dimanche 7 février 2016

BD tunisienne Soubia : miroir déformant d’une réalité malformée

Le propre d’une bande dessinée est de faire évader le lecteur avec ses supers héros, de parcourir un scénario avec une morale à la fin, de faire rire, d’exciter, d’amuser… Rares sont les bédéistes tunisiens qui éditent une BD pour choquer…

Mais sous le regard de l’actualité du moment, la dernière BD “توحش” (ou sauvagerie) du bolg Soubia n’est rien de plus qu’une transcription exacte de ce que nous avons vécu une année durant, de ce qui est en train de se passer encore dans le monde.

Aymen Mbarek (scénariste) et Seif Eddine Nechi (caricaturiste) n’en sont pas à leur première collaboration. Le Lab 619 les a rassemblé à une période, l’encre de Soubia (poulpe en français) les a réunis en ligne encore une fois. Le résultat, des jets de BD qui font réfléchir… 

Entretien avec Seif Eddine Nechi :


Pourquoi Soubia ?

Soubia c’est pour dire Soubia l’animal sèche, encre et tout… Après des expériences passées, Aymen Mbarek et moi avions décidé de lancer Soubia pour notre propre plaisir et pour le plaisir de partager nos travaux.

On l’a lancé en février 2015 avec deux BD et maintenant on a lancé une troisième dont les sujets émanent de l’inspiration du moment… Sachant que ce dernier travail, on l’a commencé fin 2015…c’est quand même une année très dure…

La dernière BD est si sombre… j’ai remarqué aussi qu’il n’y a aucun dialogue, aucune bulle et c’est choquant, c’est voulu?

Oui c’est voulu, et oui ce travail est choquant et il était pénible à réaliser. Chaque vignette dessinée ou presque nous rendait malheureux et nous coûtait sur le plan psychologique. Au fait, chaque histoire est un voyage pour nous ( c’est ce que nous recherchons) des fois c’est agréable et des fois c’est pénible… Notre objectif n’est ni celui de donneurs de leçons ni celui de philosophes.

J’ai l’impression de voir un récapitulatif des drames de l’année dernière, Et une appréhension de ce qui peut arriver dans le futur…

Il n’y a aucune appréhension, le travail est ponctué par sa sortie…on n’a pas de ligne directrice (heureuse ou malheureuse; humour ou pas)…la seule chose qu’on évite est celle d’émettre des sagesses ou des définitions.

tawahoch-soubia

On sent une nette différence, le graphique prend presque le dessus sur le scénario…

Oui cette BD qui est sans bulles, elle oblige une certaine attention…elle n’est pas balisée et n’est pas structurée, sans souci de succession chronologique…c’est un vomi, un largage de restes qu’on a subi. Cette BD, si s’en est une, est un miroir déformant d’une réalité malformée.

Je ne sais pas si on doit parler de scénario dans ce cas…même si il y a une structure vers la fin du travail…mais non on n’a pas de définition à ce travail, on laisse le soins aux lecteurs de le faire eux même.

Pensez-vous éditer une version papier?

Peut être, on fera des collectors limités de toutes les façons on ne s’inscrit dans aucun registre.

Nous proposons aux lecteurs de découvrir cette dernière production de Seifeddine Nechi et Aymen Mbarek, une “symphonie de destruction” à écouter avec les yeux, disponible en téléchargement gratuit en ligne, tout en les invitant à parcourir les autres BD de l’univers SOUBIA. http://www.soubia.com/

Par Sara Tanit - Source de l'article Tekiano

BD: le succès grandissant des super-héros africains

Eru, inspiré du dieu de la peur Yoruba, est un des super-héros des jeunes créateurs de la start-up Comic Republic.
© Comic Republic
Ils sont nés en Afrique et se battent pour le continent. Les nouveaux super-héros africains sont sortis de l’imagination de jeunes créateurs nigérians ou sud-africains, qui se réapproprient les codes de ce genre, sur un marché largement dominé par les géants américains Marvel et DC Comics et leur cortège de héros blancs.

