lundi 19 janvier 2009

Mohammed Nadrani : le dessin ou la folie…

La BD engagée reste encore un genre à inventer en Afrique où peu (voir pas) d'œuvres dénonçant les dictatures ou prenant partie politiquement, sont publiées. C'est la raison pour laquelle, la démarche de Mohammed Nadrani est hors du commun. 

Condamné à perpétuité par contumace en janvier 1977 au procès de Casablanca, il était considéré comme étant en fuite alors qu'il était entre les mains de la DST marocaine. C'est lors de cette terrible et douloureuse expérience que Nadrani découvre le dessin qui lui permit de tenir le coup sans sombrer dans la folie puis d'en faire son métier après sa libération. Il revient sur cette période dans une auto-analyse au scalpel d'un apprentissage artistique tout simplement extraordinaire…


Avant de connaître la prison, aviez-vous été en contact avec le dessin ou l'art ?

L'émir Ben Abdelkrim (extrait), Ed. Al Ayam - 2008
© Mohammed Nadran
Non. Je suis Amazigh, Berbère. Issu de la paysannerie et n'ayant jamais fréquenté l'école, mon père quitta le Rif en y laissant sa famille. Plus tard, j'ai débarqué du Rif à l'âge de 9 ans, je ne parlais pas un traître mot d'arabe. J'étais le "chalh", le Berbère du quartier. Mes parents n'avaient aucun rapport avec l'art. Mon père travaillait dans les mines de phosphates, comme ouvrier mineur à la tâche. En dehors de son travail et de ses activités syndicales, tout ce qui comptait pour lui c'était de savoir en fin d'année que je ne redoublais pas de classe. Quant à ma mère, n'ayant jamais quitté son village natal dans le Rif, elle ne sortait presque jamais de la maison, sauf pour aller au Hammam pour femmes. Je n'ai pas non plus souvenir, au cours de mon parcours scolaire, d'avoir eu un prof de dessin, pourtant j'ai passé un baccalauréat de lettres modernes bilingue, arabe et français. Par contre, mon père tenait absolument à ce que j'apprenne un métier de peur de me voir quitter un jour l'école. Il avait choisi pour moi le métier de tailleur (couturier). Je passais mes vacances scolaires, trois mois à l'époque, à exercer ce métier comme apprenti. En apprenant la coupe masculine, pantalon et veste, je commençais déjà à dessiner des formes géométriques avec de la craie sur le tissu. Puis, ce furent mes études de philosophie à l'université de Rabat, avec l'arrestation à l'âge de 22 ans et la disparition forcée durant 9 années du 12 avril 1976 jusqu'au 31 décembre 84.


Comment est né votre engagement politique et syndical ?

Le dimanche, jour de repos, mon père, étant syndicaliste, accueillait souvent chez nous des réunions du syndicat des mineurs. En participant au service du thé, je suivais les discussions et décisions des syndicalistes. C'est ainsi que j'ai subi cette influence de la culture ouvrière et suis devenu au lycée, militant et membre du Syndicat national des lycéens. Par la suite, j'ai adhéré à l'organisation marxiste léniniste Ilal-Amam (en avant).


Comment vous avez découvert le dessin ?

J'ai été emprisonné dans trois lieux différents : au Complexe à Rabat, du 12 avril 1976 au 5 août 1977, au centre secret de détention à Agdz, du 5 août 1977 au 22 octobre 1980 puis au centre secret de disparition forcée à Kalâat-M'gouna, du 22 octobre 1980 au 31 décembre 1984. Mes débuts dans le dessin datent d'une période de réclusion solitaire qui a duré vingt-deux mois dans une cellule du centre de Kalâat-M'gouna. Un jour, je découvris dans ma cellule dont je commençais à connaître chaque millimètre intimement, un bout de charbon de bois qui était, sans aucun doute, tombé providentiellement, du plafond. Je pris entre mes doigts ce bout de charbon d'un centimètre et demi et commençais à écrire mon nom, pour m'assurer que je n'en avais pas oublié l'orthographe. Ensuite, il me vint l'idée de dessiner, et de coucher sur le sol en ciment, une première esquisse. 
Aussitôt, je tâchais de croquer une tête de profil. Mais, comme étourdi, je me révélais incapable de composer dans mon esprit les traits d'un visage. Un peu déçu, je me mis, tant bien que mal, à esquisser des formes géométriques que j'effaçais pour en recommencer d'autres que je devais à nouveau rapidement effacer avant l'arrivée du gardien. Au bout de trois jours d'affilée passés, minute après minute, à dessiner, le morceau de charbon s'était complètement éteint sur les bouts de mes doigts. Je n'avais désormais plus le moyen de dessiner. Le dessin commençait déjà à me manquer. Je récupérais donc un caillou de calcaire. Je tentais de l'utiliser, mais malheureusement il rayait le ciment et le geste perdait énormément de sa fluidité. Et à force de gratter le sol avec le caillou, je risquais d'abîmer le ciment. Parfois, en forçant, le caillou se bloquait et le geste, incontrôlable, partait dans une direction indéterminée. Cela me rendait fou : j'étais tout le temps sur les nerfs. Le plus souvent, une fois le dessin achevé, je me mettais debout et marchais en diagonale en faisant les habituels cinq petits pas que ma cellule avait à m'offrir pour une promenade si étroite que j'avais l'impression de me promener dans mon for intérieur. En prenant ainsi la maigre distance qui m'était permise, et en surplombant le dessin, je pouvais mieux en apprécier la qualité d'exécution.

