mardi 26 mars 2019

FICAM 2019: Des couvertures du "New Yorker" à "L'Âge de glace", le dessinateur Peter de Sève se confie

Le dessinateur Peter de Sève montre un dessin du personnage de Sid, dans
Le dessinateur Peter de Sève montre un dessin du personnage de Sid, dans "L'Âge de glace".


Il est un des invités d’honneur de l’édition 2019 du Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM). Peter de Sève a travaillé avec les plus grands studios d’animation comme Pixar, Disney et Blue Sky, et a dessiné certains des personnages les plus connus de l’animation, dont ceux de la saga “L’Âge de glace”, notamment Scratch l’écureuil préhistorique -même s’il avoue préférer Sid. 

Depuis les années 90, Peter de Sève est aussi un des dessinateurs de la célèbre revue américaine The New Yorker. Certaines de ses couvertures ont d’ailleurs été exposées dans le hall de l’Institut français de Meknès, aux côtés des dessins réalisés pour “L’Âge de glace”.

Une carrière de plus de 30 ans qu’il a résumée au cours d’une masterclasspendant le festival, dans laquelle il a parlé de ses influences, son travail, mais aussi de certains des dessins réalisés pour des studios d’animation, comme pour “Le Bossu de Notre Dame”. “Ils n’ont pas utilisé beaucoup de mes idées, mais c’était très amusant de travailler dessus”, confie le dessinateur américain au HuffPost Maroc. A l’occasion de son passage à Meknès, nous avons rencontré cette figure indépendante de l’animation et du dessin de presse aux États-Unis.

HuffPost Maroc: Comment avez vous entendu parler du Festival international de cinéma d’animation de Meknès?

Peter de Sève: Par mon ami Carlos Saldanha (réalisateur de “L’Âge de Glace”, ndlr), qui est venu l’année dernière au festival avec sa famille et m’en a dit le plus grand bien. Il a parlé de moi à Mohamed Beyoud (le directeur artistique du festival, ndlr), qui m’a invité à venir cette année.

Vous avez travaillé avec beaucoup de grands studios. N’avez-vous jamais signé avec un seul?

Non, mais j’ai toujours été surpris que l’on ne m’ait jamais demandé l’exclusivité. Je suis surpris que Blue Sky (la société de production de “L’Âge de Glace”, ndlr) par exemple ne m’ait jamais demandé de ne travailler pour personne d’autre, ce qui est génial car cela m’a donné l’occasion de travailler sur plusieurs choses différentes et d’être indépendant. En tant qu’indépendant, je suis bien traité car je suis toujours un invité, ce qui n’aurait pas été le cas si j’avais signé avec un seul studio. J’aime être un invité, je me sens gâté.

Être indépendant est plutôt un luxe dans cette industrie…

Je n’oublie jamais que j’ai beaucoup de chance de pouvoir être un indépendant. Ce n’est pas toujours facile, car je ne sais jamais quand et d’où viendra mon prochain boulot. Mais je le fais depuis plus de 30 ans et je me suis débrouillé jusqu’à maintenant, mais je ne dirai pas que c’est facile tous les jours.

Vous êtes illustrateur, créateur de personnages, dessinateur... Pourquoi multiplier ainsi les casquettes?

La variété garde le travail intéressant. Je pense que si je ne me concentrais que sur une chose, le travail deviendrait vite ennuyeux et frustrant. Ce qui est bien quand on est freelance, c’est qu’à chaque fois que le téléphone sonne, il y a toujours la possibilité d’une nouvelle aventure, ce qui est très excitant.

Ces dernières années, les dessinateurs sont de plus en plus encouragés à respecter les sensibilités de certaines communautés. Comment votre travail a évolué dans ce contexte?

Mon travail est plutôt inoffensif, mais je dois être de plus en plus conscient de cela, et il est nécessaire de représenter différentes ethnicités quand je peux, ce qui n’a pas toujours été évident pour moi, un homme blanc issu d’un quartier majoritairement blanc. C’est ce que j’ai connu dans mon enfance. Je cherche aussi à représenter plus de femmes, il y a une sensibilité autour de ce sujet aux Etats-Unis, mais il y a une bonne raison pour cela, et je suis heureux de le faire.

Exposition Peter de Sève dans le hall de l'Institut français de Meknès

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Dans les couvertures exposées par le FICAM, on remarque qu’un des sujets dont vous aimez bien vous moquer est la figure du hipster américain. Pourquoi en avoir fais une de vos cibles préférées?

Ils sont assez irrésistibles, et ils sont drôles et faciles à caricaturer. Ce n’est pas que je les cible particulièrement, mais il est sûr qu’ils se prêtent à l’illustration.


Dans ce contexte actuel aux Etats-Unis, sous l’ère Trump, est-ce facile de le caricaturer?

J’y pense souvent. J’ai réalisé un seul dessin que j’aime bien de Donald Trump, celui où l’on voit l”Oncle Sam avec un alien qui sort de sa poitrine (en référence au film “Alien”, ndlr) et c’est Trump. Cela a été difficile pour moi de penser à de bonnes idées sur lui, car je suis tellement en colère et dégoûté par lui que je ne le trouve pas amusant et je ne saisis rien sur la satire autour de lui. Je ne trouve pas cette situation drôle mais tragique. Il est lui même tellement une caricature. Vous ne pouvez pas caricaturer une caricature. Vous ne pourrez jamais être assez obscène et absurde pour illustrer à quel point il l’est dans la vraie vie.

Par Salma Kouja - Source de l'article Huffpostmaghreb

lundi 25 mars 2019

Olivier Madiba (Kiro'o Games): «Créer des jeux qui règlent des vrais problèmes»

Olivier Madiba (Kiro'o Games): «Créer des jeux qui règlent des vrais problèmes»


La Game Developers Conference, le plus gros rassemblement de professionnels du jeu vidéo au monde, se déroulait du 18 au 22 mars à San Francisco. 

Selon des études menées par des cabinets de conseil internationaux, l'Afrique ne représente actuellement que 1% du marché mondial du jeu vidéo. Mais le continent représente aussi un fort potentiel pour les acteurs du secteur, puisque plus de la moitié de sa population a moins de 35 ans. Qui aime les jeux vidéo en Afrique ? Où joue-t-on le plus et comment ? Pour en parler, Olivier Madiba, fondateur de Kiro'o Games - le premier studio de jeux vidéo au Cameroun - répond aux questions de Magali Lagrange.

Magali Lagrange : qui sont les joueurs de jeux vidéo sur le continent africain ? Quel âge ont-ils ?

Olivier Madiba : les joueurs de jeux vidéo sur le continent, il y a des enfants qui jouent sur le smartphone de leurs parents, surtout des préados, on a les ados, qui jouent beaucoup à des jeux console, mais ils sont plus limité en quantité. Et on a les jeunes adultes, entre 18 et 35 ans qui jouent sur leurs smartphones.

Est-ce qu’on trouve ces joueurs toutes classes sociales confondues ou est-ce que, comme jouer aux jeux vidéo ça a aussi un coût, c’est plus restreint ?

C’est plus restreint parce qu’il faut être dans des capitales. La plupart du temps, c’est vraiment la population urbaine qui est moyenne – pas au sens occidental, mais au sens africain. Donc, vous avez par exemple des familles de taximan, qui ne représentent peut-être pas le niveau de vie moyen d’un Occidental, mais qui, ici, représente notre vraie classe moyenne. Ce sont des gens qui ont un revenu journalier de 5 000 à 15 000 FCFA. Dans leur entourage il y a des smartphones, du coup.

Sur quel support on joue généralement ? Des smartphones ?