Le premier super-héros sud-africain s’appelle Kwezi, « étoile » en xhosa et en zoulou, deux des langues sud-africaines officielles. Kwezi est un jeune homme de 19 ans, débrouillard, narcissique et ultra-branché, adepte des « selfies » et obsédé par sa popularité sur les réseaux sociaux.

Mais les pouvoirs surnaturels dont il est doté vont conduire le jeune Kwezi dans une quête initiatique et identitaire, à travers Gold City, une ville qui ressemble à s’y méprendre à Johannesburg. Les dialogues de cette série sont d’ailleurs relevés d’argots, d’expressions ou de blagues typiques de la culture populaire sud-africaine.

Le héros sud-africain Kwezi évolue à Gold City, double imaginaire de Johannesburg.
© Kwezi Comic
s
Le premier numéro de la série Kwezi a été publié en 2014 par Loyiso Mkize, un jeune artiste sud-africain de 29 ans. Son ambition : créer un super-héros « qui parle et pense comme un Sud-Africain » et qui évolue dans le même environnement que ses lecteurs. Et ce désir est partagé par d’autres jeunes auteurs africains, notamment au Nigeria.

Mythologie locale

A Lagos, la start-up Comic Republic a créé plusieurs super-héros africains, un peu sur le modèle des Avengers de Marvel. Sauf que ces personnages sont très ancrés dans la culture et la mythologie locale.

L’idée de son créateur Jide Martins, c’est que « l’on n’a pas besoin d’être blanc pour sauver le monde ». Lui et son équipe ont donc créé Eru, professeur le jour à l’Université de Lagos, qui devient à la nuit tombée une réplique du dieu de la peur Yoruba. Ou encore Ireti, une féroce guerrière protectrice du Royaume Yoruba et assoiffée de nouvelles conquêtes.

Le Nigeria sert également d’inspiration et de décor à la bande dessinée E.X.O. La légende de Wale Williams de Roye Okupe, dont l’intrigue se déroule à Lagoon City. Une Lagos futuriste, ravagé par la corruption et prise d’assaut par les islamistes.

Succès international

Vu les contraintes budgétaires, les éditions papier restent plutôt limitées. En revanche, la série sud-africaine Kwezi, tout comme les bandes dessinées de Comic Republic, sont accessibles en ligne et leur popularité est grandissante en Afrique, et au-delà.

Depuis la publication du premier numéro mettant en scène un super-héros habillé aux couleurs du drapeau nigérian, Comic Republic est ainsi passé d’une centaine de lecteurs à 28 000 pour le dernier numéro !

De plus, 30 % des téléchargements seulement sont réalisés depuis le Nigeria. L’autre moitié provient des Etats-Unis et d’Angleterre et, plus marginalement, de pays tels que le Brésil ou les Philippines.

Projet de série

En attendant des adaptations au cinéma ou des produits dérivés de ces bandes dessinées, le public pourra toujours se rabattre dès le mois de mai 2016 sur la première série télévisée mettant en scène un super-héros africain.

Entièrement tournée et produite à Johannesburg, la série racontera l'histoire de Jongo, un jeune homme qui acquiert des super-pouvoirs en touchant un cristal extraterrestre, légué par son père mineur de fond. Une preuve supplémentaire de l’intérêt croissant des Africains pour des héros qui leur ressemblent.

Par Liza Fabbian - Source de l'article RFI

vendredi 5 février 2016

Innovation: Maroc Numeric Fund investit dans les jeux vidéo

Rym Games, studio marocain de développement de jeux vidéo, a annoncé une levée de fonds de 2,8 millions de dirhams auprès de Maroc Numeric Fund. 


Résultat de recherche d'images pour "Innovation: Maroc Numeric Fund investit dans les jeux vidéo"Le studio de jeux vidéos, Rym Games, a annoncé ce vendredi 5 février avoir réalisé une levée de fonds de 2,8 millions de dirhams auprès de Maroc Numeric Fund. Selon un communiqué, “les fonds levés seront totalement investis au Maroc. Ils permettront à l’entreprise de financer le développement de son 1er jeu ainsi que les opérations marketing lui permettant sa distribution à l’international”.

