je n'ai malheureusement pas de projet en Afrique, en tout cas pas dans l'immédiat. L'instabilité politique n'y aide pas, ce n’est donc pas évident de s'y projeter et c'est ce qui est malheureux, surtout que j'y suis né et y ai vécu une grande partie de ma vie... Mais qui sait, peut-être qu'un jour Makaku aura assez de succès pour pouvoir s'implanter en Afrique.

Par Patrick Ndungidi - Source de l'article Adiac Congo

lundi 20 mars 2017

Au Sénégal, Karim Gadjigo a créé un personnage pour parler d'écologie aux plus petits.

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Sensibiliser les enfants africains à l'écologie, c'est l'objectif de l'application Mia Moké, que l'on peut télécharger sur tablette. 

Créée au Sénégal par Karim Gadjigo, un communicant, l'idée est de parler environnement, mais avec pour héros des personnages africains.
Mia est une petite fille africaine qui parle d’écologie aux plus petits, et qui enquête sur la déforestation avec sa famille, ses amis et des djin-djin, d'étranges personnages qui vivent dans les arbres


Au Sénégal, comme dans toute l'Afrique de l'Ouest, la question de l'environnement est très peu prise en compte. C'est pourquoi Karim Gadjigo, le créateur de Mia Moké, veut sensibiliser dès le plus jeune âge : « On ne va pas attendre pour qu’ils acquièrent de bons réflexes en matière de comportement et d’environnement. Il faut avoir des matières au niveau du cursus scolaire qui parlent de ça, de la biodiversité, de la pression qu’on met sur les espèces marines ou terrestres ».

Parler d'écologie avec un personnage auquel on peut s'identifier

Mia est Noire et porte un nœud papillon rose dans ses cheveux : « C’est important que les enfants africains puissent avoir des héros qui leur ressemblent, qui correspondent à leur culture et sur lesquels ils puissent se projeter aussi en termes de courage. Mia Moké est une fille intrépide, courageuse, vive, qui a de l’humour etc. ». Et à la fin du jeu, on découvre que c'est la production de charbon qui a fait disparaître tous les arbres.




Source de l'article RFI

jeudi 16 mars 2017

"Nous voulons faire du Maroc le hub africain du E-sport"

GAMING

À l'heure ou les hologrammes s'invitent dans les meetings politiques, on se demande encore ce qui de nos jours n'est plus virtuel. On citerait volontiers l'effort physique, la sueur, le dépassement de soi, la victoire méritée... Autant d'émotions qui semblent être le propre du sport de haut niveau. Mais qu'en est-il du E-sport?

Depuis une trentaine d'années, se jouent à travers le monde de gigantesques tournois de jeux vidéos. C'est de là qu'a jailli l'E-sport, pratique à titre compétitif d'un jeu en ligne obligatoirement multi-joueurs, via un ordinateur ou une console de jeux. Le phénomène est tel qu'il induit aujourd'hui une véritable professionnalisation, rémunérée parfois à coup de millions de dollars.

Si l'E-sport s'invite très officieusement en Afrique depuis quelques années, au Maroc, il n'existe pas de chiffres précis quant au nombre de "gamers". Mais selon une estimation de la World Gaming Federation (WGF), cette communauté rassemblerait au moins un million de personnes. Mehdi Sakaly, PDG et co-fondateur de cette start-up, souhaite développer l'E-sport au Maroc. Entretien avec un passionné du gaming qui a, entre autres, travaillé chez GOA (Orange), qui avait édité "League of Legends" en Europe.


HuffPost Maroc: Comment est née votre passion pour le jeu vidéo?

Mehdi Sakaly: J'ai grandi au Maroc et à l'époque, il y avait les salles d'arcades, à Marrakech et à Casablanca notamment. On mettait une pièce dans la machine et le vainqueur restait pour le tour suivant. On organisait aussi des petits tournois sur la Nintendo. Quand je suis arrivé en France en 1998, j'ai découvert l'univers des grands tournois, des grandes salles d'arcades... Puis après mes études, j'ai été embauché par GOA, le distributeur du célébrissime "League of Legends". Au bout d'un certain temps, je me suis dit qu'il serait intéressant d'initier une plateforme qui permettrait à tous les joueurs de se retrouver, d'échanger et de s'informer sur le gaming à l'échelle mondiale.