Oui, c’est vraiment les smartphones. Les consoles ont vraiment des coûts trop élevés pour la plupart des ménages africains. Aujourd’hui, une PlayStation 4, c’est dans les 180 000 FCFA, c’est presque un mois entier de loyer d’un fonctionnaire camerounais. (Rires) Donc vous imaginez, un mois entier sur une console, ce n’est pas évident. Et puis, souvent, les consoles ont des types de jeu qui sont plus destinés à des core gamer, ça demande d’avoir du passif, de l’expérience, là où les jeux smartphone sont souvent plus grand public et moins exigeants en termes de culture de jeu.

Qu’est-ce que c’est un core gamer ?

Un core gamer c’est un peu moi, c’est celui qui joue à Street Fighter, à Final Fantasy, à Metal Gear. Donc celui, on va dire, qui est déjà à l’heure de ce qui se fait partout dans le domaine. Le casual gamer c’est plus celui qui va se dire « je suis dans une file d’attente, j’ai Candy Crush dans mon smartphone, je joue pendant 15 minutes et ça va ».

Mais alors, justement, pour jouer sur smartphone, il faut internet ?

Oui, mais en général juste pour télécharger les jeux. Les Africains choisissent beaucoup les jeux qui ne demandent pas de connexion permanente. Mais c’est vrai que ça dépend des villes, parce que, par exemple, au Cameroun, à Yaoundé et Douala, les télécoms ont mis ce qu’il faut pour de la connexion plus ou moins permanente. Ça dépend des villes de chaque pays.

Dans quel pays du continent on trouverait le plus de joueurs ? Où sont les plus grosses communautés de joueurs en Afrique ?

Nigéria, Afrique du Sud, Kenya, je pense. Les pays anglo-saxons avaient déjà pris beaucoup d’avance dans leurs infrastructures télécom et sont en général plus ouverts économiquement à ce genre de concept.

Le géant du web, Google, a présenté sa future plateforme de jeux vidéo en streaming, cette semaine, est-ce que c’est par là que peut passer, selon vous, l’avenir du jeu vidéo en Afrique ?

Il y a un énorme potentiel. Parce que, en effet, tout le monde pourra jouer à des jeux de très bonne qualité sans avoir le matériel qu’il faut. Par contre, le gros défi, ça va être le retard d’infrastructures. Parce que là Google se le permet parce que vous aurez la 5G en Occident d’ici 2021 environ. Alors que nous, si je ne veux pas être trop pessimiste, ce sera du côté de 2030 qu’on aura fait le saut effectif pour de la 5G palpable. Ça peut arriver plus vite, mais pas avant 2025. Il y a tout de même un gros potentiel, c’est clair.

Donc l’avenir du jeu vidéo en Afrique, l’avenir à moyen terme c’est quoi ? Plus de jeux sur smartphone encore ?

Déjà, je vais donner un truc : si vous faites des jeux vidéo en Afrique, il faut complètement changer de paradigme. L’image que j’aime souvent donner, c’est que les jeux vidéo comme Zelda ont marché en Europe parce qu’ils capitalisaient sur une culture du cinéma et du livre qui avait beaucoup installé l’univers de la cape et de l’épée – par exemple – dans l’imaginaire des enfants. En Afrique, ce que nous avons observé, c’est que souvent les gens ont tellement de problèmes que le fait d’aller tuer des dragons n’est pas forcément très alléchant dans leur esprit. Par contre, prenez une tout autre piste : essayez d’imaginer créer des jeux qui règlent de vrais problèmes, ou du moins qui expliquent comment régler de vrais problèmes, là vous tenez une formule. C’est ce que Kiro’o est en train de faire.

Mais ça, c’est très lié au quotidien des gens. Est-ce que les joueurs de jeux vidéo, en Afrique comme ailleurs, n’ont pas envie de s’évader quand ils jouent ?

Ah non ! Y a un truc qui est phénoménal chez nous, c’est qu’on adore, au contraire, le fait de pouvoir simuler notre réalité, mais en nous donnant une réécriture et un pouvoir là-dessus. On est très sous pression dans notre environnement. Donc si vous faites un jeu où vous me donnez le moyen de contrôler l’environnement dans lequel je vis, en fait c’est plutôt ce que moi je veux le plus vivre. L’évasion, ça vient chez les enfants, par contre.

Par Magali Lagrange - Source de l'article RFI 

dimanche 24 mars 2019

FICAM 2019: "Another day of life", quand le documentaire se met au service de l'animation

FICAM 2019:

Ce samedi 23 mars, le Festival international de cinéma d’animation de Meknès (FICAM) présentait “Another day of life” (à ne pas confondre avec “Another day of sun” de la B.O de “La La land”), des réalisateurs polonais Damien Nenow et espagnol Raul de la Fuente. 

Le long métrage, qui mêle animation et séquences documentaires, est une adaptation du livre de Ryszard Kapuscinski, d’“Une guerre à l’autre”, dans lequel ce dernier raconte le début de la guerre d’indépendance en Angola.

La trame se déroule en 1975, à la veille de la déclaration d’indépendance de cette dernière colonie d’Afrique. Alors que les colons portugais quittent à la hâte le pays, les prémices de la guerre civile apparaissent. Une guerre qui durera de 1975 à 2002 et fera plus de 500.000 morts.


Dans ce conflit, deux factions s’opposent: le MPLA socialiste, soutenu par Cuba, et les UNITA, “capitalistes” soutenus par l’Afrique du Sud et les Etats-Unis.

C’est dans ce chaos, surnommé “confusao” par les locaux, que l’on rencontre le personnage principal du film, Ryszard Kapuscinski, alias Ricardo, correspondant polonais en Angola.

Ce dernier tente désespérément d’atteindre le sud du pays pour interviewer une figure du MPLA, un Portugais ayant changé de camp, choisissant de combattre avec les Angolais contre les colons.

Commence alors un périple de tous les dangers pour Ricardo et ses camarades. Un récit ponctué par des séquences documentaires, faisant témoigner des personnages du film d’animation, dans l’Angola ou le Portugal contemporain. 

La fascination, voire l’obsession de Ricardo pour la guerre le pousse à risquer sa vie et celle des autres pour s’approcher le plus possible du front.

“Another day of life”, au delà de faire découvrir un pan peu connu de la guerre froide, interroge également sur la place du journaliste et son intégrité, dans un terrain de guerre où sa simple présence peut changer le cours des évènements.

En effet, si Ricardo reste moins engagé dans le conflit que son ami Arthur, qui se décrit lui-même comme un journaliste et militant du MPLA, il n’y a pas de doute sur le côté vers lequel sa sympathie penche, même si ce dernier évoque rapidement les exactions commises par les deux factions. 

Un film qui ne cache pas son admiration pour son protagoniste, au point de ne pas assez s’interroger sur le bienfait de ses actions.

Présenté hors compétition, “Another day of life″ est le fruit du travail d’une équipe internationale composée de plus de 200 graphistes et animateurs, explique le FICAM.

Par Salma Kouja - Source de l'article Huffpostmaghreb

jeudi 21 mars 2019

Ethiopia’s First Female Superhero Comic ‘Hawi’ is Here

The comic book digs deep through the trenches of history and is inspired by Ethiopian Queen Yodit Gudit.

Résultat de recherche d'images pour "Hawi centers a female superhero,"Barely a year since the founder of Etan Comics, Beserat Debebe, brought us the first ever Ethiopian superhero comic, Jember, he's back with yet another first. This time, his newest comic book Hawi centers a female superhero, a young Ethiopian woman named Ement Legesse, who is tasked with having to rescue her mother after she's abducted. The colorful visuals are stunning and showcase Debebe's talented team of African artists and their unique ability to capture the vibrancy of Ethiopia. A story about returning to one's roots and having the courage to rise above the challenges that come with seeking reconciliation and belonging, it's one we can all relate to whether literally or figuratively.