Créé dans le cadre du plan Maroc Numeric 2013, stratégie développée par le ministère de l'Industrie, Maroc Numeric Fund et plus qu’un simple levier financier. Accélérateur pour les start-ups à fort potentiel, il intervient en tant qu’actionnaire actif en apportant aux entreprises, en plus de l’investissement, conseils et suivi à ses dirigeants, tout en siégeant à leurs organes sociaux.

Source de l'article H24info

jeudi 4 février 2016

Animation : l’empire mandingue contre-attaque


Pionniers de l'animation en Afrique de l'Ouest, les studios ivoiriens Afrikatoon sortent en DVD leur long-métrage consacré à la formidable épopée du prince guerrier Soundiata Keïta, fondateur de l'empire du Mali.

Une réalisation réussie, d’une grande modernité, alliant humour, imagination et une certaine poésie qui séduira petits et grands. Est également disponible le DVD du premier film d’animation ouest-africain,Pokou, princesse ashanti (2013).

Soundiata Keïta, le réveil du lion et Pokou, princesse ashanti, 5 000 F CFA chacun, disponibles à Abidjan à Cap Sud, à la Librairie de France (aéroport) et à la librairie La Bouquinette (Deux-Plateaux-Vallon)

Par Séverine Kodjo-Grandvaux - Source de l'article Jeune Afrique

Workshop sur le Gaming le 10 février à El Ghazala

Elgazala Technopark organise, le 10 Février 2016, en collaboration avec la Tunisian Association for Gamers (TAG) et Tunisian Gamers Developers (TGD), un Business Breakfast sur «Le Gaming axe majeur de développement économique en Tunisie et vecteur pour l’emploi des jeunes» à la salle Okba à la Technopôle El Ghazala.

Workshop sur le Gaming le 10 février à El GhazalaCette rencontre s’insère dans le cadre d’une série de workshops thématiques programmée par le calendrier annuel du pôle pour dynamiser davantage l’interaction entre les différents acteurs de l’écosystème de l’innovation et éveiller les talents cachés.

Des Startups et des PME sont invitées afin de partager leurs idées et solutions innovantes pour le développement du secteur du Gaming, également un représentant du ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie numérique sera présent pour communiquer les axes stratégiques du Ministère visant à booster ce créneau vecteur d’employabilité des jeunes.

A cette occasion la communauté de Gamers Tunisiens, représenté par la TAG (membre exclusif de l’International E-Sports Federation «ieSF») et TGD (représentant exclusif de L’International Game Developers Association «IGDA»), présentera sa vision pour améliorer l’écosystème du jeu vidéo et promouvoir cette industrie.

Ce «Business Breakfast» permettra aussi aux nouvelles Startups de partager leurs expériences, avec au programme deux témoignages, à savoir : Gamepad Tribe et Newgen Studio.


Source de l'article THD

mercredi 3 février 2016

Maroc : Le virage raté (?) de l'industrie du jeu vidéo

DR
















"L’industrie du jeu vidéo au Maroc est en train de mourir ", affirme sans  détour Anas El Filali, patron de Lorem, une start up basée à Casablanca qui trouve ses clients à Dubaï, en Arabie saoudite, au Koweït ou dans certains pays d’Europe.

C’est d'ailleurs ainsi que les entreprises du monde entier meublent le marché international.

Pour mémoire, le jeu vidéo représente la première industrie culturelle dans le monde avec un chiffre d’affaires -toutes plateformes confondues- de 101,62 milliards de dollars US en 2013. Et sur ce marché, les entreprises n’hésitent pas à pousser leur ingéniosité et mettre en œuvre des stratégies permettant de se positionner. Mais alors que le potentiel du royaume chérifien semblait être radieux plus d'une décennie plutôt, les résultats sont loin d'être à la hauteur des attentes.