Une rencontre avec l'art qui reste hors du commun…

Les sarcophages du complexe (couverture), Ed. Al Ayam - 2005
Les sarcophages du complexe (couverture), 
Ed. Al Ayam - 2005 © Mohammed Nadran
D'autant plus que la seule surface praticable commençait, à souffrir des craquelures qui, comme des vers, s'attaquaient peu à peu au ciment. Combien de temps ce fragment de ciment, auquel je trouvais une étrange ressemblance avec la carte géographique du Maroc, allait-il résister ? J'étais convaincu que si je continuais à abîmer le sol à cette cadence, il me faudrait bientôt demander un crayon et du papier. Par inattention, j'avais versé un peu de café sur le sol. Aussitôt, une idée providentielle me vint à l'esprit : celle d'utiliser le café. Presque au même moment, me vint aussi l'idée de façonner un pinceau. Je retirais de mon pantalon quelques fibres de nylon que je nouais de sorte que je puisse l'utiliser comme pinceau que, par la suite, je fixais à l'aide du fil, à un petit morceau de roseau échappé du plafond de la cellule. Du semblant de café qu'on me donnait le matin, je gardais la moitié que je sacrifiais pour pouvoir dessiner. Je trempais le pinceau dans le café et dessinais sur le sol de ciment. Je passais des heures et des heures à dessiner. Par moments, je portais, sans m'en rendre compte, la tasse d'aluminium à ma bouche pour en avaler une gorgée et je continuais naturellement à dessiner. Je commençais à y prendre vraiment goût.

Vous n'aviez rien d'autres pour illustrer vos dessins ?

Pour avoir fréquenté l'école coranique pendant mon enfance, j'avais pensé au schiste qu'on appliquait sur la tablette de bois poli sur laquelle on écrivait pour apprendre le Coran. Avec un chiffon imbibé d'eau et d'argile, j'enduisis, d'une fine couche, le sol de ciment. En séchant, cela donnait une pellicule blanchâtre qui, au passage du pinceau enduit de café, permettait de faire ressortir les traits. De jour en jour, le fragment de ciment se colorait d'une teinte marron noire qui donnait de la couleur à mon dessin. Je m'exerçais ainsi au dessin et, avec le temps, le résultat s'améliorait.

Peut-on dire que le dessin vous a aidé à tenir le coup et à moins ressentir la solitude ?

Oui. Par exemple, un jour je dessinais un profil féminin qui était loin de ressembler à celui de ma bien-aimée Rabéa. Mais, quand je me levais et que j'entrepris de le regarder en prenant du recul, j'eus l'impression que c'était elle qui me parlait. Je pouvais alors imaginer une conversation avec elle, qui se reproduisait chaque jour. Je passais le reste de mes journées à parler tantôt avec ma bien-aimée et tantôt avec les autres personnages que je créais pour me tenir compagnie, et remplir le vide qui m'enserrait dans un étau puissant. Un jour, après le café, je me mis à dessiner un cheval à partir d'un relief, que la pluie avait modelé. Difficile, à partir de ce modèle que me fournissait le hasard, d'imaginer en entier le corps d'un cheval. Je m'efforçais donc de me souvenir de l'allure d'un cheval, de ses mouvements, de son regard et de ses sabots… Une première esquisse, une deuxième, etc. Des centaines de dessins ont ainsi été réalisées sur le sol. Mais, malheureusement, je devais les effacer, à mon grand regret, à coup de chiffon mouillé. Un peu d'eau, versée sur le dessin, finissait par tout effacer.

Comment faisiez-vous pour ne pas éveiller les soupçons de vos geôliers ?

J'avais l'œil sur mon dessin et je dressais l'oreille pour intercepter le moindre bruit suspect car je craignais d'être surpris par le gardien. Un jour, j'étais tellement absorbé par la réalisation d'un dessin que je n'entendis pas s'ouvrir la porte de l'extérieur. Le temps de m'en apercevoir, le Gorille (le gardien) commençait déjà à ouvrir le cadenas de ma cellule. N'ayant pas le temps d'effacer mon dessin, je le cachais avec la couverture et je m'assis dessus. Le gorille fouilla partout en regardant dans les recoins, derrière le bidon, et il déplia ma veste dont j'avais fait un oreiller. Heureusement, il n'avait pas soulevé la couverture. En sortant, une grande déception se lisait sur son visage.

Dans ce contexte difficile votre rapport au dessin devenait-il un peu compulsif ?

Oui, mais je n'avais pas le choix. Je passais tout mon temps à dessiner, sans répit, jusqu'au coucher du soleil. À la tombée de la nuit, je donnais libre cours à mon imagination. Je repassais dans ma mémoire, en grelottant de froid, les images qui me renvoyaient à un passé lointain. Le lendemain, je recommençais le dessin. Un jour, j'avais pensé à un dessin à trois dimensions. Pour modèle, j'avais pris, vu à travers la fenêtre de ma cellule, le bagne qui se profilait, avec son barbelé surplombant les cellules. Pendant une semaine je ne faisais que dessiner d'après ce modèle. Soudain, je constatais que, chaque fois que je pensais à diriger mon geste vers le haut, je voyais ma main descendre. Le geste allait dans le sens contraire de la pensée. Je perdais complètement la maîtrise de ma main. Ma main se mit à trembler sans cesse. Impossible de tracer un seul trait. Inquiet, j'arrêtais aussitôt le dessin. J'étais étourdi, désarçonné, les larmes aux yeux, je me demandais ce qui allait m'arriver. Deux semaines s'étaient écoulées sans que je touche au pinceau. Je m'efforçais de reprendre mes esprits et de coordonner, en forçant sur la concentration, le geste et l'intention. Malgré tous mes efforts, le phénomène de discordance persistait. Un mois, jour pour jour, s'était écoulé ainsi. Cela devenait alarmant ! J'en vins à craindre d'être dans l'incapacité de dessiner à cause de ce trouble inexpliqué de coordination de mes mouvements. Je me résignais à ne plus penser au dessin dans l'espoir de retrouver un jour mon équilibre.