"The fact that Hawi is Ethiopian means a lot to me," Debebe tells OkayAfrica. For the 29-year-old creator of Etan Comics, having an Ethiopian superhero is meant to normalize the idea that Ethiopians and Africans in general can have an impact on the world. "I wish I had seen an Ethiopian superhero growing up," he says. "I would have embraced my ability to make a difference earlier and acted on it."

Courtesy of Etan Comics

Hawi follows the story of Ement Legesse, a young Ethiopian woman living in America with her mother. In the opening scenes of the comic book, it becomes apparent that Ement desperately wants to visit Ethiopia on a guided tour but her mother is against the idea. According to her, Ement can barely speak their native Ahmaric language and fears for her safety given that numerous young girls have been abducted in Ethiopia. It's quite clear that Ement is frustrated by her mother's refusal to allow her to visit her home country. As the story progresses, the two eventually visit Ethiopia together (yay!) only for Ement's mother, however, to be abducted (oh no!). This is where the story really begins. Now we won't tell you how Ement obtains her dope superhero abilities but what we can tell you is what inspires them.

Courtesy of Etan Comics

Debebe feels that people are their own barriers to progress and that their perceptions of themselves are a result of they and see and subsequently internalize. "Most of the time, the way we think about ourselves is the main barrier to our own progress," he says.

His biggest hope is that all of his superhero characters take away these barriers and allow boundless imagination among African youth. "And have as much fun as possible doing it!" he adds.

While Hawi focuses on how a young woman discovers and comes into her own power, there is another powerful and feminine figure: Ethiopia's Queen Yodit Gudit. Queen Yodit, who was alive circa 10th century AD, earned the nickname "Esato" which is Ahmaric for "fire" among her Ethiopian people. Not only did it speak to her fiery spirit but more so her reputation for burning down architectural landmarks as well as churches following her great conquests. As centuries have gone by, the motives behind a number of things she did have been eroded by time and become lost along the way. However, they may very well become reborn in Ement.

Courtesy of Etan Comics

Hawi is a beautiful interweaving of the past and the present. It is a historical fantasy that is set in modern-day Ethiopia and draws from the mysteries of the kingdoms and queendoms of Ethiopia's rich past. This seems to be a signature style for Debebe who, in his first comic Jember, explored the ancient East African civilization known as the Kingdom of Punt.

Hawi is almost complete although Debebe has set up a kickstarter to ensure that the remaining costs of production are covered. The comic book will be available in both Ahmaric and English translations.

By RUFARO SAMANGA - Source of article Okayafrica

vendredi 8 mars 2019

Au Cameroun, Kiro'o Games veut lever jusqu'à 1 million $ pour passer à sa prochaine phase de progression

Au Cameroun, Kiro'o Games veut lever jusqu'à 1 million $ pour passer à sa prochaine phase de progression

Kiro'o Games, une entreprise fondée par le jeune promoteur camerounais Olivier Guillaume Madiba et qui est spécialisé dans le développement du jeu mobile, serait en train de préparer une nouvelle levée de fonds de 1 million $, avec un premier closing espéré à 300 000 $, a-t-on appris d’une source proche du processus.

« Les détails sur l'opération ne sont pas encore disponibles, mais effectivement l’opération est confirmée et sera lancé dans un bref délai, et une campagne à cet effet a même déjà débuté avec certains investisseurs et porte des fruits », a confié à l'Agence Ecofin, un des responsables de l'entreprise qui est basée dans la capitale camerounaise de Yaoundé.

Cette nouvelle levée de fonds, après les 250 000 $ mobilisés pour le lancement, servira à positionner l'entreprise et son projet dans sa prochaine phase de développement. L'opération prendra la forme, non plus d'un crowdfunding, mais plutôt d'une ouverture de capital. Une option qui permettra à des investisseurs en quête d'opportunités de croissance rapide et de sorties rentables de pouvoir se positionner.

« Nous avons une large vision de notre projet, qui n'est pas seulement celui de créer un jeu vidéo qui rappellerait des histoires et anecdotes africaines. Il est clair que nous préférerions voir des gens se divertir avec nos produits plutôt que ceux des autres. Mais au delà, nous voulons créer un écosystème et le studio de production n'est qu'un point de départ », a confié Madiba Olivier, il y a un an, lors d'une discussion publique avec des jeunes, sur l'auto-développement.

Kiro'o Games fait partie des faces visibles de entrepreneuriat camerounais dans le domaine de l'innovation technologique. Partie d'une idée d'étudiant qui n'en pouvait plus de se divertir avec les jeux des autres, son promoteur ambitionne désormais de suivre le business model qui a soutenu des groupes aujourd'hui devenus des géants, comme Amazon ou Facebook.

L'ambition affichée est de construire avec le plus grand nombre et offrir des opportunités de plus-values intéressantes au bout de quelques années. L'entreprise a indiqué, dans un rapport à ses investisseurs et dont Ecofin a eu copie, que son premier jeu, "Aurion", avait reçu un retour favorable de la communauté des joueurs, avec un volume cumulé de 100 000 téléchargements.

Par Idriss Linge - Source de l'article Agenceecofin

lundi 4 mars 2019

La face cachée de l’Afrique : une industrie des jeux vidéo en pleine émergence

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Alors que le marché des jeux vidéo a généré près de 120 milliards de dollars en 2017, on estime qu’il pourrait atteindre jusqu’à 235 milliards d’ici 2022. 

Toujours est-il que pour l’instant, l’Afrique ne représente que 1% de cette industrie. Les choses pourraient néanmoins bientôt changer puisque le marché des jeux vidéo se dynamise petit à petit sur le continent africain.
Les jeux mobiles : un accès plus facile

Comme les consoles et les ordinateurs sont encore beaucoup trop cher pour la majorité des Africains, ces derniers se tournent le plus souvent vers les jeux mobiles. En effet, de nombreux développeurs conçoivent désormais des applications qui peuvent être utilisées sur portable pour répondre à la demande croissante des consommateurs africains. Cette tendance est notamment très présente dans la niche des casinos en ligne. Pour se faire connaître, ces sites web offrent des promotions à leurs nouveaux utilisateurs. À titre d’exemple, le Casino LeoVegas accorde des tours gratuits à ces clients, et ce, sans qu’ils aient besoin de faire un dépôt initial. Notons qu’il existe des plateformes spécialisées qui permettent de faire une comparaison facile entre les différents casinos en ligne pour trouver les meilleurs bonus. Par conséquent, il est préférable d’effectuer des recherches exhaustives avant de choisir un casino en ligne.


L’émergence de jeux locaux

À l’heure actuelle, de nombreuses sociétés de production de jeux vidéo émergent aux quatre coins de l’Afrique. Certains d’entre eux ont connu un succès international grâce à leurs créations. C’est le cas de l’entreprise camerounaise Kiro’o qui a connu un grand succès avec le jeu d’aventure Aurion. Bien que leurs moyens restent limités, il y aurait tout de même près de 300 studios dispersés sur le continent. Des entreprises ont même fait leur apparition en Centrafrique et à Madagascar. Selon Sidick Bakayoko, créateur de la société ivoirienne Paradise Game, les concepteurs de jeux vidéo doivent mettre l’accent sur la richesse culturelle de leurs pays afin de se démarquer de leurs concurrents américains et asiatiques. Ce constat est d’ailleurs corroboré par les propos de l’analyste Thierry Barbaut. « Si on veut développer un jeu, en étant Ubisoft par exemple, sans connaître la culture africaine, c’est quasiment impossible », a-t-il déjà déclaré dans une entrevue accordée au média Sputnik.


