mercredi 7 octobre 2009

Entretien avec Dalila Nadjam et Nazim Mekebel organisateurs du FIBDA 2009

"La BD est un art dans le plein sens du terme et à ce titre il mérite d'être valorisé et promu." entretien de Christophe Cassiau-Haurie avec Nazim Mekebel et Dalila Nadjam
fibda2009Un vent nouveau souffle sur la BD africaine. Sur un continent où le monde artistique et culturel ne leur reconnaît guère la place qui leur revient, les auteurs de BD se sentent enfin reconnus à leur juste valeur avec l'apparition, en octobre 2009, du nouveau Festival international de Bande dessinée d'Alger (FIBDA). 
Volontaires, engagés et dynamiques, ses organisateurs veulent en faire un lieu de rencontres et d'échanges, une vitrine sur la créativité africaine dans le domaine. Après une première édition réussie, suivie du PANAF de juillet 2009, la seconde édition - du 14 au 18 octobre 2009 - promet de belles rencontres. Entretien avec son commissaire, Dalila Nadjam et Nazim Mekebel, son responsable des relations internationales.
D'où vous est venue l'idée de faire un festival de BD à Alger ?
La BD algérienne a connu une période de floraison qui en a fait dès le lendemain de l'indépendance un mode d'expression extrêmement prometteur. Cette floraison, s'est traduite d'abord par de nombreuses publications puis par un festival dans les années 1980 qui a connu plusieurs éditions et énormément de succès. Aujourd'hui, on peut constater que les mêmes potentialités existent toujours mais que les cadres de prise en charge et de soutien font cruellement défaut. C'est la raison pour laquelle nous avons eu l'idée d'offrir aux jeunes bédéistes les opportunités nécessaires pour montrer leurs travaux, les confronter à ce qui se fait dans le monde et avoir un contact direct avec les ténors internationaux de la bande dessinée. Il va s'en dire que tout cela procède de notre intime conviction que la BD est un art dans le plein sens du terme et qu'à ce titre il mérite d'être valorisé et promu.
      
Quels étaient les principaux objectifs de la première édition du festival ?
Il a fallu sept mois d'efforts conjugués, d'enthousiasme et de passion nécessaire à la réalisation de ce grand projet. C'est cette combinaison qui a permis au comité d'organisation d'être en mesure de tenir son pari. En premier lieu, il fallait ménager les meilleures conditions de crédibilité pour les bédéistes nationaux car il était primordial pour nous de ne pas contrarier leurs attentes. En second lieu, il fallait s'assurer d'une participation internationale de qualité et donc mener un travail de prospection pouvant permettre de repérer, à travers le monde, des personnalités de renom dans le domaine de la BD. Sur ce chapitre, le réseau internet a été le chemin le plus court et le plus sûr dans la mesure où la toile est balisée des sites de grandes rencontres internationales de la bande dessinée. En troisième lieu, nous ne devions pas perdre de vue que l'objectif essentiel de ce premier festival était de promouvoir, revaloriser, réactiver le vivier algérien des producteurs de BD, toutes spécialités confondues ; dessinateurs, scénaristes, dialoguistes, adaptateurs etc. et arracher tout ce potentiel créatif à la marginalisation et à l'éparpillement.

Au final, quel est le bilan que vous en avez tiré ?
Au vu de toutes ces conditions, nous pensons que le bilan de ce premier festival est positif et ce pour plusieurs raisons :
  • de nombreux moments forts ont marqué cette manifestation, notamment les échanges entre le public et les professionnels, entre les auteurs algériens et leurs confrères de nombreux pays étrangers, entre différentes générations de dessinateurs etc.
  • Près de deux cents nationaux ont pris part aux différents concours révélant ainsi un gisement considérable de jeunes talents, dont certains, de surcroît, ont été récompensés.
  • Quatre-vingt-dix-huit professionnels de la BD représentant vingt-six pays ont participé et ce, dans différentes activités : le concours international, les ateliers, les conférences etc.
  • La composition du jury international avec des personnalités imminentes
  • La présence de grands bédéistes à l'instar du suisse Cosey, de l'incontournable baroudeur français P'tiluc, du Congolais Barly Baruti, élève d'Hergé et bien d'autres ;
  • Et pour finir, s'agissant toujours des participants étrangers, les impressions qu'ils nous ont adressées par E-mail sont des preuves éclatantes, si l'on peut dire, que nous avons réussi notre pari. Le visage de l'Algérie qu'il leur a été donné de découvrir, l'accueil et les rencontres professionnelles qu'ils ont pu faire, attestent que le FIBDA a atteint ses objectifs et que le monde algérien de la BD a repris pied dans l'environnement culturel international.
Quelles sont, selon vous, les erreurs qu'il ne faudrait pas réitérer ?
Il serait prétentieux et même anormal de dire que tout était parfait lors de la première édition. Sous d'autres cieux et pour être inscrites dans les agendas culturels internationaux, de telles manifestations font l'objet d'une préparation s'étalant sur des temps beaucoup plus longs, ne fût-ce que pour permettre à des participants pressentis de se rendre disponibles dans les délais requis. L'édition 2008 a été préparée en sept mois seulement !
Il est utile de relever les principales faiblesses et lacunes comme le manque d'expérience, la nouveauté d'une telle manifestation et une communication défaillante. De même que l'éclatement des principaux foyers d'activités et souvent l'éloignement pour ces derniers les uns des autres, ont quelque peu pénalisé le public. Une réflexion a été faite à ce sujet qui permettra de mieux gérer le temps et l'espace. Pour l'édition de 2009, nous avons choisi de concentrer toutes les activités du festival sur un seul site de la Capitale et nous avons élaboré une communication plus performante
      