C'est vers la fin des années 90 que le Maroc commence vraiment à se lancer dans l'industrie du jeu vidéo, au moment où débute la métamorphose du secteur tel qu’il est connu aujourd’hui. Ubisoft devient en 1998 la première entreprise dédiée à s’installer sur le sol chérifien. Convaincu du potentiel du vivier de compétences au Maroc, la firme crée une école de formation dédiée aux développeurs en 2008.

Fuite de cerveaux

De nombreux jeunes se font alors formés. Cependant l’absence de perspectives, la faiblesse des alternatives en terme de choix de carrière et la rareté des acteurs locaux occasionnent ce qu’on pourra qualifier de « fuite de cerveaux ». D’après les déclarations au site Gamasutra, de Arif Yassien, un ancien d’Ubisoft et co-fondateur du collectif Moroccan Games Developpers, la plupart des développeurs marocains formés chez Ubisoft finissent par déménager à l'étranger. Ce que confirme Anas El Filali. « Très peu de bons développeurs restent », déclare-t-il à Yabiladi. « Abu Dhabi a beaucoup recruté au Maroc et il y en a qui vont également en Europe », ajoute-t-il.

L’homme de terrain sait de quoi il parle. Au niveau de son entreprise, il éprouve des difficultés au niveau des ressources humaines, ce qui empêche l’entreprise de développer des jeux « puissants ». « Le seul jeu GTA5 [actuellement dans le top 5 des ventes en France, nldr] a nécessité une équipe de plus de 300 développeurs », fait-il remarquer, soulignant la difficulté pour une start up marocaine d’avoir une équipe aussi étoffée. Jusqu’ici, Ubisoft est la seule à employer 60 développeurs au Maroc.

Problème de financement

L’autre difficulté des quelques rares opérateurs du secteur réside dans le financement de l’activité. « C’est une industrie qui génère un coût exorbitant. Or au Maroc, elle n’est pas soutenu » regrette M. Filali, soulignant que les anciens gouvernements « n’avaient pas respecté leurs engagements ». Et très peu d’actions sont initiées auprès de l’actuel gouvernement. D’ailleurs lui aussi parle très peu de l’industrie du jeu vidéo, voire pas du tout. « Personne n’a pris au sérieux ce business », regrette l'entrepreneur.

Selon les acteurs du milieu, un jeu de qualité -du développement à la mise en ligne réussie- coûte entre 5 et 10 millions de dirhams. Mais le retour sur investissement peut être assez conséquent, l'industrie du jeu vidéo proprement dite est très lucrative. A titre d'exemple, un jeu comme GTA 5 de l’américain Take-Two sorti en septembre 2013 avait généré 2 milliards de dollars à fin décembre de la même année pour un coût de 500 millions de dollars. « Ailleurs des politiques sont mises en place pour favoriser l’essor de ce secteur », souligne M. Filali, citant l’exemple de la Tunisie voisine où le ministère de tutelle accompagne cette industrie encore bourgeonnante au pays du jasmin. 

En raison des moyens limités, Lorem a dû revoir son business-model pour garder la tête hors de l’eau. La société s'est notamment orientée dans la « gamification » de la relation client consistant à établir une relation gagnant-gagnant entre un centre commercial et ses clients à travers une aplication ludique. « Sans cela, nous n’aurions que deux ou trois années d'espérance de vie. Et encore ! », confie le jeune patron.

Par Ristel Tchounand - Source de l'article Yabiladi

African Avengers: the comic book creators shaking up superhero genre

With the honourable exception of Black Panther, for years comic book superheroes have mainly been white – but new artists aims to change all that

 
Afua Richardson’s work for Marvel: usually in comics ‘you may only see the starving, warring, barren wastelands or the dangerous mosquito-ridden jungles of the Congo’. Photograph: Afua Richardson/Marvel

Comic books might be good at imagining alien worlds and gritty fictional cityscapes, but when it comes to depictions of real-life other countries, perhaps sometimes not so much.