Des rassemblements pour attirer les foules

Source : Compte @ParadiseGame.net sur Facebook

Plusieurs événements visant à faire la promotion des jeux vidéo sont désormais organisés en Afrique, comme en témoigne la tenue de la deuxième édition du Festival de l’électronique et du jeu vidéo d’Abidjan (FEJA) ayant eu lieu du 23 au 25 novembre dernier. En plus de permettre à des jeunes de participer à un tournoi de jeux vidéo, ce festival avait comme objectif d’expliquer aux intéressés comment cette industrie fonctionne. En organisant l’événement, l’entreprise Paradise Game voulait éduquer la population sur les métiers auxquels toute personne ambitieuse peut aspirer.

En somme, l’Afrique est un terreau fertile pour les développeurs de jeux vidéo qui sont à la recherche d’un grand potentiel de croissance. Alors que l’industrie est à ce jour principalement dominée par l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigéria et l’Algérie, d’autres pays comme le Cameroun commencent à s’imposer comme des acteurs de premier plan.

Par Francky - Source de l'article AfrikMag

samedi 2 mars 2019

Ghana - Eyram Tawia : « Être les pionniers dans l'industrie du jeu vidéo »

Apres son retour de la Finlande au Ghana, Eyram a effectue de nombreuses recherches pour determiner a quoi devrait ressembler le jeu sur le continent. Ses deux produits phares : Africa's Legends et Reawakening.

Le cofondateur du studio ghanéo-kényan Leti Arts croit au potentiel gigantesque mais encore inexploité d'un jeu vidéo continental.

Au Ghana, Leti Arts développe actuellement un jeu de super-héros inspiré des légendes et la culture de chaque pays africain. Les missions que doivent relever les joueurs dans leur quête font écho à l'actualité chaude du continent. Africa's Legends Reawakening, qui devrait sortir d'ici à la fin de l'année, s'ancre dans une réalité qui correspond aux attentes de toute une génération. 
C'est du moins le pari que font les développeurs, qui ont dû s'adapter au manque d'infrastructures locales. Pour Eyram Tawia, ils sont aux débuts d'une industrie prometteuse.

Le Point Afrique : Le succès du film Black Panther sur le continent a confirmé l'intérêt du public à suivre les aventures de super-héros africains. Africa's Legends Reawakeningentend-il surfer sur la même vague ?

Eyram Tawia : Le succès de Black Panther ne fait que confirmer ce qu'on sait déjà. Il y a de très grandes ressources dans chaque pays, du Mali au Nigeria ou la Somalie, mais qui n'ont jamais vraiment été exploitées. Africa's Legends Reawakening met en scène des héros inspirés de la mythologie et du folklore africain. Ça nous a demandé un grand travail de recherches historiques en amont pour que le design soit parfaitement cohérent. Par exemple, la cheffe des héros, Tolo, vient du peuple dogon du Mali. Elle est représentée avec le symbole kanaga, mais son masque a été modernisé... Vous avez le héros masaï, l'homme-araignée de l'ethnie ashanti du Ghana, mais aussi le couple de sapeurs du Congo... Le joueur va donc choisir l'un de ces héros, qui peut correspondre à son pays d'origine. Au fil des missions, il va rencontrer les autres personnages. Cette collaboration, que l'on veut sous le signe de l'unité africaine, va les mener dans une quête commune. Si vous jouez avec Ananse, vous commencez au Ghana. Puis, au chapitre 2, vous êtes envoyé au Nigeria, et ainsi de suite jusqu'à ce vous ayez rencontré toutes les « legends ». On veut en quelque sort s'inspirer du monde de Marvel avec les Avengers : les héros vont s'étoffer et s'associer.

Tolo Sagala est un personnage central de l'histoire du peuple Dogon au Mali. Sur le plan scientifique les Dogon ont par exemple découvert l'étoile de Sirus B avant les Français en 1930. © DR

Dans ce jeu de rôle, chaque joueur, avec son avatar de héros, devra relever des missions ponctuelles. Pourquoi avoir choisi des défis réalistes ?

Les héros viennent d'un univers imaginaire, mais les méchants peuvent être un président corrompu, un rebelle, un braconnier, un leader religieux extrémiste... Autant de figures qui sont malheureusement communes sur le continent. Les héros doivent s'associer pour empêcher leurs ennemis de mettre en œuvre leur plan maléfique. En parallèle, vous avez en effet des missions. 
Vous pouvez être à la recherche d'une épée magique au Mali, puis, soudain, vous êtes appelé pour empêcher une explosion en Afrique du Sud. D'un point de vue purement ludique, cela permet de maintenir une dynamique dans le jeu. Pour imaginer ces missions, on s'inspire tout simplement de problématiques concrètes. On pourra par la suite les actualiser en temps réel en fonction de l'actualité. Pour lancer le jeu vidéo en Afrique, on ne peut pas juste faire du Candy Crush ou du Angry Birds. Notre but, c'est de faire de Reawakening, une sorte de journal ou de média éducatif en format jeu vidéo.

Eyram Tawia, PDG et fondateur de Leti Arts. © DR
Vous défendez le potentiel du jeu vidéo en Afrique. Mais dans quelle mesure l'accès disparate aux technologies ou la qualité aléatoire des réseaux peuvent-ils être des freins au développement de cette industrie ? 

La culture du gaming est encore balbutiante en Afrique, bien sûr, mais nous voulons être les pionniers d'une industrie réellement nouvelle. Chaque produit que nous allons proposer doit servir à faire connaître le jeu vidéo. Nous avons déjà sorti un premier jeu, Africa's Legends, qui servait de test pour visualiser quel type de jeu pouvait séduire. Mais on a réalisé que ce jeu ne pouvait pas être compétitif car nous avions trop voulu imiter les jeux existants, venus d'Occident. Il faut bien se rendre compte que nous devons relever des défis dans cet écosystème africain, au niveau des infrastructures. En Europe, aux États-Unis, ce sont des jeux au graphisme ultra-développé, avec des effets 3D, etc. Ça ne peut pas fonctionner ici ! En revanche, nous avons remarqué que les gens ici sont très actif sur Whatsapp ou Messenger.

Alors, comment créer un jeu de qualité, classé triple A, tout en s'adaptant aux plateformes avec lesquelles les gens interagissent déjà ?

Nous avons donc imaginé un design unique. Si vous jouez avec un téléphone mobile basique, le jeu apparaîtra via une interface textuelle. Si vous jouez sur Facebook Messenger, vous verrez les premiers graphiques. Si vous jouez sur PlayStation ou X Box, vous aurez la version 3D classique sur ces plateformes.

À long terme, estimez-vous pouvoir créer un nouveau marché ?

Bien sûr. Microsoft, Samsung, Google... toutes ces entreprises sont déjà implantées en Afrique. Les infrastructures se développent, les coûts d'accès aux technologies, à Internet, diminuent. Que se passera-t-il une fois que nous aurons des infrastructures décentes ? Jusqu'ici, l'Afrique ne contribuait pas du tout aux revenus développés par l'industrie du jeu vidéo : sur le continent, nous sommes près d'un milliard d'habitants. Imaginez si seulement 10 % de la population se mettait à jouer pour de bon aux jeux vidéo... 

Il existe déjà sur le continent des jeux ancrés dans la culture locale, par exemple le RPG Aurion développé par Kiro'o Games au Cameroun. Qu'est-ce qui empêche de voir naître une véritable industrie vidéoludique ? 