Pourquoi le choix de la Bande dessinée africaine ?
Ce n'est pas un choix. Cela s'est presque imposé de lui-même.Nous avons découvert les créations africaines grâce entre autres, à votre site. Nous avons été très surpris par la qualité et la créativité des auteurs africains. La BD a sa place en Afrique et les auteurs africains prennent petit à petit leur rang dans le concert de la bande dessinée mondiale. Elle donne une image originale et créative de la réalité mouvementée en Afrique à la différence de la BD occidentale et l'engouement des Africains pour la BD est réel. Mais elle connaît des difficultés de publication dues au coût excessif des maisons d'édition, du faible pouvoir d'achat des lecteurs et l'inexistence des subventions pour soutenir la production des œuvres. Étant nous-même un pays africain, il était logique et légitime de mettre en valeur ce neuvième art et d'unifier les compétences africaines avec celles des internationaux. La première édition du FIBDA a levé le voile sur la richesse des œuvres d'artistes africains et a provoqué un moment d'émotion et de reconnaissance.  

Comment expliquez-vous le fort soutien du Ministère de la Culture ?
Il n'y a rien à expliquer parce que la mission d'un Ministère de la Culture est d'accorder son soutien à toutes les formes d'expressions culturelles. Notre chance c'est d'avoir à la tête du département de la culture une Ministre qui entend faire jouer leur rôle aux institutions placées sous son autorité.

Quel est votre regard sur la BD algérienne ?
L'Algérie a été considérée pendant de longues années comme le pays de la BD dans le Maghreb, voire dans le monde arabe. Aujourd'hui la production de bandes dessinées est faible, et les nouvelles parutions se comptent sur les doigts de la main. Elle a connu ses moments de gloire mais aussi des moments d'infortune totale.
Les années troubles et sanglantes qu'a connues notre pays ont entraîné la disparition de ce mode d'expression. La plupart de nos dessinateurs sont allés s'exprimer là où leur talent trouvait preneur. De très bons bédéistes se sont fait un nom, à l'étranger, en France, aux États-Unis, par exemple. D'autres se sont orientés vers le dessin de presse pour assurer leur survie. Avec la mise en place du festival, il y a un grand espoir de redynamisation de la bande dessinée. Le bilan de la première édition le prouve. Nous avons une jeunesse pleine de créativité. Ce potentiel novateur a encouragé quelques éditeurs à s'investir sur cette ligne éditoriale dont moi-même (1). L'industrie de la BD est en marche avec tout ce que cet art peut entraîner comme ouverture entre autre dans le cinéma.
Pour la prochaine édition, nous allons découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles BD, de nouveaux éditeurs et également un nouveau magazine.

Source de l'article Almoactu

1. Il s'agit de Dalimen éditions, qui vient de publier Cases et bulles de Hilaire Mbiye.

mardi 29 septembre 2009

La 3D dans la publicité tunisienne


«Lakhdher», «3icha makrouna», «Tunis 2050», «Barhouma Barhouma» font désormais partie des personnages et des séries que la rue tunisienne connaît ou affectionne. C’est depuis 2007, que la conquête de l’image animée dans le paysage publicitaire tunisien se met en place
Cette tendance n’est pas propre au marché local. Elle hisse ses voiles dans le monde entier. Pourquoi la publicité se tourne t- elle vers cette nouvelle technique et cela coûte t-il moins cher que la publicité classique ?