Qu'est ce que la World Gaming Federation?

WGF est une plateforme sociale, gratuite, ouverte à tous, qui permettra de valoriser les données de jeu des joueurs. Nous sommes en somme en train de créer un Facebook du jeu vidéo, couplé avec des fonctionnalités LinkedIn, puisque c'est également un lieu de rendez-vous pour les professionnels. La démarche permettra ainsi aux sponsors et aux grosses marques d'identifier des influenceurs avec qui elles pourraient travailler. Notre principal objectif, c'est de générer quelques champions et de montrer aux éditeurs qu'il existe un écosystème puissant et dynamique que l'on peut monétiser. On voudrait organiser un événement gaming par mois en Afrique, et pourquoi pas monétiser également le gaming marocain.

Quel rôle peut jouer un sponsor dans l'E-sport?

Un gamer comme Frionel, qui est un joueur très connu des jeux de combat "Street Fighter V" et "King of Fighter", se rend dans les plus grands tournois français et internationaux. Il a un très bon niveau, mais ce genre de champion n'est pas aidé, pas accompagné, pas financé. Il est obligé de se déplacer aux tournois avec ses propres moyens. Les sponsors permettent aux champions de vivre leur passion et de s'émanciper.

À l'heure qu'il est, aucun serveur n'est présent en Afrique...

Effectivement, les éditeurs ne disposent d'aucun serveur sur le continent africain. Ils n'ont pas investi l'Afrique parce qu'ils savaient techniquement qu'ils n'étaient pas encore abrités. S'il est vrai que nous sommes pour l'instant oubliés, je pense toutefois que nous sommes sur la bonne voie. C'est pourquoi nous allons commencer à recenser des joueurs marocains, par le biais de WGF.

Quel est le jeu vidéo au Maroc le plus pratiqué par les gamers selon vous?

Dans toute l'Afrique, le foot est numéro 1. En particulier le jeu "FIFA 17", qui domine depuis de nombreuses années le marché mondial. Il y a aussi "League of Legends", d'autant que ce jeu est gratuit. Sans oublier les jeux mobiles qui sont également très prisés.

Des évènements au Maroc sont-ils bientôt prévus ?

Nous avons organisé le 11 mars dernier une série de qualification pour la Morrocco LOL Cup, un tournoi en ligne dédié aux adeptes de "League of Legends". 64 équipes de 5 joueurs s'affrontent pour atteindre leur objectif, la finale de la Morrocco LOL Cup, qui réunira les 8 meilleurs équipes du tournoi. Cette finale sera organisée début septembre , à Casablanca à l'occasion du Morrocco Games Show. Il s'agit du plus gros salon gaming et E-sport africain. On espère pouvoir y rencontrer des développeurs et éditeurs du monde entier pour pouvoir démarcher un maximum de partenaires.

Y a-t-il un évènement dont vous n'auriez pas encore parlé publiquement?

Oui. Au mois d'avril, nous nous rendrons à la Paris Ultimate Fighting Arena, un gros tournoi organisé autour du jeu "Street Fighter V". Les 512 meilleurs joueurs mondiaux seront réunis, et je pense que notre Frionel national sera présent. Il faut à présent que l'on voit comment et qui organisera son déplacement. C'est compliqué tant quand on n'est pas sponsorisé.

Par Henri Margueritte - Source de l'article Huffpostmaghreb

Festival Coco Bulles (Côte d’Ivoire) : le crayon plus fort que la kalash

Un an après l'attentat de Grand-Bassam (Côte d'Ivoire), le Festival International du Dessin de Presse et de la Bande Dessinée Coco Bulles ouvre ses portes ce jeudi 16 mars. Plus que jamais, le crayon et l'humour répondent à la barbarie.

Comme un symbole, c’est sur la plage où a eu lieu l’attentat terroriste de Grand-Bassam que la quatrième édition du festival Coco Bulles ouvre ses portes. L’an dernier, le 13 mars 2016, la station balnéaire proche d’Abidjan était la cible d’une attaque djihadiste revendiquée par AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Il s’agit là d’un événement sans précédent dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le bilan est lourd : 19 morts.