Le jeu vidéo est encore une niche en Afrique. Mais les professionnels ne communiquent pas entre eux. Vous avez des scénaristes, des graphistes, des dessinateurs, des développeurs de talent dans chaque pays. Mais rien ne permet de les faire dialoguer. Leti Arts, en association avec d'autres studios, a lancé, l'an dernier seulement, sa propre plateforme de publication, appelée Afrocomix, qui regroupe pour l'instant l'animation et la bande dessinée. Reawakening sera le tout premier jeu disponible sur Afrocomix. Si vous faites une recherche en ligne d'entreprises africaines de jeux vidéo, vous verrez que nous sommes fragmentés. Chacun fait son truc dans son coin. En tant que pionniers, nous avons voulu rassembler ces contenus sur une application unique qui deviendra le passage obligé pour qui cherchera un jeu de super-héros en Afrique. On parie que Afrocomix va vraiment changer la façon de consommer.

Par Justine Boulo - Source de l'article Le Point Afrique

vendredi 1 mars 2019

Jeux vidéo, réalité virtuelle et cinéma made in Burkina : « Starplace » dans la place !



« Starplace », le nouvel incubateur panafricain spécialisé dans la promotion des jeux vidéo, de l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle, le cinéma 2D et 3D, a été officiellement lancé ce vendredi 1er mars 2019 à Ouagadougou. 

C’était en présence de plusieurs autorités dont le ministre de la culture et son collègue du commerce, le Maire de Ouagadougou, le Délégué Général du FESPACO, le 4e Vice-Président de l’Assemblée nationale et une délégation de l’Ambassade du Canada.

Depuis quelques années, les jeux vidéo ont vu leur popularité exploser à travers le monde. Ces divertissements occupent de nombreux jeunes de couches différentes. Cependant, l’industrie des jeux vidéo est peu connue dans certains pays d’Afrique notamment au Burkina Faso.

Le Burkina Faso ne disposait d’ailleurs pas de structure qui accompagne les initiatives des jeunes dans le développement des jeux vidéo ni dans la réalité virtuelle. Afin de favoriser et valoriser l’entrepreneuriat et l’innovation notamment dans les industries de jeux vidéo, de la réalité virtuelle et du cinéma 2D et 3D, « Starplace » fait place nette.

Quelques-unes de ses multiples missions consistent à travailler à mettre en lumière la créativité africaine sur le marché mondial, à agir activement sur les défis rencontrés par les start-ups dans le co-working, dans la valorisation et la commercialisation des produits, dans le développement d’expertise et dans la conquête du marché international.

Premier incubateur de ce genre présent au Burkina, Starplace a officiellement ouvert ses portes ce 1ermars à 24h de la cérémonie de clôture du FESPACO 2019. Une édition spéciale pour les acteurs du cinéma et de la télévision qui célèbrent les 50 ans du FESPACO et un jour particulier pour tout le pays qui fête 100 ans d’existence.

« Vous avez notre soutien » (Délégué général du FESPACO)

Starplace entend créer les héros de demain, les champions de demain et les légendes de demain. L’incubateur veut faire de Ouagadougou une référence dans les domaines des jeux vidéo, de la réalité virtuelle et du cinéma 2D et 3D. Le Président de Yulcom Technologies, Jérôme Lankoandé, promoteur du nouvel espace lancé, a tenu à saluer le soutien et l’abnégation des autorités qui ont bien voulu faire le déplacement.

« Vous avez notre soutien », a déclaré le Délégué général du FESPACO, Ardiouma Soma. Le Maire de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, s’est dit « comblé » car dit-il, Starplace contribuera sans doute à faire de la Capitale burkinabè une « smart city » (Ndlr : Ville intelligente). Pour les ministres de la culture Abdoul Karim Sango, et du commerce, Harouna Kaboré, Starplace permettra de contribuer à conjuguer culture, business et modernité tout en « rentabilisant le business culturel ».


« Jérôme (Lankoandé) fait partie des jeunes qu’il faut saluer et encourager. Au lieu d’insulter sur Facebook, il faut faire comme lui », a lancé le ministre de la culture. Avant la coupure du ruban et la visite des locaux de l’espace de développement, des accords ont été signés entre Yulcom et FESPACO et entre AFP/PME et Yulcom.

A l’issue de cette cérémonie de lancement, les gagnants du hackathon ont reçu leurs prix. Ce concours a été initié à l’endroit d’une trentaine de développeurs et de graphistes formés dans le développement des jeux vidéo par Starplace depuis le dimanche 24 février dernier.

Source de l'article Theworldnews

samedi 5 janvier 2019

Exclu- Cheikh Tidiane Diouf, créateur du jeu vidéo Lamb : « Le jeu est en téléchargement gratuit et les avis sont très positifs … »

wiwsport.com_ Exclu- Cheikh Tidiane Diouf, créateur du jeu vidéo Lamb : « Le jeu est en téléchargement gratuit et les avis sont très positifs … » Lamb



Agé de 27 ans, Cheikh Tidiane Diouf est un jeune programmeur qui vient de créer un jeu vidéo destiné à la lutte sénégalaise. Initiateur du jeu vidéo « Lamb », Cheikh explique dans cette interview avec wiwsport.com ce qui l’a motivé, ses objectifs et les perspectives de ce projet.

Vous venez de créer un jeu vidéo destinée à la lutte, qu’est-ce qui vous a motivé ? 

La lutte sénégalaise est notre sport national et est dans le cœur de tout sénégalais. La conception du jeu vidéo Lamb est venue naturellement. C’est d’abord une idée de mon grand frère. Il m’en avait parlé avant même que je ne fasse la programmation. Il trouvait dommage qu’il n’y ait pas de jeu vidéo sur la lutte sénégalaise.

Ainsi quand j’ai voulu faire connaître mon entreprise, je me suis dit il faut que je fasse un truc qui touchera tous les sénégalais et je me suis rappelé de son idée. En plus j’ai trouvé que le jeu vidéo est un bon moyen de faire connaître notre culture. Tous les sports de lutte possèdent un jeu vidéo Alors pourquoi la lutte sénégalaise n’aurait pas un jeu vidéo la représentant ?



C’était difficile de créer un jeu vidéo assez particulier sur la lutte ?

Franchement c’est le projet le plus difficile que j’ai eu à réaliser. Généralement un jeu vidéo 3D est réalisé par une équipe de développeurs, modélisateurs 3D, animateurs 3D et dessinateurs digital tout ça accompagné par des matériels adaptés. Alors si je vous dis que j’ai conçu ce jeu de A à Z tout seul et avec un ordinateur pas puissant.

Vous aurez une petite idée de tout ce que j’ai dû endurer et pour couronner le tout c’est la première fois que je réalise un jeu vidéo. Au début du projet, il y a quelques mois je ne connaissais rien à la conception de jeux vidéo. La difficulté particulière sur la réalisation d’un jeu vidéo sur la lutte sénégalaise est que tout doit être réalisé par le concepteur, ce n’est pas comme réaliser un tout autre jeu dont on trouverait facilement des projets semblables sur le net et quelques fois trouver des modèles préfabriqués et offerts.

Les jeux d’affrontements corps à corps est le type de jeu le plus difficile à réaliser à cause de l’intelligence artificielle qui doit anticiper toutes réactions du joueur. Franchement ce jeu vidéo fut difficile à réaliser.

Sur quels critères choisissez-vous les combattants dans le jeu ?

Je choisis les lutteurs selon leurs performances durant la saison. Je veux chaque fin d’année intégrer les 15 à 20 combattants les plus remarquables durant la saison.

Pensez-vous que le monde de la lutte va adopter l’application ou le jeu vidéo ?

Le jeu vidéo Lamb est assez simple à utiliser. Il est gratuit et disponible en téléchargement sur Play Store. Ma cousine de 5ans arrive à l’utiliser. Je suis même surpris de la façon dont le monde de lutte à accueilli le projet. Je savais que ça allait plaire mais je ne pensais pas qu’ils allaient l’adopter aussi rapidement.

Qu’est-ce qui vous a permis de réussir à mettre en place ce projet ?