Et comment cette "panne" a-t-elle pris fin ?

Après 22 mois d'isolement, je suis revenu parmi mes amis "co-disparus". Au fil du temps, j'ai commencé à retrouver la fluidité du geste que j'avais cru perdu à tout jamais. Un matin, alors que j'étais sur le point de finir un dessin, le Gorille s'était introduit dans l'enceinte de la cour pour nous ouvrir. C'était raté, je dus tout arrêter jusqu'au lendemain. Mes croquis s'amélioraient de jour en jour. Au bout d'une semaine, je maniais le pinceau avec une certaine dextérité. À mon premier dessin réussi, j'ai sauté de joie.

Quelle a été la réaction de vos codétenus ?

L'un d'entre eux, Abderrahmane, s'est proposé comme assistant technique. Pendant que je dessinais, il s'agenouillait à côté de moi sur le sol. Immobile, attentif, il suivait chaque geste des yeux, du début jusqu'à la fin. Puis, il me donnait de précieux conseils, que je prenais en compte le lendemain. Quelques semaines plus tard, nous nous concertâmes tous les deux pour une série de portraits. Dans ma solitude passée, je n'avais pensé à aucun visage, excepté celui de ma bien-aimée. Je me suis donc mis à la besogne en pensant à elle. À mesure que les traits du portrait apparaissaient, je vis le visage d'Abderrahmane s'illuminer peu à peu, comme s'il revoyait un être cher car il la connaissait. Dessiner me redonnait confiance.
Plus tard, mes camarades allaient me servir de modèles : tantôt c'était Errahoui, tantôt Moulay Driss ou encore Lahbib. Les jours passaient relativement plus vite que de coutume. En cette période, j'en venais presque à oublier nos geôliers.

Quand avez-vous commencé votre carrière de dessinateur professionnel ?

Ce n'est qu'après ma libération, survenue, le 31 décembre 1984, que je me suis mis à dessiner avec des crayons et du papier. Puis j'ai entamé une expérience de peinture à l'huile sur toile qui m'a servi de support pour dénoncer les graves violations des droits humains au Maroc. Toujours autodidacte, j'ai commencé à m'intéresser à la BD. Et ce fut mon premier album Les Sarcophages du Complexe pour reconstituer les faits de mon séjour au "Complexe" de Rabat, un lieu de détention où j'ai passé 18 mois les yeux bandés et les mains menottées. Les Sarcophages du Complexe est une autobiographie, que j'ai réalisée en BD afin de montrer par la force de l'image les conditions réelles de la disparition forcée.

Une sorte de défi ?

Oui, les forces de la répression avaient voulu m'anéantir, éteindre en moi toute lueur de culture, de savoir et d'humanisme, j'en suis sorti plus fort et consolidé par la passion que j'avais forgée dans les pires conditions de ma disparition forcée dans les geôles du régime de Hassan II. C'est en quelque sorte ma revanche sur mes tortionnaires ! J'ai voulu que cet art, cette passion qui s'est révélée en moi dans ces conditions, soit et demeure une arme pour combattre toute injustice, pour combattre l'oubli, pour briser le silence et la complicité. Je revendique le parti pris de toute création de quelque genre que ce soit.

Qu'en est-il de votre seconde BD sur l'émir Abdelkrim ?

L'Histoire du héros du Rif, dont je suis originaire, a été, pour des raisons politiques, occultée durant presque un siècle. Pour moi, cette partie de l'histoire de notre pays a été effacée, falsifiée et surtout reniée par le pouvoir en place. On a voulu faire disparaître cette histoire, effacer la mémoire de notre peuple. Je le dis avec beaucoup de modestie. C'est à nous de faire revivre cette histoire afin de sauvegarder la mémoire de notre peuple.


C'est également une leçon que vous avez tirée de votre emprisonnement ?

Oui, pendant notre disparition forcée, privés de lecture et d'écriture, nous avions mis en place un programme oral pour lutter contre ce que nous avions appelé à l'époque la lutte contre l'érosion de l'oubli. Pour conserver notre savoir nous ressassions, chaque nuit avant de nous endormir, nos connaissances. L'histoire de Abdelkrim faisait partie de ce stock d'histoires et de récits qui avaient germé dans mon cerveau et que je m'étais juré de réaliser en BD.

Comment se porte la BD marocaine ?

Par le passé, au Maroc, nous avions une tradition de BD. Je me souviens que ma génération a appris le français en lisant les albums de Blek le roc, les Kiwi, les Akim, les Capitaine Swing, les Mustang, les Zembla, les Rodéo et autres. On pouvait même louer des albums pour quelques centimes ou les acheter à bon marché dans des quartiers populaires. Mais cette tradition a tendance à disparaître. On ne trouve plus ces précieux albums ! C'est bien dommage. Il est vrai que le fossé de la crise de la lecture en général s'accroît de plus en plus, mais la BD embryonnaire au Maroc souffre doublement de cette crise du manque de lecteurs.

Y a-t-il d'autres obstacles, disons plus administratifs ?