 L’animation en 3D dans la publicité en Tunisie, date depuis un peu plus longtemps que cette récente vague. Certains, ont encore le vif souvenir d’une animation qui a toujours été présente dans le paysage publicitaire audiovisuel avec notamment, le spot qui loue les attraits de la réclame dans les salles de cinéma dans les années 70. Ce n’est que dans les années 90, avec l’arrivée des logiciels de synthèse d’images qui sont intégrés aux ordinateurs que la technique devient relativement plus accessible. Tout comme l’avènement de la PAO pour l’édition –Publication Assistée par Ordinateur, celle-ci vulgarise les films d’animations.
La Présidente du SAPA, Afifa Chihaoui (Groupe McCann Tunisie) se souvient : «En 1997 et à mon retour de l’étranger avec FP7, nous avons commencés a travaillé la 3D dans les « packs shot » et dans les animations promotionnelles (jeux) des spots publicitaires. La 3D en Tunisie a beaucoup évolué depuis. Elle progresse vite et bien. Les divers programmes et films publicitaires en sont la meilleure des preuves. Les potentialités sont énormes et aujourd’hui, notre souci est la disponibilité du matériel technique. Il faut vraiment davantage d’investissements dans la technologie. Les compétences sont en place et il y’ a énormément de jeunes qui ont beaucoup de talent et une soif d’apprendre infinie. Ils sont vraiment doués. Il suffit de les encadrer et de leur donner les moyens afin de les aider à percer».
Au jour d’aujourd’hui, les annonceurs sont aussi une catégorie qui se passionne pour la 3D. De plus en plus séduits par la technique, ils ont les budgets qu’il faut pour passer les commandes et soutenir la créativité. Ils voient en la 3D, un moyen privilégié de toucher une cible sur un ton ludique. Si cette recette a visiblement le vent en poupe, c’est parce qu’elle est très proche du public tunisien et de son humour principalement. Elle touche surtout un segment jeune en s’appuyant sur les nombreuses références à son quotidien, reprenant son vocabulaire et se rapprochant au maximum de lui.
Enseignante et chercheur, Amira Trabelsi (ISG Tunis et  ww.marketeuz.com ) a crée un blog qui traite des nouvelles technologies. Elle résume la situation comme suit : «le tunisien s'est familiarisé avec la 3D. Il l’apprécie vraiment et cela explique le recours des entreprises à cette technologie. C'est simple, beau, pas cher, proche de notre quotidien (surtout si le discours des personnages est bien fait) et ça l'air "IN" nouveau et plutôt branché»
Pour expliquer l’engouement des annonceurs pour la 3D, Nejla Chaar, Directeur de la communication de «Tunisiana», est on ne peut plus claire. : «Une marque peut se tourner vers l’animation 3D pour être plus contemporaine et plus innovante par un traitement de l’image différent et différentiateur. Le but d’une marque n’est-il pas de toujours se« démarquer» ? Cette technique permet d’être plus réactif et ne pas avoir à subir la lourdeur d’une réalisation cinématographique traditionnelle avec son lot d’impondérables : conditions météorologiques pour le tournage, disponibilité des acteurs et figurants, stylisme, maquillage.... Il faut aussi retenir que lorsqu’une marque mise beaucoup sur la publicité on-line, la 3D s’avère être la technique la plus appropriée en termes de compatibilité de formats et de poids».
Cependant, produire une pub en 3D, coûte t-il moins cher pour les entreprises ? Pour CGS et son Directeur Général Riadh Ghariana, la réponse est affirmative. «Généralement, la 3D est moins chère que le tournage réel, mais le recours des annonceurs à des pubs en 3D n'est pas lié uniquement au coût.

Le prix se détermine à partir de plusieurs critères, tels que le nombre de décors, de personnages, de la durée du spot,...C'est une équation entre différents paramètres. Il faut compter, entre 15 000 d à 50 000 d pour un spot d'une certaine complexit»
Du côté des annonceurs et des décideurs qui gèrent les budgets de création, on refuse de se contenter de répondre par l’affirmative. Najla Chaar rétorque activement : «Ce n’est ni plus cher, ni moins cher. Cela coûte le coût de l’art, du temps, de l’innovation et de l’imagination. Réaliser une idée forte et différente coûte aussi à une marque les moyens qu’elle a consentie à mettre pour atteindre un objectif»
La question qui reste en suspens est alors, sans appel : Quel est le coût de l’art ? Celui du temps, de la réussite et du prix à mettre pour créer la différence entre les entreprises ?
Le cas des pâtes « Rose Blanche » est l’un des plus édifiants. La marque parie sur un feuilleton télévisé depuis 3 ans pour traiter avec humour et dérision la vie d’une famille tunisienne moyenne. La série qui dure deux minutes, passe durant le mois de ramadhan qui représente un pic dans l’investissement publicitaire au sein des entreprises tunisiennes. La marque semble satisfaite de sa stratégie. Son taux de notoriété pourrait atteindre 50 ou 60 % pour cette année. Zied Lazghab, responsable du Marketing de la société alimentaire déclarait dans le magazine Jeune Afrique «notre feuilleton a permis d’accéder à une notoriété généralisée avec plus de 60% des personnes interrogées qui ont regardé au moins un épisode ; Plus un seul tunisien n’ignore notre série. Et à un cout abordable. Le prix d’un épisode de deux minutes d’icha Makrouna équivaut à un spot de 30 secondes de 100 000 d à 160 000d»
Pour les professionnels, le marché de la publicité en Tunisie est en train de mûrir. Selon Hassen Zargouni, patron de Sigma Conseil, ceci témoigne «de la place qu’il y’a pour une vraie industrie de la production audiovisuel» Il lui reste, entre autres, à passer à une vitesse supérieure : Investir complètement l’approche interactive.
Il semble que l’un des avenirs possibles de la publicité, se trouve dans l’interactivité. Le consommateur ne pourra, ni voudra, subir plus longtemps les messages publicitaires. Najla Chaar précise à ce sujet, que le consommateur «voudra agir de plus en plus. D’ailleurs, cela fait plusieurs années que l’on parle de «consommateur». Les exemples de jeux publicitaires en ligne (Advergames) sont nombreux à l’étranger. En Tunisie, quelques marques s’en sont un tout petit peu rapproché. Quoiqu’il en soit, si l’interactivité est l’avenir de la publicité, la technique d’animation 3D est pour le moment, la technique qui lui est la plus approprié».
Loin d’être une technique pour amateurs, vulgarisée par des logiciels accessibles à tous l’animation 3D est un univers de créativité. Les animations 3D sont des œuvres artistiques à part entière. Les plus enthousiastes estiment que l’image virtuelle serait même un atout pour l’Art. N’étant pratiquement pas soumise à l’impondérable, elle peut repousser les limites de l’imagination. Un fait est désormais certain, elle est désormais l’un des alliés majeurs de l’entreprise.
Au jour d’aujourd’hui, la question est de savoir si la créativité tunisienne est arrivée à maturité. La qualité des films tunisiens est –elle en mesure d’être reconnue par les publicitaires européens et ceux du monde entier ? Peut-elle envisager de s’exporter ?
Par Amel Djait - Source de l'article Webmanagercenter