C’est le soutien de la famille avant tout. Nous africains n’avons pas trop l’habitude de l’entrepreneuriat, sans une famille compréhensive et patiente je crois que je n’en serai pas là. Il est vrai que je suis une personne très déterminée, qui ne se fixe pas de limites et ambitieuse mais je crois que si j’ai pu réaliser ce projet c’est surtout grâce aux soutiens de la famille.


Quel est votre principal objectif dans ce projet ?

Dans l’immédiat j’aimerais bien avoir un investisseur ou des sponsors pour m’accompagner à réaliser la deuxième version. Cette première version c’était surtout pour montrer que mes obstacles ne sont que matériels et si j’avais les fonds nécessaires je suis capable de réaliser un jeu vidéo qui n’aurait rien à envier à ceux produits par les grosses boîtes européennes et américaines.

Avez-vous été contacté par des bonnes volontés ou des futurs collaborateurs pour booster ce projet ?

Non pour le moment je n’ai pas été contacté ni par une autorité encore moins par de potentiels investisseurs ou sponsors. Nous continuons à lancer des appels en ce sens.

Êtes-vous prêts à travailler avec certains promoteurs ?

Je suis ouvert à toutes propositions, car il est évident que je ne peux pas poursuivre le projet tout seul. Si j’ai lancé cette première version c’est surtout pour faciliter mes futures collaborations.

Quelles sont les perspectives du jeu vidéo Lamb ?

L’objectif c’est de voir un jour le jeu Lamb dans les consoles telles que Playstation et Xbox et ainsi permettre au monde de découvrir notre culture à travers un jeu vidéo. Soyons « dof » pourquoi pas un jour posséder notre propre console. Si nous sommes accompagnés c’est possible.
Par Mohamed El Amine Diop  - Source de l'article Wiwsport

vendredi 21 décembre 2018

1er salon de jeu vidéo au Mali et de bandes dessinées : Un univers s'ouvre pour les bédéphiles et les amateurs de jeux vidéo



Pour sa première édition, la fête de la BD et des jeux vidéo s’installe au mémorial Modibo Keita pour y déployer ses traditionnels chapiteaux les 21, 22 et 23 Décembre 2018. 

Et c’est dans ce bel écrin de verdure Bamakois que le salon propose la multitude d’activités qu’elle a confectionné pour les amateurs. Les organisateurs du salon étaient devant la presse le Mercredi 19 Décembre 2018 à l’Institut Français de Bamako et ont étalé l’alléchant programme du salon.

Selon le PDG de planet A Mohamed Coulibaly, a entamé ses propos en présentant planet A qui est une nouvelle agence de communication implantée dans plusieurs et avec une nouvelle vision pour révolutionner le secteur. Que planet A, c’est du divertissement, de la magie, du rêve, des découvertes, de l’information et de la sensibilisation etc. 

Il a fait savoir que ce premier salon qui s’ouvrira à Bamako, sera une aubaine pour les bédéphiles maliens et autres jeux vidéo et des super-héros de mieux cerner le langage de leurs héros et de voyager dans leur univers. Il a décortiqué le programme du salon qui sera parsemé de jeux et divertissements, des conférences pour faire ressortir les bienfaits des jeux et bandes dessinées sur le développement des enfants, des ateliers, des prestations culturelles, des expositions et des cosplay afin de découvrir les histoires autours des jeux mais aussi sur les supers-héros des BD. 

Les héros africains comme les Soundiata Keita et autres seront aussi de la fête. Du 21 au 23 Décembre 2018, les bédéphiles découvriront toutes les histoires autours de leurs passions et auront l’occasion d’être en face d’éminents expert du domaine qui leur relateront leurs aventures. Un univers s’ouvre au mémorial Modibo Keita pour les passionnés des BD et des jeux vidéo afin de leur permettre faire découvrir ce monde.

Par Moussa Samba Diallo - Source de l'article Bamada

lundi 17 décembre 2018

Les rêves de grandeur du jeu vidéo africain

Les studios africains de jeux vidéo comptent sur une "African touch" pour intéresser un public le plus large possible. 

Sidick Bakayoko, fondateur de Paradise Game, détaille à France 24 les ambitions vidéoludiques d'un continent.



Par Faniry ANDRIAMIHAJA - Source de l'article France 24

vendredi 14 décembre 2018

Jeu vidéo : Housseyni Issa Sani conçoit, "Les Héros du Sahel"


Le jeune homme est un véritable touche-à-tout. Agé de 24 ans, il est professeur d’arts plastiques, directeur d’une agence de design, concepteur de jeux vidéo made in Niger.

Malgré son jeune âge, le natif de Niamey souhaite montrer aux yeux du monde entier que les jeunes africains ont du potentiel et tout est possible, surtout quand l’on décide de changer réellement les choses. "Les Héros du Sahel" est un jeu 100% nigérien qui s’adresse à toutes les catégories d’âge et à toutes les couches sociales. Il est disponible en téléchargement gratuit sur la plate-forme Mediafire.

Le jeu est conçu pour trois types de plates-formes que sont les téléphones androïdes, les ordinateurs et le Nintendo. « Ce jeu m’a pris six mois de labeur et je n’ai bénéficié d’aucun investissement financier. Il détient sa source de la bande dessinée "Shamou, le guerrier soleil", que j’ai également élaborée. Il s’agit là d’un héros national qui utilise l’énergie solaire pour combattre les méchants avec un bouclier à la forme d’une croix Tahoua », a expliqué Issa. Ce jeune entrepreneur, en même temps directeur de l’agence MogMedia Design, a indiqué que son jeu met en scène un seul personnage. Tout au long de l’aventure constituée de quatre étapes, le décor est typiquement nigerien. La musique d’animation est produite par Mamane Malam Barka et les villages portent des noms locaux. Quant au personnage, son costume est aux couleurs du drapeau nigérien.


Housseyni Issa Sani soutient que sa détermination provient de son irrésistible envie de démontrer qu’il est aussi possible de créer au Niger des produits relevant du secteur du divertissement électronique. « Nous avons rencontré des obstacles, n’ayant pas reçu une adhésion totale à nos débuts. Néanmoins, notre produit final démontre que tout est possible avec la détermination », se réjouit-il.

Par ailleurs, il a créé son entreprise avec un capital de trois cent mille FCFA. Issa offre des services dans le domaine des multimédias, du web design et des jeux vidéo. Pour la suite, le jeune concepteur souhaite adapter ce jeu vidéo en un film d’animation. A cet effet, il encourage les jeunes africains en général et nigériens en particulier à consommer davantage les applications locales.

Par Rude Ngoma - Source de l'article Adiac Congo 

Gazkar, le jeu vidéo 100% malgache et rentable


La start-up malgache Lomay a développé un jeu de course de voitures qui totalise déjà 20 000 téléchargements. 

Le jeu est rentable grâce à des partenariats avec des grandes entreprises installées sur l’île et l’achat de fonctionnalités supplémentaires par les joueurs.

Lomay a créé le premier jeu vidéo 100% Malgache : Gazkar, un jeu de course de voiture. Les immeubles, rues et véhicules sont inspirés de l’île. Il se joue sur mobile et peut être téléchargé gratuitement.

Mais le jeu est aujourd’hui rentable pour ses créateurs. Il y a trois ans, lorsqu’ils ont développé Gazkar, ils ont sollicité des grands groupes installés à Madagascar. Parmi eux, Orange, qui est aujourd’hui l’un des plus grand partenaires de la jeune entreprise. En contrepartie de son soutien financier, le groupe a droit à des panneaux publicitaires intégrés dans le jeu.

Dans Gazkar, les joueurs peuvent également acheter une nouvelle voiture ou des fonctionnalités qui augmentent leurs chances de gagner. Des achats virtuels qui rapportent de l’argent aux créateurs. Le paiement est possible par paiement mobile et via carte bancaire.