D'une part si le prix exorbitant de la publication d'une BD, surtout en couleurs, en l'absence de toute subvention ou aide étatique n'encourage guère les éditeurs à s'y aventurer, la distribution, quant à elle, transformée en guillotine, finit par l'achever. Les 45 % relevés sur le prix couverture au profit de la société de distribution (SOCHEPRESS) ne laissent aucune marge pour en vivre, ni pour le bédéiste ni pour l'éditeur. En l'absence d'une certaine "discrimination positive" en faveur de la BD à peine émergente au Maroc, il est quasiment impossible de voir la BD prendre sa place dans un futur proche sur les rayons de nos librairies. Malheureusement, les institutions étatiques qui devraient jouer ce rôle d'encourager et de promouvoir le 9e art ont, hélas, et depuis longtemps, démissionné, surtout quand il s'agit d'une BD engagée qui parle vrai et dénonce. Nous ne sommes plus en face de la censure directe, crue, répressive de l'interdiction. Le nouveau visage de la "censure" peut porter différents voiles… pour obliger à courber l'échine et à accepter de plein gré de s'autocensurer.


Par Christophe Cassiau-Haurie -  Source de l'article Afribd


mardi 6 janvier 2009

La 3D au Maroc, une jeune industrie en plein essor


La 3D au Maroc, une jeune industrie en plein essorL’animation en trois dimensions, ou simplement la 3D pour les initiés, existe au Maroc. Déjà plusieurs publicités en 3D réalisées par des firmes marocaines défilent sur le petit écran. 
Parmi leurs productions, on note également des séquences en 3D destinées à des séries comme c’est le cas dans « Al Kadia » de Nourredine Lakhmari, des films cinématographiques (« Les bandits » de Said Naciri), des clips vidéo (Hoba Hoba Spirit et Najat Aâtabou). Il y a même une commande de dessins animés faite par la chaîne Al Jazeera Children.


Toute fois, même si le marché de la 3D connaît une grande évolution, le Maroc ne peut encore se vanter d’être à la pointe de ce qui se fait au niveau mondial. « Les concepteurs marocains utilisent de plus en plus ce procédé, qui peut-être bluffant s’il est bien réalisé », affirme Imane Saad, responsable de production.
Trois grandes firmes s’arrachent les artistes 3D qu’offre le marché marocain. Des artistes le plus souvent autodidactes ou alors formés à l’étranger. « Les 3Déistes nationaux sont loin d’être suffisants, faute de manque d’école de formation à ce niveau, nous sommes contraints de faire appel à des compétences étrangères pour répondre à une demande de plus en plus importante », précise Imane Saad.
Mohamed Amine Kerbal, un jeune développeur de jeux, autodidacte, précise  : « il y a 4 ans, les graphistes et développeurs de jeux vidéo étaient rares au Maroc. Nous étions quelques-uns à échanger nos expériences et même les moyens de communication étaient limités. Internet n’était pas aussi disponible ». Et de poursuivre  : « aujourd’hui, nous pouvons être fiers qu’à partir d’une licence mondiale, nous développons des jeux de conception marocaine ».
La créativité de ces jeunes « game developers » nationaux a beaucoup apporté à l’industrie du jeu vidéo dans le monde. Suite à ce constat, un projet d’envergure est en cours de réalisation, la création de la première école du jeu vidéo et du film d’animation au Maroc. Elle est le fruit d’une association entre un éditeur mondial du jeu vidéo et une maison de production marocaine. Les cours y seront dispensés gratuitement, mais l’adhésion se fera par concours et dépôt de dossier.
« À ce jour, au Maroc, les écoles qui forment dans le domaine n’existent que dans le privé, en plus d’être rares », affirme Mohamed Amine Kerbal. Ainsi cette initiative permettra aux deux firmes de former leurs propres collaborateurs et les adapter directement aux besoins de l’industrie. Une industrie qui coûte cher à ses clients. Imane Saad explique que « le prix dépend de la complexité des animations à faire, de la modélisation des différents éléments qui font partie de la création. L’estimation est faite selon le nombre de jours de travail nécessaire à cette animation ». Tufan Sezer, un artiste 3D dans un organisme marocain déclare : « la création d’un personnage prend au moins 15 jours entre les recherches en dessin et la modélisation en 3D ». Et son collègue Sébastien Gaucher, d’ajouter  : « sans oublier le rigging, qui est la mise en place des contrôles d’animation sur les articulations avant de commencer à donner vie aux personnages ».
Le parc artistique de la 3D au Maroc est très jeune. L’ambiance dans les ateliers de création est très décontractée (jeans, baskets et accessoires de haute technologie). Des échanges artistiques ou techniques, éclats de rires et créativité rythment les heures de travail de ces jeunes 3Deistes, comme ils se définissent. « Mon rêve est de réaliser un long-métrage, il me faut juste un producteur. Mais je vais réaliser une série de dessins animés « Rass Derb », ce n’est qu’une question de temps », promet Rachid Jadir, artiste 3D.
Par ailleurs, une des rares occasions pour les animateurs 3D nationaux de montrer leur talent, est le FICAM (Festival international du cinéma d’animation de Meknès). « Les manifestations culturelles de 3D n’existent qu’à l’étranger, ici, il n’y a que le FICAM mais il n’est pas dédié aux Marocains. Les organisateurs ne font pas confiance au produit arabe en général, ils mettent en avant les produits étrangers alors que les participants marocains sont capables de créer des films à 100% 3D, il faut juste qu’ils trouvent des sponsors », ajoute Rachid Jadir.
Ainsi à travers leur créativité et leur esprit d’innovation, les jeunes Marocains ne cessent d’honorer leur pays. Ils promettent de grandes réalisations.
Par Mounir Siraj - Source  de l'article  Aujourd’hui le Maroc & Bladi

lundi 24 novembre 2008

Le premier court métrage tunisien en 3D


Abderrazek Ben Jemâa vient de réaliser « Les trésors de la langue arabe », premier court métrage tunisien en 3D distribué gratuitement sur Internet. Cette initiative constitue la suite logique d’une démarche initiée par le réalisateur dans son livre « Contribution à une mise à niveau du cinéma tunisien », livre téléchargeable gratuitement sur le site : tunisiancreativity.com. 