jeudi 10 septembre 2009

Tunisie : L’Ambouba allume la Médina


«L’'Ambouba», film d’animation tunisien sera projeté, en avant première, au Palais de Kheireddine à la Médina de Tunis durant la soirée du samedi 12 septembre, à partir de 22h00. Il sera suivi par un long métrage d’animation français : «Les Triplettes de Belleville».
Dans le cadre du Festival de la Médina, le Palais Kheireddine n’abrite pas uniquement les concerts de musique à tendance traditionnel et de la variété. L’Institut Français de Coopération, partenaire de l’événement, s’implique afin de « donner du jus à nos soirées » à travers le cinéma d’animation.
Le cinéma tunisien s’anime !
Voilà que l’IFC cherche à nous faire découvrir la nouvelle vague du cinéma d’animation tunisien ! En ce samedi 12 septembre, on aura sur la toile, en avant première exceptionnelle, «L’Ambouba». Réalisé par Nadia Raïs et produit par Audimage, ce film est un court métrage de 9 minutes. Il raconte l’histoire d’ «Ambouba» qui ne doit pas oublier son rendez-vous avec Meherzia et Beya avant 17h à Tunis Marine II, un jour où il n’y a plus de repère temporel autre que les aiguilles d’une horloge qui tournent de plus en plus vite. Ambouba oublie et rate son rendez-vous. Rappelons que le cinéma d’animation en Tunisie commence à avoir des adeptes. A commencer par le long métrage “Les Naufragés de Carthage”, une production de Cinétéfilm. La production de film d’animation de réalisateurs tunisiens commence à intégrer le paysage audiovisuel national. On notera en 2008, «Ryeh» réalisé par Lotfi Mahfoudh, ainsi que «L’enfant Roi» de Mohamed Houssine Grayaa, qu’on a connu comme comédien dans le cinéma dans des films tel que «Noces de Lune» de Jilani Saadi ou «Cinecitta» de Brahim Letaief. Voilà qu’on assiste à la naissance de toute une génération de créateurs de films d’animation tunisiens.

Les Triplettes s’aventurent…
Mais «L’Ambouba» n’occupera que 9 minutes de la soirée, le plat de résistance reste «Les Triplettes de Belleville». Ce long métrage d’animation français est d’une durée de 01h20. Réalisé par Sylvain Chomet, ce film raconte l’histoire de Madame Souza qui ne s’attendait pas à ce que son idée d’offrir un vélo à son neveu aille bien au-delà de ses espérances. L’entraînement, une alimentation adaptée et le Tour de France n’était pas loin…La « mafia française » non plus qui, repérant le futur champion cycliste, l’enlève. Mme Souza, accompagnée de trois vieilles dames, les Triplettes, devenues ses complices, devra braver tous les dangers dans une course poursuite ébouriffante. Ce film est une sélection officielle au Festival de Cannes en 2003.
Voilà une soirée qui pourrait mettre des couleurs à l’écran et une ambiance positive en l’air. Mais surtout, elle fera éviter à certains le matraquage publicitaire que nous font subir les chaînes nationales en ce mois de ramadan. Une soirée sans pub qui n’en aurait pas rêvé !
source de l'article Tekiano

mardi 8 septembre 2009

La bande dessinée en Tunisie. Petite histoire et grande passion.

On s’accorde à faire remonter la naissance de la BD en Tunisie à 1965, l’année de la parution de la revue pour enfants Irfane, qui autour de Hassanine Ben Amou regroupa une équipe de bédéistes passionnés. 

La bande dessinée en Tunisie. Petite histoire et grande passion. | Jalel El GharbiEn Tunisie, le neuvième art est ainsi lié aux revues. Chahloul emboîta le pas à Irfane en 1968, et dix ans après, on vit la naissance d’une autre revue, Anis. 
En 1984, Qaous Kouzah (arc en ciel) réunit les bédéistes les plus confirmés du pays : Chedly Belkhamsa, Habib Bouhaouel, Moncef Kateb… 
Les bédéistes tunisiens ont depuis 1997 leur salon. Malgré le peu de moyens, ils se retrouvent chaque année à Tazarka (75 kms de Tunis), avec à l’ordre du jour des expositions, des ateliers et surtout des rencontres. 
A cette occasion, nous avons posé quelques questions à Seif eddine Nechi, un jeune bédéiste passionné. Seif eddine Nechi est un dessinateur autodidacte. Ce psychologue de formation a été tour à tour illustrateur au Renouveau (rubrique des faits divers) et animateur dans un atelier de dessins animés… Il a également collaboré à toutes les agences de pub de Tunis. Il est aujourd’hui directeur de création dans une de ces agences. Il travaille actuellement à son premier album de BD en collaboration avec Tahar Fazaa : Les Tunisiens. 