Ville historique et première capitale de la Côte d’Ivoire (1893-1900), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la station balnéaire de Grand-Bassam est un lieu prisé des Ivoiriens comme des expatriés. Ses dizaines de kilomètres de plage bordés par l’Océan Atlantique d’un côté et de la lagune Ebrié de l’autre, sa population hétéroclite, son patrimoine culturel et architectural exceptionnel qui compte notamment le Phare et le Musée national du costume (ancien palais du gouverneur), ainsi que ses nombreux centres artistiques font de cette ville une destination touristique incontournable lorsque l’on visite le Pays des Éléphants.

C’est aussi là qu’est né Coco Bulles. C’est aussi sur ces plages endeuillées de la cité que les organisateurs du festival ont décidé de maintenir leur rendez-vous, en signe de solidarité avec la population locale et de résistance contre le terrorisme.


Initié par TACHE D’ENCRE, l’association des dessinateurs de presse et de BD vivant en Côte d’Ivoire, Coco Bulles est un rendez-vous biannuel rassemblant les bédéistes et dessinateurs de presse ivoiriens et internationaux. Ce festival est aussi un forum de rencontres et d’échanges entre professionnels et amateurs du dessin, permettant ainsi aux artistes moins aguerris de se mettre à niveau lors des ateliers de formation organisés durant les deux jours du festival. Jean-Claude Fournier y a animé quelques ateliers lors de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.



Lassane Zohoré et Plantu - 
Lassane Zohoré, Président de Tache d’Encre, Directeur de publication du journal Gbich ! et Ambassadeur Cartooning for Peace pour la Côte d’Ivoire, accueille Plantu à l’aéroport

Le programme du festival

Cette année encore, Coco Bulles propose de nombreuses animations pour le public, parmi lesquelles, des concours de BD et de dessin de presse pour des auteurs confirmés et des écoliers, des spectacles d’humour, un débat autour d’un feu de bois à la plage, ainsi qu’une parade à travers la ville. 
Des conférences sur les thèmes de la BD numérique (“Incontournable Numérique !”), du dessin de presse (“Dessinateur de presse, pyromane ou pompier ?”), ainsi que sur l’économie de la BD “(Les Enjeux économiques de la BD”) seront aussi organisé durant ces deux jours de festivités.

Parmi les nombreux artistes présents durant le festival, citons l’équipe du journal satirique ivoirien Gbich ! (équivalent de Charlie Hebdo), le dessinateur centrafricain Didier Kassaï, Plantu (France), Nicolas Vadot (Belgique), le caricaturiste français bien connu des Africains Damien Glez (France, Burkina Faso), la scénariste franco-ivoirienne Marguerite Abouet (Aya de Yopougon), le dessinateur palestinien Khalil et son homologue israélien Uri Fink, Willis from Tunis et Nidhal Ghariani (Tunisie), Odia (Sénégal) et Oscar (Guinée).


Par Christian MISSIA DIO - Source de l'article  Actuabd

L’arme de la bande dessinée aux mains de la jeunesse égyptienne - Un rôle moteur de la Fondation MAZG



Il y a quatre ans, trois jeunes femmes créent ensemble la fondation Mazg, pour promouvoir la bande dessinée et aider les artistes en organisant diverses activités dans leur local du centre du Caire, mais également dans d’autres villes et gouvernorats. 

Mazg est devenue en peu de temps un rendez-vous incontournable pour tous les professionnels et les amateurs du 9e art.

Fin 2012, Mouna El Masry, sa jeune sœur Sara et Najla Qoura décident de créer un projet artistique. Mais face au foisonnement d’initiatives, elles se démarquent en décidant de travailler sur un genre défini — la bande dessinée — et sur une durée suffisante pour dégager une influence, en échappant autant que possible au centralisme cairote.

À l’époque où elle travaillait dans une association de défense des droits humains, Mouna El Masry était chargée de la rédaction du magazine de BD Douchma1. Il existait en effet quelques tentatives indépendantes de produire des comics pour adultes, alors que le genre était resté longtemps cantonné au public enfantin. Mais bien qu’existant de longue date en Égypte, la production de la BD demeurait insuffisante et les artistes n’avaient pas de soutien. C’est alors qu’en janvier 2013, les trois jeunes femmes décident de lancer leur propre projet, appelé « Mazg » (mélange). Leur première activité est un atelier avec des étudiants sur les libertés académiques et l’expression par la BD.