PROVERBES ARABES 3D INAvec ce court métrage en 3D, Abderrazek Ben Jemâa propose un nouveau modèle économique de production et de distribution, en vogue depuis l’avènement du numérique et de l’expansion d’Internet.
Abderrazek Ben Jemâa a une maîtrise en langues françaises (Faculté des Lettres de Tunis), un diplôme de 3ème cycle en gestion financière (Institut Supérieur de Gestion de Tunis) ainsi qu’un autre de 3ème cycle en management (Paris I, Sorbonne). Auteur de plusieurs livres (Infomatique et société, essai publié par la Fondation Nationale de Recherche Scientifique, Tadémaît fille du Hoggar, roman publié par M.T.E., Contribution à une mise à niveau du cinéma tunisien), il se prépare à publier dans quelques semaines sur Internet, le premier long métrage tunisien dédié totalement à la politique internationale (Coup d’Etat) en trois langues (arabe, français, anglais). Accessoirement, Abderrazek Ben Jemâa est diplômé en arts martiaux de l’Aikikai de Tokyo et expert en Real Aïkido. Il a aussi obtenu récemment le diplôme d’entraîneur 1er degré de la Fédération Nationale Tunisienne de Judo.
Pour expliquer les tenants de cette démarche volontariste, le réalisateur offre aux lecteurs d’Afriqu’Echos Magazine les quatre clés de compréhension d’une démarche qui ouvre des perspectives aux créateurs africains.

1. Pourquoi le choix d’un film d’animation en 3D ?
Le cinéma d’animation est aujourd’hui l’un des cinémas les plus porteurs et les plus exportés dans le monde.
• Le cinéma d’animation en 2 D a rapporté au Japon 1.4 milliards de dollars. D’autres pays comme la France et la Corée du Sud s’engouffrent avec bonheur dans cette niche.
En France, pour un épisode de 26 minutes, les prix pratiqués sont les suivants : 
• Scénario : 4.000 à 6.000 euros.
• Storyboard : 6.000 à 15.000 euros.
• Design : 7.500 à 12.000 euros.
• Décor : 4.500 à 20.000 euros.
• Recherche couleurs : 7.000 à 9.500 euros.
• Feuille d’exposition : 4.500 à 5.500 euros.
• Animatique : 1.000 à 1.200 euros.
Les prix de sous-traitance du lay out, de l’animation, de la mise en couleurs et du compositing, toujours pour un épisode de 26 minutes, et pratiqués dans les pays asiatiques oscillent entre 65.000 et 80.000 euros pour la Chine et entre 95.000 et 140.000 euros pour la Corée du Sud.
• Le cinéma d’animation en 3 D est dominé par les Etats-Unis. Un film comme Shrek a rapporté pour les épisodes 1 et 2 autour de 2 milliards de dollars. Les Français ont rapidement compris l’ampleur de ce marché et leur pôle d’animation à Angoulême est devenu en quelques années très actif, autant dans le domaine 2 D que 3 D, grâce entre autres, au Programme Magelis.
En France, pour un épisode de 26 minutes, les prix pratiqués sont les suivants : • Série pré-school (programmes de qualité inférieure) : 200.000 euros.
• Série 3 D : 350.000 euros.
• La sous-traitance à Taiwan, Corée du Sud, Hong Kong, Inde, s’élève en moyenne à 50% des tarifs français.
Le créneau est donc très rentable et à la portée de la main-d’œuvre tunisienne, moyennant une formation spécialisée.

2. Pourquoi le choix d’un film sur la culture et les proverbes arabes ?
La thématique culturelle du film se justifie par le fait que le patrimoine mérite l’attention des cinéastes. Mais ce choix n’est pas totalement désintéressé puisque plusieurs télévisions arabes manquent cruellement de films d’animation en rapport avec la culture arabe. D’ailleurs, le choix de la durée du film (3 minutes) indique qu’il a été produit et réalisé dans l’optique d’une série.
Le choix a été porté sur les proverbes arabes plutôt que ceux strictement tunisiens qui disposent d’un marché Internet, d’un marché cinématographique et d’un marché télévisé moins important. Trente autres scénarii sur les proverbes arabes sont à la disposition de tout producteur intéressé.

3. Pourquoi le choix d’une distribution sur Internet ?
Internet est en train de devenir la plus grande salle de cinéma dans le monde. On y distribue désormais des films, soit gratuitement, soit accompagnés d’insertions publicitaires, soit payants. D’ailleurs, mêmes les salles de cinéma traditionnelles dans le monde sont en train de se lier à Internet d’une manière ou d’une autre.