Quelle est la situation de la BD en Tunisie (par rapport aux autres pays maghrébins, par exemple)? 
Je ne peux me prononcer dans une perspective comparatiste pour répondre à votre question. 
Par contre, je pourrais subjectivement exprimer mon engagement enthousiaste quant à la possibilité de promouvoir cet art. 
Jusqu’aux années 90, la BD existait chez nous et puis elle a périclité. Je crois que cela est dû à la disparition des magazines de BD comme Kaous kouzah et à la pauvreté du contenu d’autres magazines qui ont refusé de suivre les jeunes. 
Ces magasines continuaient à répondre à leur attente avec des propos et des dessins anachroniques qui rappellent le début du 20ème siècle. 
L’état des lieux est à mon sens très clair: soit il n’y a pas de BD… soit il y en a des essais médiocres… Mais le plus courant, c’est le déferlement de mangas chez nos jeunes… Je ne serais pas contre, si seulement nos jeunes bédéistes pouvaient sortir quelque chose de fort et réussir au moins à relancer un débat autour de la BD tunisienne agonisante. 


Qu’est-ce qui selon vous entrave cet art en Tunisie? 
1- Les gens mêmes qui se disent les gardiens du temple de la BD tunisienne. 
2- Les jeunes qui ne veulent pas défier la médiocrité et rompre ce cercle, et là je le dis haut et fort : nos jeunes, dans les domaines artistiques, sont prétentieux ; ils parlent plus qu’ils ne produisent, ils n’ont aucun esprit d’initiative – j’assume mon opinion, et que celui qui veut me contredire le fasse avec une production artistique… 

Quel est l’apport de Tazarka? 
Vous savez, Tazarka est un salon et pas un festival… et comme dans un salon, l’esprit est d’être dans une espèce de proximité entre l’artiste et son art avec un public qui peut être avisé ou non. Cette proximité n’est pas toujours confortable et peut même être périlleuse… 
Par ailleurs, la désorganisation peut parfois gagner du terrain, vu que l’équipe fait confiance aux volontaires qui peuvent parfois se désister… 
En tout cas ce salon existe et résiste depuis 13 ans…et malgré son caractère modeste, il a donné lieu à des impressions de quelques travaux d’enfants, à l’édition de quelques autres… 
Ce salon peut être critiqué à tort ou à raison…mais voilà, il a le mérite d’exister. 
Quels sont vos projets? Comment insuffler un souffle nouveau à la BD en Tunisie? 
Je travaille sur ma BD mais je prépare aussi l’album suivant ... Sinon, Abou Seoud Messadi, Imed Zahraoui et moi, sommes tous enthousiastes et déjà prêts pour le prochain salon. D’ailleurs, on commence les préparatifs dès la fin du mois de ramadan… 

Par Jalel El Gharbi - Source de l'article Babelmed

jeudi 3 septembre 2009

Voyage autour de la Méditerranée

Un voyage autour de la Méditerranée

Un voyage autour de la Méditerranée
Il y avait déjà l’équivalent pour l’Europe. L’histoire est tout aussi simple : deux enfants, Anne et Malek, parcourent les rives de la Méditerranée à la découverte des cultures et des différents patrimoines. Ils vont visiter 43 pays au total, car en plus de pays baignés par la Méditerranée, s’ajoutent la Jordanie, la Mauritanie, et le Portugal.

Une affaire de générations

Une affaire de générations
L’idée de s’adresser à une population jeune n’est pas anodine. Ce sont eux qui « construisent l’avenir », pour Hanifa Cherifi. Une fois que l’enfant dispose du cahier, il l’étudie en classe, mais il peut aussi le rapporter à la maison, et aller plus loin dans la découverte avec ses parents. Pour Hanifa Cherifi, « c’est un objet de partage familial ».

Un vrai succès

Un vrai succès
Cinq à six mille cahiers ont déjà été livrés. Ils rencontrent pour l’instant un franc succès auprès des enseignants, mais aussi des milieux diplomatiques. Quant à la traduction de ces cahiers dans d’autres langues, Hanifa Cherifi se montre prudente. « Ce ne sera pas à l’initiative de la France ». Pas question d’imposer quoi que ce soit : c’est aussi ça l’ouverture sur les autres cultures.
Le cahier de découverte « Un voyage autour de la Méditerranée » est téléchargeable sur internet !
 

Un an pour passer de l'idée au concret

Un an pour passer de l'idée au concret
L’idée de ces cahiers a germé en juillet 2008, juste après un colloque intitulé « Femmes traits d’union de la Méditerranée au Sénat » (Terrafemina était l’un des organisateurs). A l’initiative de Laure Darcos, l’épouse du Ministre de l’Education Nationale, des femmes se sont réunies dans le but de lancer une action en faveur des quartiers. Hanifa Cherifi propose alors une idée : des cahiers pour enfants, qui leur feraient découvrir toutes les cultures de la Méditerranée. 

Hanifa Cherifi connait bien l’importance de l’ouverture sur les autres cultures. Elle a été médiatrice nationale dans les affaires de voiles islamiques et conseillère technique auprès du ministre de l’Education nationale et inspectrice générale de l’Education nationale. Membre de la Commission Stasi et membre fondatrice des « Rencontres des Français d’origine algérienne et des Algériens de France ». Elle a également été membre du Conseil d’Analyse de la Société.