DC’s Superman/Wonder Woman annual release recently accidentally allowed a placeholder caption to go through to production which said the dialogue in one scene was translated from “Pakistanian” – there being no such language, of course, with Urdu being the primary tongue spoken in Pakistan.

And just days later Marvel had Spider-Man visit Cuba in his own title … where the Puerto Rican flag was flying. The book’s editors quickly moved to apologise on social media and rectified the error in the digital edition.

Africa and African characters have particularly had a raw deal, historically, in US comics. A diverse continent seems to get boiled down to one or two stereotypes. Afua Richardson, one of the few African American artists working for the big companies such as Marvel (she’s actually African Native American, and the recipient of a Nina Simone Artistic Achievement award for her comics work) says, “You may only see the starving, warring, barren wastelands or the dangerous mosquito-ridden jungles of the Congo. You’ll only get simple lives of tribal men and warlords because someone didn’t want to do a little research. Or, if there is to be some kind of fictional narrative of African hierarchy it will be reserved for an over-dramatisation of Egyptian dynasties, totally overlooking the recent accomplishments the entire continent has advanced to in the last several thousand years. It’s lazy, really.”

Things might be looking up – New York Times-bestselling writer Ta-Nehisi Coates has been brought on board by Marvel to write the adventures of one of its few truly African characters, the Black Panther, aka T’Challa, ruler of the fictional African country Wakanda – but it’s hardly surprising that after decades of a comics landscape mainly populated by white supermen, African creators and companies are finally doing it for themselves.

Nigeria’s Guardian Prime: a superhero for a new era. Photograph: Comic Republic

Enter Comic Republic, a Nigerian publishing house set up in 2013 which has a stable of titles and characters that are being dubbed the “African Avengers” – among them Guardian Prime, an almost Messianic Superman-analogue; super-smart bookworm Nutech, gifted with “teletechnopathy and magnetism” abilities; fearsome warrior-woman Ireti; super-fast Maxspeed.

Jide Martin, the founder and CEO of Comic Republic, says he set the company up because “there was a moral vacuum in the present generation, a general lack of icons. People stopped believing in the institutions of old. To fill this gap, I went back to my childhood and I remembered that I used to reflect on what Superman or Batman would do when I wanted to make decisions; so I decided to use the same medium to give this and the next generation something to believe in.

“I don’t think Africa and Africans are well represented in mainstream western comics. That is why we are here ... to give us a place in this genre and to show the world what Africans are capable of.”

Interestingly, half the digital downloads from Comic Republic come from outside Africa – specifically, the US and the UK. Martin says the general response has been “amazing” and adds, “Africa and the world in general has welcomed us with open arms and we are grateful.”

A panel from EXO, a superhero in Lagos.
Photograph: Roye Okupe
Nigeria certainly seems to be the locus of the burgeoning African comics explosion. Roye Okupe was born in Lagos and relocated to Washington DC when he was 17 to attend George Washington University. The self-proclaimed “unapologetic super-nerd” set up his own company, YouNeek Studios, in 2012 with, he says, “a mission to create superhero stories based on diverse characters, from parts of the world that don’t get enough attention”.

His creation, for which he’s running a Kickstarter crowdfunding campaign to finance a graphic novel, is EXO, a superhero in near-future Lagos in the year 2025.
 
“I moved to Washington DC in 2002 and boy was it a perfect time. That’s when the whole superhero blockbuster genre started to take off,” says Okupe. “I remember leaving the theater after Toby Maguire’s Spider-Man with teary eyes. I couldn’t believe I had seen a live-action Spider-Man. However, it was also the first time a light bulb went off in my head. I was like, hold up ... Wouldn’t it be cool to someday go into a theater and watch a superhero movie based on an African character?”