• Numérisation, Internet et exploitation :
Dans le nouveau modèle d’exploitation numérique, le support physique (DVD CD-Rom, cassettes) ou le signal numérique est transmis par un producteur (par satellite ou par câble) à une salle de cinéma où il est stocké sur un serveur, c’est-à-dire un ordinateur doté d’une forte capacité de stockage, directement relié au projecteur numérique auquel il transmet les images numériques.
Il suffit pour ça que les salles équipées en D-cinema disposent d’une liaison Internet haut débit ou encore mieux (pour éviter les effets de saturation) d’antennes permettant de recevoir les films via satellites. Mais cela nécessite d’abord des investissements lourds. Le coût d’équipement d’une salle s’élève environ à 100.000 euros.
Par ailleurs, il est possible d’en sécuriser la diffusion en cryptant les données transmises. A ce cryptage pendant la phase de transport viendrait s’ajouter celui que demandent les studios hollywoodiens. Ce second cryptage rend l’accès au fichier du film impossible non seulement pendant son transport mais aussi une fois qu’il est parvenu sur le serveur du cinéma. Pour lire le fichier qu’il a reçu, l’exploitant a impérativement besoin d’une clé, spécifique au film et au serveur de son établissement (la clé et le fichier lui ayant été envoyés séparément).
Le parc mondial de salles D-cinema a doublé entre 2006 et 2007 passant de 3.010 à 6.104 écrans équipés. Plus des deux tiers de ces écrans numériques sont implantés en Amérique du nord dont le parc est passé de 2.014 à 4.350 entre 2006 et 2007. Le nombre d’écrans numérisés en France sera de 2000 salles en 2009 (prévision).

• La video-on-demand (VOD) :
La VOD est un système offert par les sites Internet, les fournisseurs d’accès et les câblo-opérateurs, permettant à l’utilisateur de choisir, commander et regarder un contenu vidéo numérisé au moment où il le souhaite.
La VOD s’apparente à un système de location, les offres permettant un visionnage libre pendant 24 heures à partir du début de la lecture. Même si certains services de VOD fonctionnent en stockant le contenu sur un disque dur, ce stockage n’est que temporaire. Il ne s’agit donc pas d’un acte d’achat.
En matière d’équipement, il est possible de visionner un contenu en VOD à partir d’un PC, d’une télévision (un décodeur généralement est alors nécessaire en plus du modem) ou d’un mobile. L’utilisateur doit disposer d’une connexion Internet haut débit. Les contenus sont cryptés, le paiement déclenchant pour l’utilisateur l’obtention de la clé de décodage. Par ailleurs, les contenus sont protégés contre l’enregistrement, la copie et le transfert, réduisant le risque de piratage.
Mais une œuvre cinématographique se regarde sur grand écran et avec une bonne qualité sonore. Cela se vérifie dans les progressions impressionnantes des foyers en Europe et aux Etats-Unis en équipements Home cinéma. Le succès de la VOD accompagnera la commercialisation d’appareils adaptés.
Certains auteurs n’hésitent même plus à diffuser leurs films exclusivement sur Internet. A titre d’exemple, le service de partage vidéo de Google France assure la distribution exclusive d’un long métrage franco-américain, Autumn. Ra’up McGee, l’auteur, le réalisateur et le producteur d’Autumn, a mis en ligne, sur le service de partage vidéo du moteur de recherche, aux Etats-Unis d’abord (depuis janvier 2006) puis en France (juillet 2006), son long métrage d’une heure et cinquante minutes et le distribue uniquement via ce canal. De fait, à l’exception des avant-premières, qui de part et d’autre de l’Atlantique ont eu lieu dans des cinémas, Autumn ne pourra être visionné que sur le Net.
Rappelons que les principaux représentants de l’industrie du cinéma et du contenu, des fournisseurs de services Internet et des opérateurs de télécommunications de l’Union européenne et des États-Unis ont signé le 23 mai 2006, au festival de Cannes, la charte européenne du cinéma en ligne.

Video le premierourt métrage tunisien en 3D réalisé

Les trésors de la langue arabe - فيديو Dailymotion

www.dailymotion.com/video/x99a90_les-tresors-de...



4. Pourquoi le choix d’un film gratuit ?
De plus en plus de films sont distribués gratuitement. Mais ces films véhiculent une publicité intégrée. Cela veut dire que ces films sont sponsorisés par des entreprises qui diffusent ainsi leurs messages. Ce type de formule est appelé à connaître de plus en plus de succès malgré les voix qui s’élèvent contre ce type de pratique.
Le principe de la gratuité a de très grands avantages : d’abord, il permet à l’auteur du film de toucher un public très large. De plus, il lui donne l’opportunité d’être en contact direct avec son public sans intermédiaires (vendeurs et distributeurs). Mais comme la gratuité totale n’est pas viable économique, la sponsorisation est un mal nécessaire. A l’auteur de trouver un équilibre entre son message personnel et le message commercial du sponsor.|

Source de l’article la rédaction d’AEM

mercredi 29 octobre 2008

Ajaaj receives interest from international television channels

This is the first time ‘Ajaaj’ will be revealed to a UAE audience in his new incarnation.

Watani Program recently forged a new partnership with Blink Studios, a leading Dubai-based animation production house, to develop and produce an animated version of Ajaaj suitable for broadcast as a televised cartoon series.

Local and international comic book lovers will be able to view a trailer of the new Ajaaj series at the Watani stall of Character Dubai. Mohamed Baharoon, Deputy Director General of Watani also gave a presentation on the evolution of Ajaaj in front of international character and licensing experts at a seminar held yesterday at Character Dubai.

The success of ‘Ajaaj’, which was created in 2007 by the Watani Program to serve as a communication tool aimed at sharing the UAE values and heritage with the nation’s children, presents a great opportunity to introduce the values of UAE heritage and culture to children worldwide in an entertaining and familiar format.

‘Ajaaj’ recently attracted unprecedented praise from major international children’s television networks when it launched its concept for a television series at MIPCOM, a global content event held in Cannes.