Pour Mouna El Masry, « la BD est un moyen d’expression différent et attrayant qui intéresse de plus en plus les jeunes. Nous voulons aider les artistes et encourager la production. La BD, c’est comme le cinéma, c’est de l’image, on peut se passer de mots, mais cela reste expressif », insiste-t-elle.

Une si longue histoire

Le premier magazine illustré du monde arabe a vu le jour en Égypte en 1923, sous le titre El Awlad (Les enfants). Les dessins étaient alors rudimentaires et bien différents d’aujourd’hui, et les personnages étaient soit des héros locaux, comme le rossignol et le poussin, soit des étrangers tels que Laurel et Hardy ou Tintinen version arabe. Le magazine a poursuivi sa parution durant une dizaine d’années. Puis, dans les années 1950 est apparu Assindibad (Sindbad), auquel ont participé des dessinateurs tels que Hussein Bikar et qui était distribué dans les écoles. Ensuite est arrivé Samir, alors qu’Assindibad commençait à s’essouffler et devait bientôt disparaître. Le nouveau venu, qui publiait des histoires égyptiennes et étrangères avec la contribution de deux dessinateurs — un Égyptien et un Français — a constitué une école pour de nombreux artistes. La production d’histoires illustrées s’est ensuite déplacée vers le Liban, où elle a fleuri dans les années 1970 avec Bissat Arrih (Tapis volant), Al-Moughamer(L’aventurier) et Al-Foursane (Les cavaliers). Des dessinateurs et dessinatrices égyptiens ont collaboré à ces magazines, qui ont marqué le pas en 1975 avec la guerre civile libanaise.

‫كوميكس بالمصري‬&lrm — YouTube

Telle est l’histoire de la BD racontée par des dessinateurs, des auteurs et des amateurs dans le documentaire Comics Bil masri(Bandes dessinées à l’égyptienne) réalisé en 2014 par le scénariste Mohamed Ismaïl Amin et produit par Mazg avec le concours de l’Arab Digital Expression Foundation (ADEF). Le film, projeté dans plusieurs grands espaces culturels tels que la Maison de l’opéra et au premier festival international de la BD au Caire, nous apprend qu’après avoir reculé au Liban en raison de la guerre, la BD pour enfants a ressurgi aux Émirats arabes unis avec Maged(prénom arabe), en Arabie saoudite avec Bassem (idem) et en Égypte avec Oscar. Ce dernier magazine mettait en scène des personnages égyptiens, jusqu’à ce que les héros étrangers présentés en version arabe viennent envahir le marché.

Les initiatives se sont ainsi poursuivies de façon sporadique jusqu’à l’apparition timide de héros pour la jeunesse, il y a une vingtaine d’années. Plusieurs publications ont vu le jour en Égypte : Autostrade, Khareg Ann Essaytara (Hors contrôle), Enta Horr (Tu es libre), Fi Chiqatt Bab El Louq (Dans l’appartement de Bab El-Louq) et Metro, dont les exemplaires ont été saisis et l’auteur-dessinateur Magdy El Chafi arrêté et interrogé en raison de « certains termes contraires aux bonnes mœurs ». C’est ainsi que la BD a repris vie en Égypte, où sont parus plus tard les magazines Touk Touk et Combo, qui paraissent encore aujourd’hui.

L’art contre la répression

Durant la révolution, Sara El Masry travaille elle aussi dans une association de défense des droits humains, sur la liberté d’opinion et d’expression. Mais du fait de la répression, les militants en sont réduits à faire de simples documentaires, le plus souvent en rapport avec la mort des militants. Elle comprend alors qu’elle ne pourra pas continuer ainsi, dans un contexte aussi déprimant, et elle a envie de faire autre chose, en rapport avec l’art. Sa sœur aînée a constaté elle aussi que son action militante avait un effet néfaste sur son humeur : « Je me suis dit que l’art en général et la BD en particulier permettaient d’influer sur le cours des choses » , dit-elle. « L’art a un pouvoir considérable car il facilite le changement et la transmission des informations », renchérit Sara El Masry. Najla Qoura, quant à elle, est passée de la profession de psychologue à la thérapie par l’art puis à la direction de l’École des arts de Derb Ahmar, qui offre aux enfants démunis de ce quartier populaire des activités telles que le cirque et la musique sur percussions et cuivres. Elle raconte : « L’idée nous est venue de créer notre projet alors que nous discutions toutes les trois. Nous voulions nous concentrer sur une production unique de façon à laisser une empreinte plus profonde. Mouna pensait à la BD, et on s’est dit qu’on pourrait faire cela pendant un an, et passer à autre chose l’année suivante. Mais ce n’était pas aussi simple. On a réalisé des choses et noué des relations auxquelles il est difficile de renoncer. On a donc décidé de continuer la BD jusqu’à ce qu’on ait le sentiment de ne plus rien avoir à proposer » .