Nouvelle version

Sur les 68 000 utilisateurs, 10% ont déjà acheté des articles. « On pourrait créer une industrie du jeu-vidéo à Madagascar », estime Matthieu Rabehaja, un des créateurs de Lomay.



Le jeu vidéo dans le monde pèse plus de 170 milliards de dollars. Un marché jusqu’ici dominé par trois pays : les État-Unis, le Japon et la Chine. La start-up a annoncé la sortie de la deuxième version de Gazkaz et de son nouveau jeu Dahalo pour fin 2018.

Un reportage de Réussite, une émission coproduite par Canal+ et Galaxie Africa (groupe Jeune Afrique), diffusée tous les premiers samedi du mois sur Canal+ en Afrique et A+ en France.

Source de l'article Jeune Afrique

vendredi 7 décembre 2018

Festival bilili BD : la troisième édition a ouvert ses portes aux jeunes talents


Depuis le 4 décembre, Brazzaville vibre au rythme du Festival international de la bande dessinée (BD) du Congo qui réunit, jusqu'au 8 décembre, plusieurs acteurs du domaine venus d'Afrique et d'Europe. 

L'événement qui fait de Brazzaville la capitale africaine de la BD et ses arts voisins (dessin animé, digital painting, jeu vidéo…) en cette fin d’année, est une opportunité pour les jeunes dessinateurs qui souhaitent s’exprimer devant non seulement les professionnels en la matière mais aussi devant les producteurs, éditeurs et autorités. Ce festival né de la volonté conjointe entre l’artiste et auteur des BD Elyon’s et l’Institut français du Congo (IFC) se déroule chaque première semaine du mois de décembre. Il est le dernier festival du genre sur le continent. Festival bilili BD permet aux auteurs locaux de gagner en visibilité tout en nouant des relations avec des éditeurs internationaux et les promoteurs culturels. Il participe également à la promotion de cet art.

Contrairement aux deux premières éditions, celle-ci regroupe plus de mille personnes à l’IFC, avec des invités venus de l’intérieur du Congo, du Rwanda, de la France, du Cameroun, de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Maroc, du Sénégal, du Nigeria et bien d’autres pays. L’accès et la participation à ce festival annuel sont totalement libres. « La particularité de cette édition est que nous aurons des invités de marque. Il y aura des grands éditeurs de la bande dessiné francophone. Nous aurons la présence du directeur du festival de la bande dessiné d’Angoulême qui est le plus grand festival en Europe et dans la francophonie. Dans quelques années, ce festival fera du Congo en particulier et de l’Afrique centrale en général une référence de la BD en Afrique », nous confiait Elyon’s, fondatrice du festival, avant l'ouverture de cette édition.

Célébrée autour de la thématique « Métissages graphiques», la troisième édition du Festival international de la BD du Congo met en exergue plusieurs activités comme les expositions et vente des ouvrages, les ateliers, la foire, les projections des films, des concours et des conférences-débats. 

Par Rude Ngoma - Source de l'article Adiac Congo

mercredi 5 décembre 2018

Avec 500 millions de joueurs, l'Afrique veut sa place dans l'industrie vidéoludique





En marge de l’aspect compétition qui regroupe 11 Nations, Orange Esport Experience qui se tient dans le cadre du Dakar Digital Show offre, à travers des panels une opportunité d’aborder les réalités, les tendances et les enjeux du secteur vidéoludique.

L’industrie des jeux vidéos s’est imposée dans l’écosystème digital au point de devenir la première industrie culturelle dans le monde, devant le Cinéma ! Aujourd’hui, le chiffre d’affaires tourne autour de 120 milliards de dollars de Chiffre d’affaires. Un marché mondial dominé à 47% par l’Asie. Si l’Afrique est encore loin, voire très loin (moins de 1%), le regard commence peu à peu à changer tant le continent commence à être vu comme un futur point central, grâce à la progression exponentielle du potentiel existant.

La révolution du mobile comme socle

Si l’on en croit Serge Thiam, Directeur de la stratégie digitale de Stay Connect et consultant en Gaming, de 23 millions de joueurs il y a quatre ans, l’Afrique dénombre aujourd’hui pas moins du demi-milliard de gamers ! Forte de sa population très jeune et dynamique, le continent devrait, dans les années à venir, constituer un centre névralgique dans le domaine vidéoludique, en s’appuyant notamment sur l’impressionnante poussée des smartphones et autres tablettes, constituant une alternative magique à la difficulté de l’équipement traditionnel. En témoigne l’engouement autour de la première édition d’Orange eSport Experience organisée à Dakar.

L’enjeu est réel puisque derrière l’aspect ludique souvent mis en lumière, se cache une énorme mine d’opportunités avec plus d’une vingtaine de métiers très rentables qui tournent autour du eSport et pouvant créer, à terme, des millions d’emplois dans le continent africain. Cela va du joueur professionnel au commentateur eSport, en passant par les contents manager, les streamers, les agents de joueurs, les analystes de données, les éditeurs et autres designers…

La contrainte majeure reste l’accès à Internet, incontournable pour aborder les exigences modernes du gaming et véritable trait d’union entre les différents aspects du jeu. Et c’est là que les attentes envers les opérateurs de téléphonie et autres fournisseurs d’accès à Internet sont grandes. A eux d’offrir aux joueurs les conditions idéales de performance afin de rivaliser avec ce qui se fait de mieux dans le monde…

Par Skander Najjar - Source de l'article StarAfrica

Abidjan fête la genèse des jeux vidéo en Afrique



ActuaBD a été partenaire cette année du 9e Festival International de la bande dessinée du Cameroun, MboaBD. Reportage et actualité d’un « art carrefour » au cœur de l’Afrique.

Un peu de géographie et d’histoire d’abord : « Le Cameroun est un pays d’Afrique centrale, situé entre le Nigéria au nord-ouest, le Tchad au nord, la République centrafricaine à l’est, le Gabon et la Guinée équatoriale au sud, la république du Congo au sud-est et le golfe de Guinée au sud-ouest » nous enseigne Wikipedia. Juché sur l’équateur, ses frontières rassemblent des peuples très différents réunis là par l’histoire coloniale.

Ancienne colonie allemande, le Cameroun a été retiré à l’Allemagne par les Alliés après la Première Guerre mondiale, puis placé sous la tutelle de la Société des Nations et administrée la France pour sa partie orientale et le Royaume-Uni pour sa partie occidentale. Ce clivage linguistique est resté jusqu’à l’indépendance en 1961. « Les frontières d’Afrique ont été tracées par les colonisateurs français, anglais et allemands, nous raconte le dessinateur Jean-Philippe Stassen, fin connaisseur de l’Afrique des Grands Lacs, invité de cette édition. Les Anglais aspiraient à une cohérence territoriale qui aurait relié l’Égypte à l’Afrique du Sud, tandis que les Français espéraient tracer une ligne horizontale sur le continent qui aurait relié le Sénégal à Djibouti… »

Ces deux puissances européennes finirent par se fâcher à Fachoda et l’Afrique en paye encore les conséquences.

Art-carrefour

Le thème de cette année impulsé par le festival est le « multiculturalisme ». Il correspond à la réalité camerounaise car, parmi les centaines de langues parlées par les populations locales (dont le bandjoun, le balengn le tchang, le douala et le pijin), ce sont les langues des colonisateurs, l’anglais et le français, qui s’imposent, business oblige.