“We are proud that Ajaaj can compete on the same playing field as other superheroes produced by comic book giants, in terms of core values and intellectual content. We are hoping characters such as Ajaaj will open the door for other more effective methods to communicate with the world, especially because we live in a society that really has to project a more positive image about Arab civilization.”
says Ahmed Al Mansoori, Director General of Watani.

An Ajaaj television series is expected to launch on local and international television channels in 2010 as a leading Arabic series. The Watani program is currently developing strategic partnerships with international broadcasting networks, licensing and distribution companies.

dimanche 12 octobre 2008

Alger se remet aux bulles - Le premier Festival International de la BD s'ouvre mercredi

C'est une manifestation d'une ampleur inédite que s'apprête à accueillir la capitale. L'occasion de donner un coup de jeune à un IXe art jadis florissant dans notre pays. 


C'est un comité d'organisation aux prises avec des aléas de dernière minute qui a fait face à la presse, hier, au cercle Frantz-Fanon, à Alger. Mais Dalila Nedjam, commissaire du festival, entourée des principaux responsables, a rassuré sur l'essentiel. “Tout est fin prêt, à l'exception des programmes qui vous seront remis cet après-midi ou au plus tard demain matin”, affirme-t-elle posément avant d'entrer dans le détail du fameux programme.
Les chiffres donnés par la commissaire sont éloquents : 27 pays participants derrière l'Inde, invitée d'honneur, 98 dessinateurs, 4 compétitions (jeunes espoirs, jeunes talents, professionnels, professionnels internationaux), 12 films d'animation en projections, 1 colloque, 6 conférences, 1 hommage, 11 expos… Le Festival international de la BD d'Alger se veut un rendez-vous d'envergure. Un rendez-vous à la double vocation : honorer ou gratifier les anciens, les pionniers des années 60-70-80, Melouah, Slim et les autres, auxquels une exposition permanente et itinérante est consacrée : ouvrir la voie à une nouvelle génération, lui permettre de se faire connaître et de fréquenter ses pairs dans le monde. Mustapha Nedjaï, directeur artistique du festival, s'est d'ailleurs dit soufflé par la qualité de certains travaux remis, et s'affirme “tranquille pour l'avenir”. Sur le choix de l'Inde comme invitée d'honneur, le directeur des relations publiques du festival, Abderrahmane Djelfaoui, met en avant “la découverte” plutôt qu'une tradition comme peuvent en posséder certains pays, des comics chers aux USA aux mangas made in Japan, en passant par la célèbre BD belge. Mais ces pays-genres seront largement présents lors des grandes expositions prévues. Le continent africain aura également son expo et sa conférence, signe d'un dynamisme non démenti.
Bien sûr, comme tous les festivals, celui-ci aura ses stars, notamment dans le jury international : on annonce l'arrivée du critique d'art japonais Ilan Nguyen, des bédéistes Ptiluc (France), Etienne Schreder (Belgique) et Chritophe Badoux (Suisse), mais aussi des Algériens Rachid Boudjedra, Djilali Biskri, du caricaturiste Le Hic ou encore le bédéiste Mohamed Arram. Ce dernier fera d'ailleurs l'objet d'un hommage spécial puisque le premier Prix Melouah devrait lui être remis pour l'ensemble de son œuvre.
Autre particularité de ce festival, son “rapport à l'espace”, comme le disait en aparté un des membres du jury. Ce sont pas moins de dix lieux, dans la capitale, qui devraient porter les couleurs du FIDBA. Ses planches devraient tapisser les murs du palais de la culture Moufdi-Zakaria au Mama, en passant par le Bastion-23, les classes de l'Ecole des Beaux-Arts… Enfin, le comité d'organisation a également profité de l'occasion pour révéler les noms des lauréats des concours “espoirs scolaires” et “jeunes talents”. Abdiouène Takfarinas de Kouba et Djamel Bouchenaf de Belcourt sont repartis respectivement avec 80 000 et 200 000 DA. Espérons qu'il ne s'agit là que de leurs premiers prix.
Pour les autres, rendez-vous mercredi soir à l'esplanade de Ryadh El-Feth, pour le spectacle “son et lumière” d'ouverture et fêter ainsi dignement le retour du 9e art dans notre pays.
R. A.

1er Festival international de la bande dessinée d'Alger, du 15 au 19 octobre 2008. Programme plus complet sur le site : bdalger.net. Toutes les activités sont gratuites. 

Par Rachid Alick - Source de l'article Djazaïress

samedi 11 octobre 2008

Campus Ubisof - Première école de jeu vidéo au Maroc



Trois en un. Marocains, Canadiens et Français lancent le Campus Ubisoft. Première école de formation pour jeu vidéo au Maroc.

C'est la société du même nom qui compte parmi les plus gros éditeurs mondiaux d'animation 3D qui chapeaute le projet. Elle est installée à Casablanca depuis 1998 et compte 65 salariés. Ubisoft, lors de son 10e anniversaire, avait même annoncé de passer à 200 développeurs d'ici trois ans. 
Le lancement de Campus Ubisoft confirme cette stratégie: une matière grise locale performante à un coût concurrentiel (formation et salaires). Dès octobre, l'école ouvrira ses portes. Quant à la sélection des futurs étudiants, «elle débute à partir de juin», précise Cyril Vermeil DG d'Ubisoft Maroc. Deux critères sont déterminants: Technicité informatique et créativité artistique.