Enseigner la BD

Pour commencer, les trois jeunes femmes décident d’organiser en avril 2013 le premier « congrès » de la BD, avec le concours de l’ADEF. Elles accueillent des artistes, des éditeurs et des lecteurs pour débattre, et découvrent l’abîme qui sépare artistes et éditeurs, ainsi que les difficultés de la production. Un album exige en effet toute une année de travail, et durant ce temps l’artiste ne perçoit aucun revenu. « On est sorties du congrès avec plein d’idées, et on a commencé à travailler régulièrement en collaboration avec l’ADEF pour enseigner l’art de la BD. Tous les ateliers que nous avons animés ensuite étaient constitués de deux activités parallèles : scénario et dessin » .

En mettant en place un atelier dans les quatre gouvernorats de Mansoura, Sohag, Alexandrie et El Minya, elles se rendent compte qu’à l’exception d’Alexandrie, il n’existe aucun espace dédié aux pratiques artistiques et que la BD y est inconnue. Elles ont toutefois la satisfaction de voir émerger des auteurs de talent, dont certains préparent actuellement leur premier album. « Nous faisons désormais le lien entre les gouvernorats dans lesquels nous avons travaillé et les acteurs de la BD », explique Najla Qoura. « Entre 2013 et la mi-2014, nous avons produit la revueL’Express, qui est une sorte de recueil de dix histoires illustrées réalisées par des artistes de dix villes différentes sur le thème « une journée dans ma vie » à partir d’une collaboration entre dessinateurs et scénaristes, à part quelques auteurs qui illustraient eux-mêmes leur texte.

Les ateliers ont continué ensuite, mais seulement au Caire en raison du coût élevé des déplacements vers d’autres villes. « Fin 2014, poursuit Sara El Masry, nous avons organisé l’atelier « Info Comics » sur le droit à l’information, avec le concours d’un organisme de soutien aux techniques de l’information. Nous avons ainsi réalisé deux numéros d’un magazine intitulé Houwa allak féne ? (Et il t’a dit où) ? Puis, en 2015, l’atelier professionnel pour des étudiants des Beaux-arts afin qu’ils puissent faire de la BD un métier leur permettant de vivre et de poursuivre leur création. Mazg a également soutenu et conseillé des magazines de BD publiés par des associations de défense des droits humains. »

Un projet d'archives

Fin 2015, Mazg s’est lancé dans un nouveau projet intitulé Barra l’Kader (En dehors du cadre) visant à faire le lien entre BD et presse avec le site allemand correspondents.org, qui couvre la région de l’Afrique du Nord en arabe et en anglais. Le grafic journalism consiste à mettre en dessins des dépêches ne pouvant être illustrées par des photos, autrement dit à permettre de lire entre les lignes. Initié avec quatre artistes égyptiens et quelques dessins postés sur le site d’information, le projet s’est étendu en 2016 à une vingtaine d’artistes arabes, essentiellement d’Afrique du Nord, pour présenter une bande dessinée complète grâce au travail conjoint des artistes et des journalistes. « L’idée était de faire de la BD un média et de présenter la matière de façon plus attractive, car les gens sont lassés de la présentation traditionnelle », explique Mouna El Masry.

Mazg travaille actuellement à un projet d’archivage à travers un site indépendant interactif qui retrace l’histoire du 9e art en Égypte depuis les années 1920 jusqu’à nos jours. Intitulé « Wiki Comics » , le projet est ouvert aux artistes et aux chercheurs, invités à l’enrichir et à l’utiliser comme source d’information, et il est illustré des couvertures des travaux répertoriés. En projet également, la production, en collaboration avec d’autres artistes, de mini-albums composés d’histoires courtes et faciles à imprimer et à distribuer, fabriqués avec du papier bon marché et vendus à bas prix.