« Pourtant le vivre-ensemble et l’unité nationale dans un pays qui compte près de 250 ethnies et deux langues officielles ont toujours été la fierté des Camerounais, souligne Yannick Deubou Sikoue, directeur délégué du festival. La crise anglophone au Cameroun nous rappelle que le vivre ensemble, l’éducation à la diversité, au multiculturalisme sont une quête permanente ! »

Le bouillant timonier du festival veut dépasser ces clivages : « À notre époque marquée par le déplacement, on assiste à un dépassement des frontières constamment franchies, mais paradoxalement bloquées pour une partie de la population » fait-il remarquer avec pertinence. Avec « l’art-carrefour » (l’expression est de lui) qu’est la bande dessinée, il entend mettre en relation tous les artistes de la région avec le reste du monde.

Le « Pays de la BD »

« Mboa » signifie « pays » ou « maison » en langue douala et BD, bande dessinée bien évidemment. MboaBD est donc un « pays de la BD » ouvert aux rencontres, chose pas forcément évidente en Afrique : « Que peut faire l’artiste, l’auteur pour la promotion du multiculturalisme, le vivre-ensemble ?, nous dit encore Yannick Deubou. Entre transformation de sa société, projection vers un futur meilleur et propagande, quels choix s’offrent aux auteurs en ces périodes d’incertitude ? » La question est loin de trouver une réponse…

Mais à Douala et à Yaoundé, pendant une semaine, les échanges culturels ont été intenses : conférences, master classes, ateliers professionnels, animations scolaires, concours de jeux vidéo, concours de BD numérique, concours de cosplays…

Un concert à la tablette graphique par Cédric Minlo avec le DJ electro-star camerounais Skriim. Un beau moment !

Lors de la cérémonie d’ouverture, S.E.M Stéphane Doppagne, l’ambassadeur de Belgique au Cameroun et de Kristell Dorval, Directrice de l’Institut Français de Yaoundé ont honoré de leur présence l’inauguration de l’exposition à l’Institut Français sur le thème du festival : « Bande dessinée et multiculturalisme ».

L’ambassadeur est même revenu assister à une conférence où l’on expliquait que les bandes dessinées flamandes et wallonnes en Belgique étaient un exemple de multiculturalisme réussi. Oui, madame, et c’est à Yaoundé que ça se passe !

Quant à son second, M. Edwin Keijzer, le chargé d’affaires de l’Ambassade, il honora de sa présence la cérémonie de clôture à l’Institut Français de Yaoundé, le samedi. Devant la salle comble, enthousiasmé par le cosplay particulièrement rythmé qu’il venait de voir, au moment de remettre les récompenses aux lauréats, il déploya son double mètre dans un kata qui figea sur place le directeur délégué du festival en même temps que toute la salle. Un grand moment
Le N°2 de l’Ambassade de Belgique à Yaoundé, M. Edwin Keijzer, a impressionné le public lors de la 
cérémonie de clôture. Il félicite ici la grande gagnante du concours de cosplays 2018.

Professionnalisation d’un secteur

Les dynamiques Zebra Comics publient leurs trois revues en deux l
angues : français et anglais. Multiculturalisme !

Les auteurs de BD Hervé Noutchaya et Yannick Deubou Sikoue, respectivement président et directeur délégué du festival, considèrent avec réalisme le travail qu’ils accomplissent depuis maintenant neuf ans. Dans un pays où il n’y a pas 15 points de vente de la bande dessinée, où le réseau de distribution est quasiment inexistant, ils ont mis en relation et favorisé le réseautage de près de 300 auteurs, dont une cinquantaine d’artistes étrangers avec, à la clé, des contrats d’édition, de distribution ou de partenariat pour plusieurs d’entre eux avec des éditeurs francophones comme Glénat, La Boîte à Bulles et surtout L’Harmattan, un label éditorial sur lequel nous reviendrons demain.

Mais c’est l’auto-édition, notamment via les plateformes de financement participatif, qui reste la norme avec plus de 30% de la production locale. La mise en place d’une plateforme Internet de vente de bande dessinée et la création d’un outil de distribution font partie des prochains objectifs.

Nous avons pu constater qu’il y avait une vraie demande pour la bande dessinée dans ce pays, si les éditeurs veulent bien s’y pencher. Lors des cosplays, nous avons pu voir une jeune génération qui, comme chez nous, s’intéressait principalement aux mangas. Ce sont évidemment les scantradsqui sont consommés. Or on sait bien que le piratage a souvent la cause d’une offre insuffisante… De la même façon, à la médiathèque de Yaoundé, les albums proposés au public datent d’il y a quelques années… parce que personne n’était venu y faire offre et en raison de la difficulté d’importer le livre. Pourtant les commandes passaient par la FNAC de Douala. À bon entendeur…

De belles individualités


Enfin, nous avons rencontré quelques éditeurs courageux qui profitent de ce genre de manifestation pour écouler leur stock. Des équipes particulièrement dynamiques : le collectif A3 dont est issu Georges Pondy, les Zebra Comics dont les publications se font en deux langues, anglais et français, la bande énergique des BlackTrek, les membres très pro de Waanda Stoudio…

La bande à Black Trek
Le collectif 3AG
Tous recèlent de vrais talents et de vraies individualités comme Georges Pondy, déjà évoqué, dont les planches mixent l’esthétique manga avec l’énergie du jeu vidéo. Pas étonnant : autodidacte dans le domaine de la BD, Georges Pondy a d’abord publié la série Les Cop’s en 2007, avant de créer en 2009, avec Ntep Adams Kelly, la série « Vie des jeunes » qui vendra jusqu’à 150 000 exemplaires. 
Il participe, de 2010 à 2012, avec le collectif A3, à l’aventure du magazine Bitchakala où il publie les séries 3H Chrono et Pulsions. En 2012, il publie l’album Caty : Ça va chauffer (Ed. Ifrikya), où son héroïne policière Jacky Wabo mène l’action dans la ville de Yaoundé.

Georges Pondy

Il y a encore Annick Kamgang, née à Yaoundé, qui vit et travaille à Paris. Fille d’un homme politique panafricain camerounais ayant subi la répression dans les années 1990, elle s’inscrit dans sa ligne en exécutant ses dessins de presse. Lucha est son premier album de BD publié en France par La Boîte à Bulles. Sur un scénario de Justine Brabant, Luche, nominé au dernier BDBoum et déjà chroniqué sur ActuaBD, est un témoignage sur cinq ans de lutte pacifique de jeunes Congolais de tous milieux, origines et religions, à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (Kivu) luttant pour le changement en République démocratique du Congo.

La brillante dessinatrice de presse Annick Kamgang, avec son album "Lucha" paru à La Boîte à Bulles.

Enfin, Cédric Minlo, né à Yaoundé, qui publie dans plusieurs collectifs avant d’intégrer un temps le studio de jeux vidéo Kiro’ o Games, premier studio de création de jeux vidéo d’Afrique centrale comme Charac Designer sur le jeu Aurion : l’héritage des Kori-Odan. Il fait également partie de l’équipe du magazine de BD « Ekiéé » avec Paul Monthé et Yannick Deubou Sikoué et travaille notamment sur la série « Lycée Mozart ». Son premier album, Android Night qui parait chez Waanda Stoudio en 2017 sur un scénario de Darius Dada met en scène les nuits de Yaoundé dans un style qui n’est pas sans nous évoquer le Peellaert pop de Pravda la Survireuse.

Cédric Minlo et Darius Dada
Le MboaBD fêtera son 10e anniversaire l’an prochain. ActuaBD sera présent et vous racontera ce morceau de l’histoire de la bande dessinée en Afrique.

Nous avons rencontré à l’Institut Français de Yaoundé ce jeune prodige de 12 ans, Kevin, le "Mbappé de la BD"

Annick Kamgang avec Jean-Philippe Stassen, l’auteur de "Deogratias" (Ed. Dupuis) 
et de "I comb Jesus et autres reportages africains" (Ed. Futuropolis)

Par Didier Pasamonik (L’Agence BD) - Source de l'article ActuaBD