Okupe grew up on a diet of cartoons such as Batman, Ninja Turtles and Transformers – “it was hard getting comics in Lagos, they were in extremely short supply” – and says, “If you’re a casual comic book/superhero fan you probably can’t name one African superhero. Even some hardcore comic book fans cannot go past naming Black Panther and [the X-Men’s] Storm. I feel like it’s time for that to change. And we as African creators need to step our game up and not just produce African – and in my case Nigerian – characters just for the sake of it, but actually produce great ones, with great stories.”

It’s important for all African comics creators to show the real Africa – not the “barren wastelands” Richardson mentioned. Okupe says, “I want them to see a different side of Nigeria, our booming tech industry, amazing city architecture, unique culture, African humor, Afrofuturism … a side that is not regularly shown in mainstream media.

“But I feel like the onus is on us as African/African American creators (and diverse creators in general) to put more of our own stories out there by any means possible.”
 EXO exerts some powers. Photograph: Roye Okupe
Martin of Comic Republic agrees. “The possibilities are endless. There is a rise in the desire for diverse content. African comic creators can own this space.”
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And could the rise of the African comic industry also herald a sea-change in the way the continent is portrayed in mainstream comics over here? It wouldn’t be that difficult, according to Richardson. “We live in an information age,” she says. “Go out and do a little damn reading. No one is keeping that from you. But this is a great opportunity for someone to tap into a narrative not yet being utilised. I notice fictional media and entertainment in general, will paint a very one-sided representation of African countries and its people. I imagine the world would have an obscured view of the United States if all that was ever seen of its people were the ghettos, the impoverished, the starving and the vitriolic, you’d probably not want to visit.

“I am not a person who will complain about something if I am not contributing or strategizing towards its betterment. So when I write more of my own comics in the future, I will be sure to do research into what culture I’m symbolizing as accurately as possible.

“But if it doesn’t change in my local superhero’s world, I’m not going to sweat it. I don’t look to fiction to teach me about world culture. It just means there will be plenty of scenes yet to be painted on my pages that the heroes of today have yet to walk on.”

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Source of article The Guardian


samedi 30 janvier 2016

BD : la Tunisienne Nadia Khiari récompensée au Festival off d’Angoulême

La dessinatrice tunisienne Nadia Khiari a reçu samedi au Festival off de la BD d'Angoulême le prix "couilles-au-cul" récompensant "le courage artistique d'un auteur".


« Je dédie ce prix à tous ceux qui privilégient la liberté à la sécurité, ceux qui n’ont pas peur, ceux qui résistent », a dit la dessinatrice.

Afficher l'image d'origineNadia Khiari, 42 ans, s’est lancée dans le dessin satirique depuis la révolution tunisienne de 2011. Elle est l’auteur des aventures du chat « Willis from Tunis », un félin espiègle et moqueur qui ne respecte rien ni personne sauf la liberté.
« Aux pessimistes qui disent que le Printemps arabe est un échec, je dis qu’il ne faut pas nous sous-estimer. Ça prend du temps. La Révolution c’est long mais c’est bon », a dit la lauréate.

Le prix remis dans le cadre du Festival off de la BD d’Angoulême a été créé à l’initiative de Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide Glacial.

« L’intitulé est volontairement trivial et provoquant mais il permet de rappeler que le métier des humoristes et en l’espèce des dessinateurs de presse, c’est de faire rire », a expliqué Yan Lindingre.

Il existait à Angoulême un Prix Charlie Hebdo de la liberté d’expression, créé au lendemain des attentats de janvier 2015, mais la direction du Festival et Marika Bret, DRH de Charlie Hebdo, ont indiqué en décembre qu’ils ajournaient la remise de ce prix pour des raisons de sécurité.

Selon eux, une telle récompense était susceptible de mettre en danger son récipiendaire.

Yan Lindingre a indiqué « être tombé de son siège » en apprenant cette décision. « Toute proportion gardée, nous pensons au contraire qu’un prix Nobel de la paix n’a jamais nui à son récipiendaire si ce dernier subit des menaces dans son pays », a-t-il dit.