Positionnement
Le Campus va s'implanter à l'Institut polytechnique, dans les environs de la route d'El Jadida. Ce sont les Québécois, Cégep de Matane, qui vont assurer le rôle de coordinateur pédagogique. D'autres partenaires académiques sont mis à contribution: l'Université Al Akhawayn et l'École nationale du jeu et des médias interactifs numériques d'Angoulême, basée en France. La formule du financement est alléchante. Les frais de formation seront pris en charge par l'Anapec et Ubisoft. En contre partie, «les lauréats seront payés à 5.000 DH par mois durant la première année d'embauche», précise-t-on. Un stage de formation de 6 mois, payé au Smig, complétera la formule. C'est «un modèle mixte qui regroupe formation technique et universitaire», soulignent les fondateurs. Au menu, programmation à l'animation et modélisation 3D, design, conception de niveaux de jeu. Même la gestion de projets est prévue.

Le positionnement d'Ubisoft à Casablanca ne doit pas surprendre. Ses troupes marocaines ont déjà fait leurs preuves en créant, en novembre dernier, un jeu vidéo à 100% made in Morocco. Ceci a nécessité à son équipe à peine 9 mois et 16,5 millions DH. Une prouesse lorsqu'on sait que le coût de production d'un jeu vidéo peut «atteindre les 220 millions de DH et exige en moyenne un an de travail». Nos développeurs ont une autre performance à leur actif, plus actuelle. La conception et la pré-production du dernier long-métrage «Prince of Persia». Son tournage, piloté par les studios Disney, a récemment démarré à Ouarzazate. C'est «la première fois qu'un film de cette envergure est basé sur un jeu vidéo», avait déclaré le DG d'Ubisoft Maroc.
Le Maroc va-t-il saisir sa chance: un hub industriel de l'animation 3D? Cette opportunité d'investissement est symbolisée par la convergence du cinéma avec le jeu vidéo.

L'éventuelle signature d'un mémorandum pour une industrie 3D fait son chemin. De sources sûres, «des discussions ont été tenues dans ce sens, lors d'un récent voyage à Paris, entre le ministère des nouvelles technologies, les tops managements de Casanearshore, et de la CDG», avec des représentants du secteur en France. N'empêche que notre gouvernement doit se remuer. L'Inde a déjà investi ce filon: à Poona, au Sud- est de Bombay, l'achat à la mi-avril du studio indien de Gameloft par Ubisoft le confirme. C'est la première acquisition du genre en Asie du sud-est.
Source de l'information Intic

jeudi 9 octobre 2008

Disney To Bring Storytellers To Middle East

Disney is in the midst of advanced negotiations with Lebanese director Chadi Zeneddine to finance and produce Arabic-language feature THE LAST OF THE STORYTELLERS, per VARIETY.

Résultat de recherche d'images pour "logo disney"This is Disney's first feature in Arabic, and the start of a push to move into the region, which has a population of 300 million people, with two-thirds under the age of 30. It's expected that Disney will announce two additional Arabic-language features in time for the fifth Dubai Film Festival in December.

STORYTELLERS, also produced by Rachel Gandin, will likely start production toward the end of 2009 and will draw upon Arabic folklore traditions for its storyline.

"There's a lot of opportunity for us in the Middle East," a Disney exec told VARIETY, who insisted on anonymity. "There's a lot of room for growth for us. It's the international territory that we're most excited about expanding into."

By Awn

dimanche 31 août 2008

Responsable du marketing de la société agroalimentaire La Rose blanche


Jeune Afrique : Pourquoi un fabricant de pâtes tunisien se décide-t-il à communiquer à travers un dessin animé ?
Zied Lazghab : En période de ramadan, il y a une véritable saturation des écrans publicitaires. Les investissements sont moins efficaces. Vous avez beau communiquer trois à quatre fois par jour, votre message est noyé dans la masse de centaines d'annonceurs. Pour sortir de ce matraquage, nous avons voulu développer notre propre forme de communication. Pour le ramadan de 2007, nous avons décidé de créer une sitcom, Icha Makrouna, un dessin animé pour adultes de trente épisodes d'une minute chacun. Ils traitent, avec humour, de sujets de la vie quotidienne d'une famille tunisienne. Une première qui s'est accompagnée d'une stratégie de produits dérivés avec des tee-shirts, des porte-clés et des casquettes ainsi que 10 000 CD des trente épisodes distribués avec nos paquets de pâtes.


Vous renouvelez l'expérience avec une saison 2 sur Hannibal TV. Votre coup marketing a donc réussi ?
Ce concept qui devait servir de levier pour promouvoir la marque a rencontré un très grand succès. Le bilan a été extrêmement positif. La notoriété spontanée de notre marque a gagné douze points. Elle était de 51 % après le ramadan de 2006, pour passer à 63 % à la fin de celui de l'an passé. En 2008, notre objectif est de gagner dix points supplémentaires grâce à la saison 2, dont la diffusion débute le premier jour de ramadan avec des épisodes de deux minutes cette fois.


Est-ce moins onéreux qu'une campagne de pub TV ?
Ce n'est pas plus cher qu'une campagne de publicité télévisée et d'affichage classique. Simplement, nous dépensons ce budget autrement et de manière plus efficace. Selon les études, 80 % des Tunisiens ont vu au moins l'un des trente épisodes lors du ramadan de 2007, alors qu'en général il n'y a jamais plus de 30 % des téléspectateurs qui ont vu une campagne de pub. D'ailleurs notre principal concurrent ne s'y trompe pas et s'engouffre dans la brèche. Il lance sa sitcom, réalisée avec des personnages réels. Si l'on est copié, c'est donc que notre concept est efficace. C'est la guerre des pâtes !

Source de l'article  Jeuneafrique