Rencontres entre professionnels et amateurs

Le travail réalisé par Mazg durant ces quatre années a été en totalité le fait de ses fondatrices, dont le budget ne permettait pas de recruter des collaborateurs. Mais les liens personnels qui les unissent les ont aidées à poursuivre leur entreprise. Les sœurs El Masry et leur amie Najla Qoura sont en effet d’anciennes camarades de classe venues ensemble au Caire en 2005 pour y chercher le travail qu’elles ne trouvaient pas dans leur ville de Mansoura. Et même si chacune d’elle s’est frayé son chemin, dans le journalisme, le militantisme associatif, l’écriture ou l’art, elles ont toujours eu l’ambition de monter leur propre projet.

Les locaux de Mazg, situés dans le centre du Caire, accueillent chaque mois un auteur invité à s’exprimer sur un sujet donné à travers la BD. Des expositions sont également organisées et les amateurs peuvent venir lire à la bédéthèque, dont le fonds constitué de dons contient quelques ouvrages rares.

Si l’on peut aujourd’hui parler de projets et d’initiatives diverses dans l’art de la BD en Égypte — festivals, publications et logiciels spécialisés —, l’ambition de Mazg reste toutefois, comme l’explique Najla Qoura, de diffuser la culture de la BD et d’impliquer celle-ci dans d’autres domaines, plutôt que de produire nous-mêmes. Nous sommes un organisme de conseil, en relation avec de nombreux artistes, et nous souhaitons coopérer avec d’autres organisations de façon à encourager l’usage de ce média pour s’exprimer sur toute chose, car c’est un art dans lequel interviennent aussi bien des écrivains que des dessinateurs, des journalistes, des architectes, des urbanistes et des publicistes. C’est un média visuel, entre le mot et l’image, qui permet de transformer n’importe quelle idée en histoire .

Si Sara El Masry aspire à renouveler l’expérience avec les gouvernorats, mais cette fois plus nombreux, pour y constituer des groupes intéressés par la production, sa sœur aimerait pour sa part voir prospérer la BD en Égypte, avec un lectorat plus étendu et la possibilité pour les auteurs de réaliser leurs œuvres.

Par Hadir El Mehdaou - Source de l'article Orient XXI


mercredi 15 mars 2017

"Casawa" la BD qui rend hommage à Casablanca et à ses habitants



La nouvelle bande dessinée Casawa de Mohamed El Bellaoui illustre des personnages typiques casablancais qui expriment leurs souhaits, leurs envies et leurs attentes par rapport à la métropole.

Casablanca a désormais sa bande dessinée. Le support, intitulé Casawa, et conçu par l’artiste casablancais Mohamed El Bellaoui, plus souvent connu sous le nom de Rebel Spirit, a été présenté le 14 mars dans la capitale économique. L'oeuvre écrite en darija et en français par le caricaturiste, en partenariat avec la société de développement local Casablanca Events & Animation, célèbre la "vitalité de la métropole, son histoire, ses potentialités et l’énergie de ses habitants", d'après ses initiateurs.

"Cette BD représente des personnages typiques casablancais, par exemple des supporters de foot et des businessmans, des étudiants ou encore des gens des quartiers populaires, qui se font porte-parole citoyens de la ville. On a essayé de viser toutes les catégories de personnes", nous explique Mohamed El Bellaoui. Sur chaque vignette, "les personnages nous parlent de leurs souhaits, de leurs envies, et leurs espérances par rapport à la ville et à leur vie dans la ville", précise le caricaturiste.

                          





À l'origine de cette collaboration avec Wecasablanca, projet de rebranding de la capitale économique, se trouve la volonté de révolutionner le quotidien des Casablancais. "Je partage avec ce projet l'envie de changer le quotidien des habitants de la ville, que ce soit dans les espaces publics, les gestes à s’approprier en matière de tourisme, de transport, de sport, d’enseignement ou encore des valeurs de citoyenneté".

La BD qui met en relief les rues, les places, parcs et monuments de la métropole, est consultable en ligne. Casawa a été distribuée à l’occasion des visites scolaires de l’exposition dédiée au grand dramaturge marocain Tayeb Saddiki, et devrait être prochainement disponible en version papier dans les écoles publiques et privées de la métropole.


Par Christophe Sidiguitiebe - Source de l'article Telquel