Source de l'article Jeune Afrique

mercredi 27 janvier 2016

Egypte: plongée en BD au cœur des multiples viols de la place Tahrir en 2013

En écho aux agressions sexuelles de la nuit du Nouvel An à Cologne, une bande dessinée, «Doigts d'honneur - Révolution en Egypte et droits des femmes», revient de manière saisissante sur les viols collectifs et les violences faites aux manifestantes lors des quatre jours de protestations monstres qui, à l'été 2013, réclamaient le départ du nouveau président islamiste, Mohamed Morsi.

Lors de ces manifestations, deux ans après le printemps arabe égyptien, près de cent agressions sexuelles ou viols (vêtements arrachés, attouchements, viols collectifs) ont été recensés sur et aux abords de la place Tahrir au Caire, entre le 28 juin et le 2 juillet 2013. Certaines femmes, égyptiennes ou étrangères, ont été «battues avec des chaînes métalliques, des bâtons, des chaises, et attaquées avec des couteaux», selon l'ONG Human Rights Watch, qui avait recueilli plusieurs témoignages. Mis en lumière à l'occasion de ces événements, le phénomène, à la fois très répandu dans le monde arabe et peu réprimé en Egypte, a fait une apparition subite le 31 décembre 2015 à Cologne en Allemagne, à plus de 4.600 km du Caire. Le mode opératoire baptisé «taharrush gamea», littéralement le «harcèlement collectif», était identique. Il consiste à encercler sa victime dans une foule, à la séparer de ses amis, et à l'entraîner pour l'agresser en groupe. L'album de Ferenc (scénario) et Bast (dessin) - La Boîte à Bulles -, parrainé par Amnesty International, mêle le propos choc à la pédagogie.

01 /11  Selon un sondage de l'ONU, 99,3% des Egyptiennes ont subi un harcèlement sexuel
Le questionnaire a été réalisé en 2013 par l'organisation ONU Femmes. Trois ans auparavant, le film de l'Egyptien Mohamed Diab, «Les femmes du bus 678», traitait de ce fléau. Les observateurs notent que, plus qu'ailleurs, en Egypte, frustration sexuelle et agressivité envers les femmes sont telles qu'hommes et adolescents n'ont aucun scrupule à se montrer violents à leur égard.
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

02 /11  Dans sa chambre, Layla se décide à rejoindre les manifestants de la place Tahrir
Son foulard vert, rare tache de couleur dans l'album en noir et blanc, aide le lecteur à suivre le piège qui va se refermer sur la jeune étudiante un peu plus tard, place Tahrir.
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

03 /11  Son ami Asim encourage Layla à lâcher un peu ses études pour vivre l'événement
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

04 /11  En chemin, des graffiti intriguent la jeune fille
.© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles


05 /11  Le foulard vert au milieu de la foule
.© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

06 /11  Séparée d'Asim, Layla est très vite happée par ses agresseurs
.© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

07 /11 Layla est engloutie par la meute - NB: le personnage qui filme avec son portable
.© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

08 /11 Les vêtements de Layla sont arrachés par des mains de plus en plus nombreuses
Soudain, un homme en jaune surgit.
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

09 /11 Devant l'ampleur du phénomène, des mouvements anti-harcèlement ont vu le jour
Leur mission: protéger les femmes lors des manifestations et recenser les agressions sexuelles. 
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

10 /11  Layla veut déposer une plainte au commissariat
On lui fait comprendre qu'elle n'avait rien à faire dans les manifestations de la place Tahrir. 
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

11 /11  Ni les autorités, ni même sa famille ne veulent entendre l'histoire de Layla
Après le scandale international suscité par les viols de la place Tahrir, l'Egypte adopte en 2014 sa toute première législation punissant le harcèlement sexuel et, partant, les agressions et les viols, avec une série de sanctions allant de l'amende à la prison ferme. Une panoplie malgré tout peu appliquée.
© Ferenc & Bast - La Boîte à Bulles

Par Véronique Le Jeune - Source de l'article  Géopolis FranceTV