En suggérant ces cahiers éducatifs, elle a voulu « revenir à l’esprit d’amitié et de concorde entre les femmes, l’idée principale étant la transmission de pensée ».

En juin 2009, les cahiers de la Méditerranée ont été mis à disposition des enseignants et des élèves. 

Des enjeux diplomatiques

Des enjeux diplomatiques
« Les enjeux étaient importants car à travers l’aspect ludique, il s’agit de présenter des informations, des identités et des symboles pour chaque pays », rappelle Hanifa Cherifi. Il a donc fallu recueillir l’avis de conseillers diplomatique pour chaque pays concerné. Par exemple, difficile d’évoquer la question palestinienne, mais aussi Chypre et la Turquie.

Par Alix Foriel - Source de l'article Terrafemina

Le cahier de découverte

mardi 1 septembre 2009

Malamine, un Africain à Paris - Par Edimo et Mbumbo - Editions Les enfants Rouges

Entre espoir et rancœur, Malamine est l’histoire d’un Africain contraint de quitter son pays natal pour la capitale française. Docteur en économie, il tentera d’aider ses frères et l’Afrique à sa manière. Une aventure humaine captivante.

Résultat de recherche d'images pour "Malamine, un Africain à Paris - Par Edimo et Mbumbo - Editions Les enfants Rouges"C’est l’histoire d’un homme qui a du mal à trouver sa place, que ce soit chez les siens en Afrique ou dans son pays d’accueil, la France. Malamine est titulaire d’un doctorat en économie de la Sorbonne. Avec ce diplôme, il retourne chez lui en espérant faire changer les choses et améliorer l’économie des pays africains. Mais dans ces contrées, ceux qui veulent aller de l’avant ne sont pas forcément bien accueillis.

Malamine revient donc à Paris. Bien que s’occupant d’une partie du clan, il se sent inutile. En lui sommeillentl’amertume et la colère, frustré par l’idée qu’il n’arrive pas à aider l’Afrique. Car si lui, un intellectuel diplômé, qui écrit un livre sur l’économie africaine ne peut pas améliorer la vie de ses frères, qui pourra le faire ? Son impatience et son désarroi vont alors le mener sur les traces d’un groupe politique dangereux…

Les auteurs de cette bande dessinée, Edimo (franco-camerounais) et Mbumbo (camerounais) font partie de l’association « L’Afrique dessinée » qui a pour but de témoigner des réalités africaines et de créer des échanges internationaux pour les auteurs.

L’histoire de Malamine et de ses amis, est un récit à la Ken Loach. Elle montre les difficultés interethniques en Afrique, la vie dans certains milieux africains parisiens et l’indifférence de la France face à ces nouveaux arrivants.

Un album en noir et blanc où tous ces problèmes, extrêmement complexes, sont abordés avec une grande acuité.
Par  Morgane Aubert - Source de l'article ActuaBD

dimanche 23 août 2009

La télé britannique va diffuser The 99, les supers héros musulmans

Nous vous l'avions annoncé il y a quelque temps, Endemol envisageait sérieusement d'adapter le comic The 99 en série animée.


Pour mémoire, The 99 est un comic créé par le psychologue koweïtien Pr Naif al-Mutawa. Chacun de ses héros est censé représenter une des 99 vertus d'Allah. Pour autant, la série ne vise pas le prosélytisme et les signes religieux sont plutôt rares.

Afficher l'image d'origineUn seul des personnages féminins, Batina the Hidden, porte la burka par exemple. Et les héros sont issus des cinq continents, dont certains dans des pays qui ne sont même pas musulmans. Cela dit le comic ne pourra faire apparaître les 99 héros, car il est interdit de représenter les 99 vertus d'Allah.

Cette idée est venue à l'auteur quand il a entendu le récit d'hommes ayant été élevés avec l'idée que Sadam Hussein était un héros. Il a expliqué qu'à ce moment-là, il avait « décidé que le monde arabe avait besoin de meilleurs modèles ». Et l'auteur compte bien s'adresser aux enfants du monde entier peu importe leur religion, car son comic est « basée sur des attributs tels que la générosité ou la miséricorde. Ce ne sont pas choses sur lesquelles l’Islam a un monopole ».

Un objectif qu'il va peut-être bientôt pouvoir réaliser puisque The 99, va être diffusé à la télévision au Royaume-Uni, grâce à l'adaptation produite par la société Endemol. Aux Etats-Unis, The 99 fait aussi parler de lui, avec la possibilité d'un cross-over avec les héros de DC Comics (Batman, Superman, Wonder Woman...).

Par Clément Solyn - Source de l'article Actualitte

jeudi 20 août 2009

Barhouma, la nouvelle série d’animation de Tunisie 7


Tunisie 7 dévoile sa toute première série télévisée en dessin animé : «Barhouma», diffusée en exclusivité sur la chaine nationale pour la première quinzaine de Ramadan.

Après le mini buzz créé pour la série 3D 2050 qui va passer sur Hannibal TV pendant le mois de Ramadan (lire notre couverture), voici que sa rivale Tunisie 7 monte au créneau et dévoile, elle aussi sa toute première série télévisée en dessin animé : «Barhouma».

Tel est le nom du personnage principal de cette série. Chauffeur de taxi de son état, ce personnage reflètera le quotidien des Tunisiens d’un point de vue critique. Mélangeant humour, sarcasme et sérieux à la fois, la série Barhouma mettra à nu le citoyen Tunisien avec ses vices mais aussi ses vertus. 

Le premier réseau social mondial Facebook, fort de ses quelques 700 000 Tunisiens inscrit (voir notre article), continue à être le support de créativité des artistes tunisiens ainsi qu’un formidable outil de buzz… Ainsi ce réseau est une fois de plus le vecteur privilégié de diffusion pour des séries avant-gardistes.

La série Barhouma a été produite par l’agence de création graphique et de communication Morbiket et elle sera diffusée en exclusivité sur la chaine nationale Tunisie 7 chaque jour, durant la première quinzaine de ramadan, juste après la rupture du jeûne.
Source de l'information Tekiano

  1. Barhouma Ep01 - Accueil

    mayfootekchay.tv/isctube_show.php?...Barhouma...

    Barhouma Ep01 ... Série animation humoristique. 

  1. Barhouma Ep02 - Accueil

    mayfootekchay.tv/isctube_show.php?sti=Barhouma...

  2. arhouma Ep04

    mayfootekchay.tv/isctube_show.php?...Barhouma...


Barhouma Ep05

mayfootekchay.tv/isctube_show.php?...Barhouma...




  1. Barhouma Ep08

    mayfootekchay.tv/isctube_show.php?...Barhouma...



Barhouma Ep11

mayfootekchay.tv/isctube_show.php?...Barhouma...















samedi 15 août 2009

Entretien avec Mohamed Habib Attia, producteur exécutif de la série de dessins animés Viva Carthago: «L’important c’est que nos studios d’animation existent et que le spectacle continue ...»


Pourquoi avoir intitulé le film Viva Carthago,  alors qu’en  fait la fable n’est pas centrée sur Carthage? 
Il est vrai que cette série de dessins animés de 13 épisodes de 26 minutes comporte trois épisodes qui évoquent Carthage, mais le film est en fait un montage cohérent focalisant sur la fuite des héros après la chute de Carthage. Le film a en fait pour intitulé Les Naufragés de Carthage et met en scène les aventures d’une équipe d’aventuriers carthaginois menée par un garçon de dix ans qui traverse le temps à bord d’un vaisseau enchanté et qui partent à la découverte des rives de la Méditerrannée et de l’antiquité pharaonique, grecque et carthaginoise.
Et à travers ces péripéties, c’est la civilisation phénicienne qui est véhiculée. 

Justement, pourquoi ne pas avoir focalisé le film sur l’histoire de Carthage? 
Pour une certaine cohérence du propos, je vous l’ai dit, il y a eu un remontage pour le film. De toute façon, on ne cache pas que le film est un extrait de la série et si nous avons tenu à sortir sur les écrans la version film Viva Carthago, c’est essentiellement pour avoir ce contact avec le public d’enfants de 8 à 14 ans auxquels la série est destinée.
C’est aussi une manière de créer l’événement et de susciter l’intérêt autour, aussi bien du film que de la série. Le film est une valorisation symbolique du produit, ce n’est qu’une vitrine au fond. 

Mais le fait d’avoir tiré un film est aussi une exigence d’un des bailleurs de fonds, en l’occurrence le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, n’est-ce pas? 
Absolument, outre qu’une version en film (long métrage) de la série circule mieux dans les festivals de par le monde. 

Quel a été votre intention première en produisant ce film? 
L’intention première est née en 2000 du désir et de la motivation du producteur Ahmed Bahaeddine Attia de raconter, à travers le cinéma, l’histoire antique de la Méditerrannée et de Carthage du point de vue des gens, des créateurs et des penseurs, des historiens du Sud et non point comme cela a été pratiquement toujours le cas à travers le prisme des gens du Nord.
Et c’est une façon de proposer notre propre regard sur notre propre histoire loin des péplums et des dessins animés hollywoodiens, italiens et autres d’Occident qui ont pour la plupart présenté Hannibal comme un guerrier sanguinaire et les Phéniciens des commerçants chauvins, uniquement intéressés par le commerce et l’argent, alors qu’on le sait, Hannibal était un héros et un grand stratège militaire et les Phéniciens un peuple créateur.
Et pour être fidèle à l’histoire, à la culture, et à la civilisation carthaginoises, nous avons fait appel au Dr Hassine Fantar en tant que conseiller historique et que nous remercions d’ailleurs à l’occasion, car il fait partie de la trempe des historiens hors pair.
Bref, au fur et à mesure que le scénario de la série se développait, nous avons opté pour le dessin animé afin de traduire tout cela de manière pédagogique au public d’enfants. Ayant fait appel à des spécialistes du dessin animé, nous avons décidé de focaliser sur le côté attractif de ces personnages qui vivent des aventures palpitantes tablant à la fois sur l’importance du message et sur l’aspect divertissant, essentiellement cinématographique. 


Qui a dessiné les personnages? 
D’après la documentation et les conseils du Dr Fantar, nous avons tout créé : les personnages, les décors, les accessoires, les costumes. Tout a été validé par l’équipe de la documentation. Les dessins ont été esquissés par une équipe de designers chapeautée par le réalisateur algérien Abdelkader Belhadi et l’artiste Slah Hamzaoui en tant que directeur artistique. 

Justement,  pourquoi un réalisateur algérien? 
L’option pour le dessin animé étant faite, il fallait faire appel à des professionnels capables de faire face à un travail de cette envergure. Nous avons donc commencé par mettre en place une structure de formation et la création d’un studio auquel il fallait un directeur. Et c’est fortuitement que A.B. Attia a fait la connaissance de Abdelkader Belhadi dans une maison de production française de dessins animés, «La fabrique». Venu d’abord en auditeur du projet, il a fini par rester pour chapeauter les studios et réaliser, à partir de 2002, la série. 

Pourquoi avez-vous opté pour le style réaliste? Est-ce qu’il y a eu sous-traitance dans d’autres studios en Asie. 
On ne pouvait choisir ni le style cartoon (hollywoodien), ni celui manga (asiatique). Ainsi le style réaliste où les personnages ressemblent à la physionomie des hommes s’est imposé à nous parce que nous racontons des histoires, des aventures.
Mais s’il est vrai qu’il y a eu sous-traitance ce sont seulement les intervalles (les poses intermédiaires des personnages) qui ont été sous-traités dans des studios nord-coréens, soit 20% de la production. Et si nous avons opté pour la sous-traitance, c’est que nous n’avions pas le personnel technique adéquat car pour un seul épisode, il faut 150.000 dessins et pour ça il est nécessaire d’avoir une équipe de 300 animateurs chevronnés que nous ne pouvions pas former en deux ans. Une telle formation nécessitant au moins 10 ans.

Pourquoi avoir opté pour l’arabe littéraire et l’enregistrement des voix au Liban? Des voix tunisiennes auraient pu créer une relation de proximité… 
Nous avons tenté l’expérience durant deux mois à Tunis pour un seul épisode, mais ce n’était pas du tout concluant.  Les acteurs n’ont pas l’habitude d’un tel exercice méticuleux : lire les dialogues et regarder en même temps l’écran, afin de vivre le personnage. Nous avons été obligés d’opter pour des studios libanais. Quant à la langue, on aurait aimé utiliser notre dialecte, mais c’est une question de marché et de rentabilité. Pour vendre dans le monde arabe, il vaut mieux opter pour l’arabe littéraire. 

Justement, est-ce que le film a été vendu? 
Oui. En Algérie, au Maroc et nous sommes en contact avec un distributeur français.
Outre que Les Naufragés de Carthage a participé à plusieurs festivals internationaux : Carthage, Vues d’Afrique à Montréal, Amsterdam, Portugal. 

Et la série? 
Elle a été vendue à l’ERTT qui est coproductrice, à Canal+ (la chaîne «Ma Planète»), la RAI, Jazeera Children Channel, outre qu’un distributeur anglais s’occupe de la vente de la série sur les chaînes anglophones. 

A combien s’est élevé le coût de cette série? 
Le film et la série font partie du projet Euromédiatoon qui a démarré en 2000 et notre maison de production «Cinétéléfilms» est chef de projet en la personne de son fondateur A.B. Attia. Cela avec essentiellement le soutien de la Commission européenne à hauteur de 70% dans le cadre du programme audiovisuel Euromed International, le budget global étant de 6 millions d’euros (10 millions de dinars).
Le projet intègre en plus de la série de DA Viva Carthago, la mise en place d’un studio de fabrication de DA. C’est aussi une sorte de transfert de savoir dans le bassin méditerranéen. Outre la création de nouveaux métiers, nouvelles technologies et spécialités dans le Sud. Le premier volet structurant a été concrétisé par un cycle de formation.
Un 2e volet implique la production d’une série de documentaires parallèles aux DA intitulée Histoires méditerranéennes, soit aussi 13 épisodes de 26 mn. Une sorte de complément historique traitant de manière pédagogique des personnages historiques phare  montrés dans le DA, tels Hannibal, l’amiral Hanon et d’autres. Les prises de vues réelles côtoyant les séquences animées en 2D et 3D.
Parmi les bailleurs de fonds, je citerai donc la Commission européenne, le ministère de la Culture, l’ERTT, l’Agence de la francophonie, la coopération française, outre des coproducteurs français, italiens et belge, le producteur majoritaire étant «Cinétéléfilms». 


Enfin, après  Viva Carthago qu’adviendra-t-il de «Tunis Animation Studio» que vous avez créé pour l’occasion? 
Le vrai défi, après ce projet si long et si difficile à réaliser durant  5 ans depuis l’année 2000, c’est que nos studios ont vu le jour et il faut poursuivre maintenant dans la même voie, exister, continuer le spectacle en développant de nouveaux projets tel Ségou Fanga, premier long métrage malien en dessins animés. Une coproduction tuniso-franco-malienne.
Nous travaillons également en sous-traitance  avec des producteurs européens de renommée, comme «La fabrique», «Demas and Partners», l’un des plus grands studios italiens, sur deux séries de 26 épisodes où 30% du cycle de fabrication se fait chez nous. Tout ça grâce au projet Viva carthago qui a constitué une sorte de point de départ et de vitrine pour la suite. Et les studios européens sont d’autant plus intéressés que la Tunisie jouit d’une proximité géographique, d’une grande ouverture culturelle, alliant la qualité de la production à la compétitivité. 


Propos recueillis par Samira DAMI 
Source La Presse & LeTunizien